Togo / Année 2025: Peuple affamé. Économie bancale. Dignité brisée…, le Bilan du triste quotidien des Togolais
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Avec une totale résignation, les Togolais ont vécu les derniers jours de l’année 2025 censés être des moments de fêtes. Pour cause, l’année a mis à nu la gouvernance chaotique déroulée depuis 20 ans par Faure Gnassingbé et sa minorité. Face à ce constat, plusieurs partis politiques réitèrent l’importance de la mobilisation.
Malgré la dictature de Faure Gnassingbé marquée par l’interdiction systématique des activités politiques, plusieurs leaders politiques ne faiblissent pas et multiplient les déclarations et les appels à la mobilisation.
Dans ce sillage, la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro), le Front Touche Pas A Ma Constitution, la LDP (Lumière pour le Développement dans la Paix) et la DMP (Dynamique pour la Majorité du Peuple) ont publié le 31 décembre dernier une déclaration conjointe qui appelle le peuple togolais à se dresser contre la pire des gouvernances.
Ces organisations ont posé le constat évident de cette gouvernance chaotique et ses signes évidents en 2025 :
- Un peuple affamé : les Togolais ont connu les pires tragédies ces derniers mois. Ils n’ont jamais eu autant faim, au point de consommer du riz avarié sur un dépotoir. N’étant pas en mesure de nourrir les enfants, l’Etat s’en remet à la coopération allemande qui offre le repas aux écoliers à l’école. Les conditions de vie quotidienne sont devenues très pénibles pour la grande majorité des Togolais, la population étant de plus en plus contrainte au choix morbide de se nourrir ou de se soigner.
- Une économie bancale : l’économie togolaise souffre d’une « défaillance structurelle » a révélé le dernier rapport de L’OCDE. La croissance du PIB, projetée autour de 6,2 % pour 2025, est non inclusive, et les performances du Port de Lomé, avec les 30,6 millions de tonnes en 2024, marquent une progression de 1,85 %. Cependant, ces deux facteurs de performance n’impactent pas la vie des Togolais, à cause de la mauvaise gouvernance économique, de la corruption endémique qui plombent le climat des affaires et qui repoussent particulièrement les Investissements Directs Etrangers (IDE), privant la jeunesse de création d’emplois.
- Une dignité brisée : les Togolais ont subi de grandes violences et les pires humiliations de ces vingt dernières années, avec des arrestations arbitraires massives, des traitements inhumains et dégradants, des tortures et parfois des actes de viol. Sept personnes ont perdu la vie en marge de manifestations pacifiques, dans un contexte de restriction de l’espace civique, de confiscation des libertés publiques et de musellement de la presse libre. On n’a jamais compté autant de détenus politiques et d’exilés. Le seul projet qui mobilise toutes les énergies de la jeunesse est de quitter le territoire national, à la recherche d’opportunités que le Togo ne leur procure plus depuis trop longtemps.
- Le cynisme d’une dévalorisation : 2025 a consacré une gouvernance de dévalorisation consciente du peuple où la considération qui lui est due, a été anéantie. Les Togolais ont été déchus de leur droit et pouvoir de choisir le Président de la République. Faure Gnassingbé a imposé la Constitution qui lui procure un pouvoir sans partage et sans limite de temps, après 20 ans à la tête de l’Etat. La République est morte !
Cette année a marqué le grand échec de l’expérience de la décentralisation entamée il y a six ans, avec de grands financements de la coopération internationale. Les élections municipales n’ont mobilisé que 16% des électeurs. Un autre échec !
Face à ce désastre qu’aucun peuple de la sous-région ouest-africaine ne connait plus, les organisations signataires de cette déclaration exigent entre autres la reddition des comptes dans la gestion des finances publiques, le rétablissement des libertés publiques, le réengagement des valeurs démocratiques, l’instauration d’un climat des affaires propice à la création d’emplois.
La libération de tous les détenus politiques est au cœur des exigences contenues dans la déclaration.
Au peuple togolais souverain, il lui est demandé de rester mobiliser dans son refus de la Ve République, illégale, illégitime et anticonstitutionnelle, et à intensifier sa contestation contre ce coup d’Etat permanent qui divise le pays, au lieu de le rassembler, et qui hypothèque la démocratie, au lieu la consolider.
Kossi Lamba
Source: lalternative.info