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Les femmes qui se battent pour le pouvoir et pour la place de Première Dame du Togo

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Ministres, directrices générales, simples citoyennes, elles ne se font pas de cadeau et se battent pour le pouvoir et la place vacante de Première Dame du Togo. Celles qui ont les moyens ont parfois tendance à se rabattre sur certains médias de la place en vue de réduire les zones d’influence des autres. Elles, ce sont Ingrid Awadé, Victoire Tomégah-Dogbé, Cina Lawson, Calixta Amorin et bien d’autres. Portraits et stratégie de conquête de chacune de ces belles dames de la République.

Ingrid Awadé : « Maman » ou « grande sœur de valeur »

Sachant que la nature a horreur du vide, Ingrid Awadé n’a pas hésité à mettre les bouchées doubles dans l’optique d’occuper la place vacante de Première Dame du Togo. Elle a tout pour y parvenir : conseillère financière du chef de l’Etat avec qui elle entretient des relations intimes. Et cerise sur le gâteau, sa nomination à la tête de la Direction générale des impôts, l’une des principales régies financières du pays. Qui a l’argent, a le pouvoir, dit la formule populaire. Elle a ainsi bâti son empire en étant présente dans tous les domaines : garde rapprochée, service de renseignements, appareil sécuritaire du pays, affaire de coup d’Etat avec la fable qui a conduit Kpatcha Gnassingbé au gnouf, monde des affaires et de la communication, décoration, musique … Elle est partout.

Fort de ce succès, celle que le groupe Toofan appelle dans leurs chansons « Méiz, grande sœur de valeur » ne tient qu’à être Première Dame. Entre-temps, certains journaux de la place avaient publié une série d’articles annonçant un mariage imminent entre le « fils de la nation » et la DG des impôts. Des informations qui s’étaient révélées plus tard comme des manipulations de la Conseillère financière elle-même dans le but de prendre une avance certaine sur les autres concurrentes. Mais, dans son entourage immédiat, elle est ni plus ni moins cette Première Dame, ce qui lui a valu le surnom de « Maman ». Ministres, officiers des FAT, directeurs de société, hommes d’affaires et autres lèche-bottes ne cessent de se prosterner devant elle en l’appelant affectueusement et avec entrain « Maman ». Même le rigoriste ministre de l’Economie et des Finances, Adji Otèth Ayassor, n’est pas du reste. Selon les témoins, c’est un titre qui lui apporte beaucoup de soulagement.

« Au Togo à l’heure actuelle, celle que d’aucuns appellent l’égérie de la République a pris des ailes, suscitant beaucoup de controverses. A l’heure où nous parlons, elle a dans sa poche, ministres, généraux, officiers supérieurs et DG. Elle a son propre réseau d’informateurs au sein de l’appareil de l’Etat. Jusqu’ici, celui qu’elle appelle abusivement « mon mari » ne voit pas venir le danger. A chacune de ses apparitions publiques, ministres et DG courent pour se prosterner à ses pieds et se couvrir de poussière en ânonnant « Maman » comme s’ils avaient affaire à leur mère biologique. Même si l’on tombe des nues devant un tel spectacle désolant au 21ème siècle rayonnant, ces beaux messieurs n’en ont cure. Ils ne font que défendre ainsi leur pain chaud sous le chaud soleil tropical où la fourberie et le zèle ont raison de la personnalité d’un individu », constate notre confrère en ligne « lynxtogo.info ».

En outre, c’est autour d’elle que s’organise le futur parti politique de Faure Gnassingbé. Elle est aussi le principal bailleur de ces coquilles vides à l’instar de la NJSPF de Noel De Poukn qui fait la pluie et le beau temps à la Direction générale des Impôts et de la Majorité silencieuse qui ont, le 1er octobre dernier, fêté dans les rues de Lomé la lourde peine d’emprisonnement infligée à Kpatcha Gnassingbé et certains de ses coaccusés même s’il avait été officiellement dit que c’était dans le cadre du nouveau parti que ces manifestations étaient organisées. Justement, dans l’optique de la création de ce parti, il est impérieux de faire le ménage autour de Faure Gnassingbé en dégageant par exemple la très visible ancienne fonctionnaire du PNUD.

Victoire Tomegah-Dogbé et le théâtre à la base

Tous ceux qui ont lu les journaux de cette semaine, pourront s’en rendre compte. La Directrice de Cabinet du Président de la République et ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Mme Victoire Sidémého Tomegah-Dogbé, a été proprement lessivée. Elle est présentée comme « la tueuse silencieuse de Faure Gnassingbé » et accusée de saborder la politique de Faure Gnassingbé en faveur de la bière… – non c’est l’émotion de la Fête de la bière – en faveur du développement en organisant des conciliabules avec des responsables de l’opposition. L’autre anathème jeté sur elle c’est de vouloir empêcher par tous les moyens la candidature de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle de 2015. Ces articles écrits dans les mêmes veines s’inscrivent dans la logique de la vendetta enclenchée par un homme ou une femme du système. C’est d’ailleurs de cette manière que les choses se font si on veut faire sauter un maillon de la chaîne. Surtout que le poste très stratégique de la Directrice de cabinet du président de la République qu’elle cumule avec celui de ministre aux portefeuilles dodus, lui permet d’être très visible dans le sérail et de tirer elle aussi le drap présidentiel de son côté. De sources proches de l’ancienne fonctionnaire du PNUD, on voit à juste titre derrière ces articles au vitriol la main de « Maman » ou « Méiz, grande sœur de valeur ».

Illustre inconnue, elle a été dénichée par le Premier ministre Gilbert Houngbo qui l’a fait venir du PNUD pour occuper le portefeuille de ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée du Développement à la base. Elle a réussi à séduire en un temps record Faure Gnassingbé qui l’a nommée depuis 2009 sa Directrice de cabinet. Au départ, les Togolais croyaient qu’elle allait imprimer aux affaires togolaises la touche Pnudienne. Mais très tôt, elle s’est muée en une véritable actrice de théâtre à la base. C’est elle qui fait danser hommes et femmes lors de la distribution des houes, machettes et autres brouettes. C’est également elle qui fait rêver les jeunes togolais en les embarquant dans des projets aussi bizarres qu’infructueux.

Mais pour Faure Gnassingbé, elle reste utile puisque ses théâtres à la base donnent une certaine visibilité à sa politique et permettent de glaner quelques voix dans la région méridionale lors des joutes électorales. L’ancien étudiant de Paris-Dauphine compte aussi sur elle dans l’optique de la création de son parti. Ce qui réconforte la ministre « deux fois cinq » qui tisse tranquillement sa toile dans le Léviathan présidentiel où tous les coups sont permis.

Cina Lawson, la Miss du gouvernement

Mme Cina Lawson est la surprise du gouvernement RPT-AGO inaugurant le deuxième quinquennat de Faure Gnassingbé. Surnommée la Miss du gouvernement pour ses tenues hyper sexy et son allure miam-miam, elle dirige le portefeuille stratégique des Postes et Télécommunications. Discrète au départ, elle a fini par se faire un trou dans l’entourage immédiat du chef de l’Etat. Cette diplômée de Harvard, l’une des prestigieuses universités américaines, est de tous les voyages de Faure Gnassingbé. Selon les témoins, elle était au four et au moulin lors de la pérégrination japonaise du chef de l’Etat.

« La ministre togolaise des postes et télécommunications, Cina Lawson, 35 ans, est la nouvelle égérie de Faure Gnassingbé, ce qui ne manque pas d’agacer certains membres du premier cercle du président togolais. Cina Lawson est de tous les voyages du chef de l’Etat à l’étranger, et est associée aux projets présidentiels touchant aux nouvelles technologies. Ses adversaires attendent qu’elle remplisse sa mission, qui est de permettre à une majorité de Togolais d’accéder à l’Internet, au téléphone et à la télévision avant 2012 », révèle « La Lettre du Continent » N°621 du 20 octobre 2011. Et à en croire dame rumeur, elle aurait actuellement une forme ronde et ferait bientôt la même chose que Carla Bruni.

Calita Amorin, la discrète

Cousine de Cina Lawson – les géniteurs des deux femmes sont même mère, père différent –Calita Amorin est une dame qui se fait discrète et qui, à notre connaissance, n’a aucun poste de responsabilité dans la gestion des affaires du pays. Mais au nom de cette relation avec le prince, son père exerçant dans le domaine des travaux publics ne cesse d’arracher des marchés.

Entre-temps, des rumeurs ont circulé que c’est elle qui serait bien placée pour être cette grande dame qui va se trouver derrière Faure Gnassingbé. Est-ce pour cette raison qu’elle est souvent invitée aux manifestations officielles des ambassades occidentales au Togo ? Peut-être. « Il semble qu’elle est sur le point d’être la Première Dame du Togo. Et c’est son père qui serait chargé de la présenter aux diplomates. On dit aussi qu’elle est aimée de la famille maternelle de Faure Gnassingbé », nous confie un journaliste lorsque nous l’avons aperçue accompagnée de son père à l’occasion du dîner d’adieu offert par l’ancien ambassadeur de France au Togo, Dominique Renaux.

Ce sont là les principales femmes qui se battent pour le pouvoir et pour la place de Première Dame du Togo. Mais il existe dans l’ombre d’autres femmes qui rêvent d’être l’heureuse élue. Il paraît que pour être dans les bonnes grâces du président de la République, il faut savoir lui donner ce qu’il aime. Une chose que le ministre des Finances a comprise même s’il continue d’appeler joyeusement la directrice des impôts « Maman ».

R. Kédjagni

source : groupe liberté hebdo togo

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