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Martine Aubry présente le programme socialiste pour "redresser la France"

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PARIS (AP) — Martine Aubry a présenté mardi le programme socialiste pour « redresser la France » si le candidat du PS venait à remporter la présidentielle de 2012, affirmant qu’il s’agissait là d’un « vrai modèle de société » et pas simplement de « réponses techniques » à des problèmes lourds.

La Première secrétaire du Parti socialiste a reproché à la droite de tenter « de diviser les Français et de leur faire peur », estimant qu’il fallait au contraire les rassembler et « retrouver la promesse républicaine ».

Mme Aubry – qui n’est pas (encore) officiellement candidate à l’investiture socialiste pour la présidentielle – a accusé le sortant Nicolas Sarkozy de ne pas avoir la stature d’un chef d’Etat. Pour « redresser la voix de la France dans le monde », a-t-elle plaidé, « il faut d’abord changer de président de la République ». « Il faut que cette position de président de la République soit tenue (…), que sa parole soit respectée (et) qu’on ne confonde pas diplomatie et business », a-t-elle tancé, déplorant l’attitude de Paris lors des révolutions arabes.

Le bureau national du PS s’est penché mardi sur son projet électoral. Le document de travail comprend 30 « priorités 2012 », notamment la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG pour créer un impôt progressif prélevé à la source, 300.000 « emplois d’avenir » pour les jeunes ou encore un plafonnement des loyers.

Pour financer son programme, le PS entend annuler 50 milliards des 70 milliards d’euros de dépenses fiscales « inutiles » engagées par la droite depuis 2002. Le bouclier fiscal, la détaxation des heures supplémentaires et la TVA réduite dans la restauration seront ainsi examinés, tout comme les niches fiscales et sociales. Les dépenses inefficaces ou trop coûteuses seront supprimées ou recalibrées.

Le PS promet d’affecter la moitié de ces 50 milliards à la réduction de la dette et les 25 milliards restants à ses mesures en faveur de la compétitivité, de l’emploi, de l’éducation, de la santé et de la sécurité.

Le ministre de l’Industrie Eric Besson a estimé mardi que ce programme serait « extrêmement coûteux », le comparant à « un hymne aux impôts ». « Vingt-cinq milliards, c’est simplement une façade pour rassurer. Il faudra reprendre proposition par proposition, et je pense que ce sera beaucoup plus coûteux », a-t-il avancé dans l’émission « Talk Orange-Le Figaro ». Le transfuge socialiste a tourné en dérision le programme de ses anciens camarades: « C’est une auberge espagnole, au sens où chacun visiblement peut y trouver ce qu’il veut. Il est daté et presque déjà obsolète ».

Martine Aubry, elle, a défendu le projet du PS, assurant qu’il répondait à « cette angoisse d’un déclin de notre pays et cette inquiétude d’une panne d’avenir » observée chez les Français.

Selon elle, la Banque publique d’investissement proposée par le PS va permettre de « redonner une compétitivité à la France et une vraie performance ». Les socialistes comptent en outre « privilégier l’agriculture de proximité » et « remettre l’économie devant la finance ».

Pour les jeunes, le PS propose une allocation d’étude sous condition de ressources, ainsi que 300.000 « emplois d’avenir » dans l’innovation environnementale et sociale sur cinq ans, dont la moitié dès 2012.

Il promet d’instituer une TVA éco-modulable (plus élevée sur les produits polluants), de taxer les « superprofits » des groupes pétroliers pour financer par des aides à l’isolation des logements et de développer les énergies renouvelables.

Pour « stopper l’envolée des loyers », le PS s’engage à plafonner leur montant « lors de la première location ou à la relocation, notamment dans les zones de spéculation immobilière ».

Il promet de renforcer les moyens de la justice et de créer 10.000 postes de gendarmes et de policiers de proximité sur cinq ans, dont un millier dès 2012.

Il propose de faire de l’égalité salariale homme-femme une condition pour que les patrons puissent conserver les exonérations de cotisations. Et il suggère de limiter les « rémunérations abusives »: dans les entreprises à participation publique, les écarts de salaires ne pourront pas dépasser une échelle de 1 à 20; les salariés devront être représentés aux conseils d’administration ou de surveillance.

Les bonus et les stock-options seraient imposés au même taux que les revenus du travail. L’impôt sur les sociétés serait abaissé pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, mais relevé pour celles qui privilégient les dividendes. Des pénalités financières dissuaderaient les licenciements boursiers.

Le Parti socialiste promet d’ouvrir le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, il suggère de généraliser les CV anonymes.

Il souhaite revaloriser le métier d’enseignant et refondre les programmes et les rythmes scolaires. Il veut encourager les médecins libéraux à commencer leur carrière dans les régions qui manquent de praticiens. Pour prendre en charge les personnes âgées dépendantes, il entend faire appel à la solidarité nationale – et non à l’assurance privée. Comme promis, il propose de rétablir l’âge légal de la retraite à 60 ans.

Le PS promet enfin de voter un loi anti-concentration dans les médias, d’accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, d’introduire une dose de proportionnelle aux législatives, de limiter le cumul des mandats et de lutter contre les conflits d’intérêts.

Les grandes lignes du programme ici

source: AP

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