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Après la mascarade d’élections législatives du 20 décembre 2018 et après les manifestations peu réussies de janvier 2019, nous n’avons plus eu grand-chose sur le plan politique à nous mettre sous la dent. Certes, il y eut le tumulte au sein de la coalition de l’opposition dû en partie aux circonstances pas très claires de l’organisation d’un conclave par une partie de la coalition. Des assises inopportunes qui ont plus ressemblé à une façon détournée de mettre fin à un mariage qui n’était pas bâti sur une très grande sincérité des uns et des autres. Il y eut également le meeting de la jeunesse de l’ANC qui servit de tribune à un ancien député de ce parti pour annoncer la candidature de Monsieur Jean-Pierre Fabre aux présidentielles de 2020; le démenti qui arriva 24 h plus tard ne convainquit plus grand monde; le mal était déjà fait.
Donc après les péripéties et coups de théâtre de ces derniers mois dans le microcosme politique togolais, c’est la conférence de presse animée jeudi 07 mars 2019 par l’exécutif du Parti National Panafricain (PNP) à son siège dans le nord de la capitale, qui constitue l´évènement politique le plus important.
« En réalité le parti national panafricain ne s’est jamais arrêté dans la mesure où son axe programmatique de lutte défini avant le 19 août s’étend de 2017 à 2020.»
«Aujourd’hui le PNP est toujours en lutte dans la droite ligne, dans la lettre et dans l´esprit de la déclaration de Tchamba…»
Ces quelques extraits de la déclaration liminaire lue par le Sécretaire Général du PNP, Dr Kossi Samah, sont sans ambiguïté quant à la vision et la stratégie du parti du cheval. La déclaration de Tchamba du 23 Décembre 2016 qui avait consisté à faire des propositions de changement pacifique de régime à Faure Gnassingbé est toujours d’actualité. Le président de fait du Togo peut toujours se rattraper en annonçant que ce troisième mandat sera le dernier, en organisant une transition au cours de laquelle toutes les réformes politiques seront réalisées avant des élections présidentielles en 2020, selon l’esprit de ladite déclaration. C »est parce que Faure y était resté sourd que le 19 Août 2017 eut lieu. Et le Parti National Panafricain, fidèle à sa stratégie de la non-violence, entend continuer la lutte comme définie dans son axe programmatique qui va de 2017 à 2020.
Pourquoi le PNP et d´autres formations politiques, membres de la coalition, n´avaient-ils pas pris part au conclave? Se demandent encore beaucoup de togolais. Le conclave ou journées
Et ceux qui sont allés au conclave, pourquoi on ne les entend plus? Qu’attendent-ils pour expliquer ce qui en est sorti? Qu’en est-il de leur conférence de presse plusieurs fois annoncée et toujours reportée? N’oublions pas que parmi eux il y a quand même de gros silures comme Madame Adjamago, leader de la CDPA et coordinatrice de la coalition et Monsieur Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC et naguère chef de file de l’opposition. Nous ne croyons pas qu´ils ne savent pas ce qu’ils font, et nous ne croyons pas non plus qu´ils seraient fiers d´endosser la responsabilité historique d´avoir fait, par leur comportement, éclater la coalition.
Personne n’est et ne sera heureux si la C14 volait en éclats. Mais à quoi servirait une grande coquille vide qui n’est en fait qu’un marché de dupes? L’organisation de ce conclave dans ces conditions par certains leaders qui savaient pertinemment que beaucoup ne suivraient pas, n´était pas faite pour consolider l’unité de l’opposition.
Le peuple au nom duquel tous les leaders de l´opposition prétendent parler, est le grand perdant. C’est pourquoi ce peuple doit être aujourd’hui le dernier recours, l´arbitre qui doit décider des règles du jeu. Mais avant toute chose, ce peuple doit pouvoir se poser certaines questions et pouvoir y répondre, doit pouvoir savoir quelle est l´entité politique qui représente vraiment ses intérêts, quelle entité politique suivre au moment où l´horizon politique s’éclaircit. Qui est vraiment opposant au système politique Gnassingbé et veut sa chute? Qui fait semblant en jouant avec le destin des togolais? Voilà des interrogations qui se posent quand on est à la croisée des chemins comme c’est le cas aujourd’hui du peuple togolais.
Samari Tchadjobo
Allemagne
