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Le Parti des Travailleurs condamne la réclusion forcée à domicile des responsables du FRAC

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Pour la troisième fois successive, le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) regroupant l’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) et Sursaut-Togo, ensemble avec le Parti des travailleurs, ont appelé les populations à une nouvelle Marche pacifique ce jeudi 31 mars 2011 pour exiger le retrait inconditionnel et immédiat du projet de loi liberticide de Pascal BODJONA.

Répondant massivement à cet appel, les populations se sont massivement rendues, tôt le matin, au point de départ de la Marche à Bè-Kodjindji où elles ont été confrontées au déploiement d’un impressionnant dispositif de répression composé des gendarmes sur le pied de guerre qui, casqués, boucliers, matraques, armes automatiques et fusils lance-grenades lacrymogènes au poing, avaient bouclé tout le quartier pour interdire cette marche pacifique.

Outre le quartier Bè-Kodjindji, cet impressionnant dispositif répressif a également été déployé non seulement aux points stratégiques de la capitale togolaise mais aussi autour des domiciles des principaux responsables du FRAC notamment ceux de Jean-Pierre FABRE, président de l’ANC et d’Aimé Tchabouré GOGUE, président de l’ADDI pour les empêcher d’en sortir.

Sous les ordres de l’Officier de police judiciaire ASSIH du Commissariat de Police de la Maison DONOU, au quartier Djidjolé, le dispositif policier barrant les voies d’accès au domicile de Jean-Pierre FABRE, à Kodjoviakopé, était composé :

– d’une part, de plus d’une centaine de policiers en treillis, sur le même pied de guerre qu’à Bè-Kodjindji et disposant de nombreux véhicules de transport de troupes ainsi que de fourgonnettes de l’Opération araignée ;

– d’autre part d’hommes en civil postés dans des véhicules banalisés, généralement des 4×4, qu’il était difficile d’identifier comme des agents des forces de l’ordre ou des miliciens du régime RPT qui ont tristement sévi en participant aux arrestations illégales qui ont été déchaînées contre les précédentes marches pacifiques.

Alors qu’aucun mandat d’interdiction de sortie ne lui avait été officiellement notifié, Jean-Pierre FABRE, qui était cloîtré de force à l’intérieur de son domicile où il avait été rejoint entretemps par des militants du FRAC et du Parti des travailleurs ainsi que de nombreux journalistes et responsables d’organisations de défense des droits de l’homme venus constater les faits, se résolut, vers 12H 45, à aller demander à l’O.P.J. ASSIH les motifs et justifications de la situation qui lui était ainsi faite.

Après lui avoir demandé d’attendre qu’il consulte ses supérieurs, l’O.P.J. ASSIH, après avoir visiblement contacté ces derniers par talkie-walkie, ne daigna même pas transmettre leur réponse mais ordonna à la soldatesque de se déployer en formation d’attaque pour repousser Jean-Pierre FABRE et tous ceux qui le suivaient jusqu’à l’intérieur de son domicile.

Ils se replièrent alors pour d’éviter qu’à nouveau tout le quartier ne soit mis sens dessus-dessous et inondé de tirs de grenades lacrymogènes ainsi que de tirs de balles en caoutchouc ou autres projectiles plus dangereux comme ce fut le cas au mois de …  où des grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc avaient été tirées jusqu’à l’intérieur même du domicile du Président de l’ANC, blessant grièvement Patrick JONDOH, le responsable aux questions électorales de l’ANC.

Le Parti des travailleurs, appelle toutes les organisations qui se réclament du respect des droits de l’Homme tant à l’échelle nationale qu’internationale à condamner et à dénoncer vigoureusement avec lui la double violation flagrante de la Constitution de la IVe République du Togo par le gouvernement illégitime de Faure GNASSINGBE – Pascal BODJONA en :

– procédant à l’interdiction aussi illégale que scélérate de la Marche pacifique à laquelle il a appelé ce jour avec le FRAC, en violation de l’article 30 de cette Constitution qui garantit la liberté de manifester pacifiquement sans instrument de violence.

– édictant en toute illégalité, car sans notification officielle, à l’endroit de Jean-Pierre FABRE et Aimé Tchabouré GOGUE, une décision de réclusion forcée à domicile qui n’a de précédent au Togo que les pratiques répressives du colonialisme français d’antan, en violation du droit de libre circulation garanti par l’article 22 de la même Constitution togolaise.

Le Parti des travailleurs appelle le peuple togolais et ses organisations à une plus forte mobilisation pour exiger le retrait inconditionnel et immédiat du projet de loi liberticide de Pascal BODJONA contre la liberté de réunion et de manifestation.

 

Lomé, le 31 mars 2011, 16H

Pour le Parti des travailleurs,

Le Secrétaire chargé de la coordination

Claude AMEGANVI

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