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Manifestations du Cst : Inculpé formellement par la justice, Zeus réagit

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Lundi 2 juin au matin, le doyen des juges d’instruction a écouté deux des trois responsables du collectif « Sauvons le Togo », Cst. Il s’agit des Me Kpandé Adjarè et Zeus Atta Ajavon. Tous deux ont été formellement inculpés par la justice togolaise pour avoir organisé des manifestations publiques ayant dégénéré les 12, 13 et 14 juin dernier.

Me Zeus Atta Ajavon affirme que c’est une crise qui est née et la seule entité capable de mettre fin à cette situation est le gouvernement. Pour lui, « si le gouvernement le veux bien, il y a un dialogue. » Au cas où la situation en resterait là, son collectif ne discutera plus. Toutefois avertit-il : « si rien n’est fait, nous avons le droit de contestation qui peut déboucher sur l’insurrection. » C’est ce qui ressort de a première réaction lundi après son rendez-vous avec le juge.

pa-lunion.com : Me Ajavon, Bonjour !

Me Zeus Ajavon : Bonjour !

Vous venez d’être inculpé par le doyen des juges d’instruction. Vous dites plus questions d’aller au dialogue tant que les répressions continuent. Quelle doit être l’issue de la crise selon vous ?

L’issue de la crise c’est que, si le gouvernement le veux bien, il y a un dialogue. Si le gouvernement ne le veut pas, nous utiliserons tous les moyens légaux que la constitution togolaise et les textes internationaux nous donnent pour agir et pour atteindre nos objectifs.

Nos objectifs, c’est que le Togo ne soit plus ce que nous voyons aujourd’hui. Qu’il n’y ait plus de torture dans notre pays. Nos objectifs, c’est que plus jamais un petit groupe de personnes ne mettent les ressources du pays dans leurs poches. Qu’il y ait la bonne gouvernance. C’est pourquoi nous disons qu’il est nécessaire que nous nous concertions pour qu’ensemble nous définissions les règles et les normes que nous devons mettre en œuvre pour que nous atteignions ensemble cet objectif et ensemble. Mais s’ils ne veulent pas, nous allons utilisés les moyens légaux pour les atteindre.

Et quels sont ces moyens légaux ?


Nous avons les déclarations, nous avons les conférences de presse, nous avons la sensibilisation des populations, nous avons les marches, et à la limite, si rien n’est fait, nous avons le droit de contestation qui peut déboucher sur l’insurrection. Ah oui. Je le dis, c’est prévu par les textes. Il y a l’article 150 de la constitution togolaise qui est claire. Il prévoit que s’il ya ce genre de problème, le peuple peut se révolter. C’est prévu par la constitution. Ce n’est pas nous qui le disons. Cela veut dire que c’est également un moyen légal. Alors si l’on nous pousse au bout, nous allons utiliser ce moyen extrême.

20 ans de crise, 17 dialogues sans issue réelle, de plus en plus les manifestations sont réprimées, quelles peuvent être les signaux forts que vous attendez du gouvernement ?

Je ne peux pas vous donner un catalogue de signal. Vous savez, je préfère laisser au pouvoir la liberté de choisir les signaux. Nous verrons si les signaux choisis sont appropriés pour la circonstance et pour les conditions dans lesquelles nous nous trouvons. Si oui, nous allons éventuellement au dialogue. Sinon nous n’irons pas au dialogue. Ce qui s’est passé hier à Terrainvito où on devrait animer le meeting, où j’ai inhalé des cm3, des m3 de gaz lacrymogènes pendant un certain temps ; non nous ne voulons plus ça. Vous savez, ces gaz ont été achetés par l’argent du peuple togolais. Tout le matériel a été acheté par l’argent du peuple togolais. Ces agents qui nous ont poursuivis sont payés par l’argent du peuple togolais. L’uniforme qu’ils portent, c’est le fruit du travail du peuple togolais. Les véhicules qu’ils utilisent, c’est le peuple togolais qui les a achetés. Dans ces conditions là, nous ne voulons plus que les choses se passent de cette manière. Nous voulons une force républicaine. Nous devons avoir une police républicaine. Nous devons avoir une gendarmerie républicaine. Nous devons avoir une armée républicaine. Il faut que cela soit ainsi. Si non, que le pouvoir partisan, utilise les forces partisanes pour réprimer les populations, non, nous ne voulons plus ça. Tant que les choses resteront comme cela, nous ne pouvons pas aller au dialogue.

Me Zeus Ajavon, merci.

Merci

pa-lunion.com

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