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Les premiers jours d’Arthème Ahoomey-Zunu à la Primature : D’une atmosphère de morosité à un retour aux sources

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Depuis son passage le 2 août dernier devant les députés abonnés aux habitudes de la maison, le successeur de Gilbert Houngbo semble devenir l’ombre de lui-même. Il n’est visible nulle part. Tout comme les membres de son gouvernement hormis Me Fiatuwo Kwadjo Sessenou, le nouveau « ministron » de la Culture et des Arts qui circule comme un apprenti mendiant dans les fêtes traditionnelles devenues des tribunes politiques, et le grand boss Yark Damehane de la Sécurité et de la Protection Civile qui, après la veste des passations de services, s’est replongé dans sa tenue de gendarme au cours d’un point de presse pour dévier comme dans ses habitudes, l’itinéraire de la marche du FRAC du samedi 11 août et pour justifier la forfaiture de la milice de Kara. Une milice qui se présente comme le cabinet de communication de Faure Gnassingbé et qui a empêché le meeting du CST dans la Kozah en proférant des menaces ouvertes aux citoyens sans être inquiétée.

L’ambiance de la semaine dernière à la Primature était plus grave que celle d’un cimetière. Une profonde déception se lisait sur le visage des fonctionnaires. Ils apparaissaient comme des désœuvrés et des orphelins. Ce qui donne l’impression que le personnel de cette Primature attendait la nomination d’un autre Premier Ministre et qu’Arthème Ahoomey-Zunu ne serait qu’un intérimaire. Tous les faits et gestes de l’intéressé même trahissent son incapacité à s’afficher comme le vrai maître des lieux. On dirait qu’il ne sait par où commencer. « Les choses se passent comme si, lui-même, le Premier ministre, attendait d’autres instructions avant de bouger », confie l’un des fonctionnaires. Alors qu’il était présenté comme le mieux placé, maîtrisant l’ensemble des dossiers de la République. En dehors de quelques visites de petits ministres et de certains inconnus, le Premier ministre s’est, toute la semaine, enfermé dans son bureau. C’était la même chose tous les jours du matin au soir. Sauf le vendredi lorsqu’il quitta le bureau aux environs de 10 heures pour ne plus y retourner. Cette fuite du bureau se justifierait, car son mentor n’aurait plus besoin de lui. Le pigeon voyageur, M. Faure Gnassingbé étant en pleines cérémonies funéraires de John Evans Atta-Mills, l’homme d’Etat baptisé par son peuple THE MAN OF PEACE. Voilà ce que les dirigeants doivent symboliser pour leur peuple et aux yeux du monde. Et non des jouisseurs, des viveurs et des monarques.


Ce nouveau Premier ministre, après avoir déserté son bureau dans la matinée, un acte incivique, passera le temps du week-end dans son village. Que va-t-il donc faire au village ? Tout le monde sait au Togo que la nomination à une haute fonction d’Etat est fonction de la géopolitique. C’est l’occasion pour chaque heureux élu d’aller vers les valeureux paysans pour vanter le président et habiller le loup de peau d’agneau. Il doit aussi et surtout aller remercier les féticheurs et les marabouts pour la mission accomplie.

Ainsi, Séléagodji Ahoomey-Zunu s’est rendu dans son Kpelé Adéta natal afin de présenter sa couronne de Premier ministre aux siens. D’abord, c’est le curé de la Paroisse Saint Raphaël de la localité Dieudonné Akotiaté qui l’a béni en déclarant que c’est Dieu qui lui a confié cette mission et qu’il ne devrait pas avoir peur mais être courageux et prendre pour exemple le Seigneur Jésus-Christ. C’est bien beau ! Même Jésus n’aurait pas aimé vivre au temps des redoutables sécurocrates de Faure Gnassingbé. Passons. Après cette comédie devant le Créateur du ciel et de la terre, il a, comme tout bon Africain, eu droit aux sacrifices traditionnels. Et il s’est encore vautré dans son bureau après ses retrouvailles avec les siens. Toute une semaine de gâchis pour un pays.

B. Douligna

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