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Mgr Nicodème Barrigah-Benissan : "L’année 2011 fut une année de défis et d’espérance (…) Elle nous a fait envisager notre mission avec plus de confiance et de foi"

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L’année 2011 fut une « année de défis et d’espérance », a affirmé Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, le président de la Commission Vérité, ; Justice et Réconciliation (CVJR) dans son message de vœux aux Togolais.

« Une année finit donc, une autre s’annonce : c’est le temps des bilans et des résolutions. C’est aussi le temps où nous devons rendre grâce à la Providence divine, pour toutes les grâces que nous avons souhaitées et obtenues, mais aussi et surtout, pour toutes les faveurs que nous avons reçues sans les avoir réellement méritées. Pour la Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo, l’année 2011 fut une année de défis et d’espérance. Les défis, vous vous en doutez, furent relatifs à la constitution de la base de données après le traitement des 20.011 dépositions, aux investigations et aux audiences », a indiqué Mgr Barrigah-Benissan dans son message dont l’Agence Savoir News a obtenu copie.

Selon lui, ces « défis nous ont poussés au dépassement, avec le bilan que nous connaissons tous : désormais nous en savons tous, un peu plus sur les causes, les circonstances et les protagonistes des violences récurrentes qui ont secoué notre histoire nationale, de 1958 à 2005 ».

« 2011 fut aussi, je le disais tantôt une année d’espérance ; elle nous a fait envisager notre mission avec plus de confiance et de foi ; notre conviction que nous voulons partager avec vous, est que nous n’avons pas d’avenir en dehors de la Réconciliation : c’est une question de survie collective.

Mais des défis restent encore à relever : ils sont relatifs, pour la suite de notre mandat, à l’élaboration d’un programme national de mesures de réparation qui favorisent l’apaisement. Ici également les enjeux sont de taille et prennent la forme de questions multiples : qui peut être considéré comme une victime ? Comment réparer les préjudices quand la victime n’est plus ? Quels dédommagements faut-il envisager et pour quels préjudices ? Quelles sont les réparations les plus adaptées à notre contexte ? », s’est longuement interrogé le Prélat.

« Nous sommes conscients de vos attentes : vous voulez des réponses justes et équitables à ce questionnement. Ce nouveau défi nous appelle au dépassement et nous sommes disposés, une fois encore, à y consacrer le meilleur de nous-mêmes. Nous espérons aussi que l’année nouvelle 2012 fortifiera durablement le regain d’intérêt pour les travaux de la CVJR que nous avons noté lors des audiences. Vous l’aurez compris, c’est sous le signe de l’adhésion au processus de réconciliation que je voudrais placer cette année 2012. Je le répète, nous devons donner une chance à la paix, en faisant table rase de nos vieilles rancœurs, en faisant le choix de la contrition pour les uns et du pardon pour les autres », a poursuivi Mgr Barrigah-Benissan.

« Mais ne nous y trompons pas : l’exercice sera pénible et douloureux. La réconciliation est un long processus, un cheminement difficile qui n’aboutira que si chacun et tous, nous lui ouvrons notre tabernacle intérieur en changeant notre manière de percevoir, de voir, de recevoir et de traiter l’autre. La Réconciliation est possible si nous le voulons sincèrement », a-t-il souligné.

Comme la lumière annonce le bout du tunnel et que les bourgeons annoncent les fleurs, précise Mgr Barrigah-Benissan, « nous osons croire que la CVJR contribuera à l’émergence d’un temps de changement marqué par la Réconciliation. Voilà pourquoi, une fois encore ».

Le président de la CVJR a « confirmé l’engagement et la détermination des 11 commissaires et de l’équipe technique à aller au bout de la mission ».

« Nous ferons notre part en espérant que chacun fera la sienne. Que cette année 2012 soit pour nous une année de paix, de paix encore, et que Dieu, en qui nous croyons, nous donne la force d’aller au bout de notre espérance », a-t-il conclu.

Rappelons que la CVJR est l’émanation d’un processus lié à la quête de la concorde nationale susceptible de permettre au Togo de panser les séquelles de ses développements historiques conflictuels. Elle a pour mission de déterminer, à travers un rapport circonstancié et détaillé, les causes, l’étendue et les conséquences des violations des droits de l’Homme et les violences qui ont secoué les fondements de la communauté togolaise de 1958 à 2005.

Elle doit, in fine, proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la Réconciliation.

Le Togo a été, secoué par une série de violences, notamment lors des scrutins présidentiels.

source : savoirnews.net

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