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Révélation sur le jeune policier Tem Nagbakaré, auteur de la fusillade du 13 juin au Commissariat Central

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Frustrations, haine, règlement de compte… Les vraies raisons d’un massacre à l’américaine à Lomé.

Natif de Sola dans la Binah (350 kilimètres au nord de Lomé), le jeune Tem Nagbakaré doté d’un gabari de boxeur, avait toutes les prédispositions pour faire un bon soldat. C’est donc naturellement qu’en 2006,il s’engage dans les rangs de la Police et est envoyé, comme tous ses camarades recrutés, en formation à Kpéwoua dans la Kozah. Quelques mois après, il est fait digne gardien de la paix de la nation togolaise de la promotion 2007 et envoyé en poste à Lomé, ville où rêvent de travailler tous ces jeunes soldats et policiers recrutés et formés aux techniques de maniement d’arme et de combat.

C’est donc des rêves pleins de grandeur la tête que le jeune homme débarque au Commissariat central de Lomé, qui sera le point de départ, selon son entourage, de ses annuis.

De nature va-t-en guerre, Tem Nagbakaré a du mal à s’adapter aux conditions de travail et à la discipline qui ont cours au sein des forces de police, où l’exécution avant la réclamation est la règle. Très tôt, le jeune homme n’hésite pas à prendre la tête d’un mouvement de mécontentement de jeunes policiers qui réclament l’amélioration de leurs conditions de travail et un statut pour les fonctionnaires de police. Si les autres instigateurs de ce mouvement se font plus discrets, le natif de la Binah n’a pas peur d’évoluer à visage découvert et de tenir tête à sa hiérarchie. C’est un véritable élément « incontrôlé »,a confié à Afreepress, un responsable de la police.

Au sein de la police, on le présente volontiers comme «un jeune homme qui n’est pas en possession de toutes ses facultés psychiques». Cependant, rien n’est fait pour lui venir en aide et prendre en charge ses problèmes? Bien au contraire, on va tenter de le punir pour son indisciple notoire en lui rendant la vie très difficile. «Les consignes étaient venues d’en haut», revèle à l’Agence Afreepress un de ses collègues.

En guise de punition, il est mis en faction devant le Commissariat central de Lomé et les promotions auxquelles il a droit doublées des avantages lui sont refusées. L’homme assiste alors impuissant et la mort dans l’âme à la montée en grade de ses «classes (expression désignant dans l’armée un promotionnel)». Nombreux sont les jeunes policiers issus de la même promotion que lui qui sont envoyés en stage à l’extérieur du pays ou promus à des postes de responsabilité. Toutes les réclamations et signes de détresses envoyés par celui qui deviendra plus tard, l’auteur de la fusillade du 13 janvier, pardon, du 13 juin, ne sont pas prises en compte.


Il devient alors la tête de turc, le souffre douleur de sa hiérarchie. Pour un oui ou un non, Tem Nagbakaré devait être puni et humilié.

Est-ce pour exprimer son ras-le-bol et faire cesser une fois pour toute cette vie de dernier de la classe qu’il dégaina sur trois de ses camarades ce 13 juin 2012 et vida sur eux, le chargeur de son pistolet automatique alors qu’il était encore en faction devant le portail du Commissariat central? Il y a fort à parier que oui; même si la hiérarchie de la police nationale affirme dans un communiqué le contraire en soutenant que «les premières déclarations de l’intéressé révèlent une incohérence notoire dans ses propos et ne permettent pas pour l’instant d’établir le motif exact de ce crime odieux». A suivre.

source : afreepress.info

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