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Sommet de l’UEMOA à Lomé : Des discours aux antipodes de la gouvernance pratiquée dans les Etats membres

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* Cas particulier du Togo

Si les discours pouvaient changer les choses dans le monde, l’Afrique serait le continent le mieux développé, tant ses dirigeants affichent de belles intentions et des programmes de société à faire baver leurs peuples. Les sommets se multiplient, les discours aussi. Et à chaque fois, ce sont les peuples africains qui se retrouvent au centre des discussions. Ces Chefs d’Etat et de gouvernement du continent noir qui se réunissent, parfois accompagnés des partenaires en développement, disent rechercher les voies et moyens pour mettre à l’aise leurs populations. Mais la réalité est toute autre.

Lomé a abrité le 06 juin dernier, le 16ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Les discussions, semble-t-il, ont porté essentiellement sur les questions économiques et la sécurité alimentaire au sein de l’organisation. Ce sont bien les points qui constituent des souffre-douleur pour les populations en Afrique. Les Chefs d’Etat et de gouvernement présents à ce sommet ont émis de belles intentions pour accroître l’économie des pays membres en favorisant la fluidité dans le commerce avec la réduction des barrières douanières dans l’espace UEMOA, la libre circulation des biens et des personnes. Pour assurer une sécurité alimentaire permanente, les participants à ce sommet entendent mettre en œuvre une politique agricole qui permette d’accroître la productivité afin de lutter contre « la forte baisse des récoltes de la campagne agricole 2011-2012 sur la sécurité alimentaire, notamment dans les pays de l’hinterland ». A première vue, des idées qui suscitent espoir pour tout un continent constamment menacé par la faim. Mais seulement, combien de fois n’a-t-on pas déjà entendu ces beaux discours ?


Le cas particulier du Togo

La solution aux maux que relèvent ces chefs d’Etat au cours de leurs nombreux sommets réside dans la gestion qu’ils feront de leur pays. On ne peut pas faire l’apologie de la mauvaise gouvernance tout en espérant un résultat autre que ce qu’on voit actuellement dans l’espace UEMOA. Les observateurs reconnaissent tous aujourd’hui que les pays africains regorgent des ressources capables de leur assurer une autonomie financière. Il suffit seulement de bien les gérer et d’éviter qu’une minorité ne s’en empare et vive dans l’opulence tandis que la majorité côtoie la misère.

Au Togo où s’est déroulé ce 16ème sommet de l’UEMOA, les actes, ennemis de l’essor économique, sont érigés en méthode de gouvernance. Le pillage des ressources du pays, le favoritisme, la corruption et autres ne font pas bon ménage avec le développement économique qu’on prône dans les discours lors des grandes occasions. Mais, c’est ce qui est devenu l’apanage de ceux qui dirigent ce pays et qui, chaque jour, posent des actes qui continuent de le faire descendre dans un marasme économique sans précédent. Faure Gnassingbé, reconduit par ses pairs à la tête de l’UEMOA, ce qui ne fait ni froid ni chaud aux Togolais qui souffrent de la mauvaise gouvernance criarde qui caractérise son pouvoir, devrait sérieusement se remettre en cause.


Pour accroître l’activité économique et éviter sa « résilience », il faut décourager la saisie illégale des fonds des commerçants par des services non compétents en la matière. Depuis que le dossier de l’argent des commerçants saisi par Massina Yétrofeï et les siens est évoqué et que les organisations de défense des droits de l’Homme montent au créneau pour dénoncer cette injustice qu’on fait subir aux honnêtes citoyens, le Président en exercice de l’UEMOA n’a pas trouvé opportun d’intervenir pour faire appliquer la décision de la Justice. Les faussaires continuent de narguer leurs victimes ; pire, ils sont prêts à commettre des actes similaires. Sur un autre plan, des expatriés sont autorisés à installer sur le territoire des sociétés avec lesquelles ils opèrent des magouilles, de la corruption et organisent des évasions fiscales, au nez et à la barbe de celui qui recherche avec ses pairs de l’UEMOA la croissance économique dans l’espace. Difficile de dire exactement sur quel critère Faure Gnassingbé a été reconduit à la tête de cette organisation. Mais ce qu’on sait, c’est que son pays est loin d’être un exemple en matière de bonne gouvernance en Afrique.

Dans tous les cas, des voix s’élèvent toujours pour que nos pays soient gouvernés autrement. Les dirigeants africains doivent traduire les discours en actes pour éviter au continent les nombreux conflits qui retardent son développement.

K. I.

lalternative-togo.com

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