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"L’entretien des milices par les partis politiques", sujet au centre d’une conférence-débat ce jeudi à Lomé

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Représentants d’organisations de la société civile, des professionnels des médias, des forces de sécurités et autres personnalités ont participé ce jeudi à une conférence-débat sur le thème : « Entretien des Milices par les Partis Politiques ; Risques sur les Processus Electoraux en Afrique : cas du Togo », initiative du Forum Togolais de la Société Civile pour le Développement (FTSCD), a constaté l’Agence Savoir News.

Cette conférence-débat intervient après les derniers incidents survenus le 15 septembre à Adéwui où des jeunes armés de gourdins cloutés, de machettes, de cordelettes ont empêché une manifestation du Collectif « Sauvons le Togo ».

Ce sont les locaux du Centre CESAL qui ont servi de cadre à cette rencontre très riche en débats qui ont permis aux participants d’appréhender le concept de milices et de contribuer à lutter contre leur entretien par les politiques. Cela a été aussi l’occasion pour les participants de formuler des recommandations pour une paix durable en ces périodes post électorales. On entend par milices, des groupes d’auto-défenses ou constitués spontanément sous l’instigation des partis politiques.

Selon Aladjou Agouta, le président du FTSCD, les « Ablodé sodja » ont été les premières milices au Togo. Elles étaient

chargées de la protection des leaders nationalistes. Ensuite, le Togo a connu les « Ekpémogs » (qui se sont livrés à des affrontements dans les années 90) et les « Tonmogs » (des jeunes qui se réclamaient de feu Gnassingbé Eyadema).

Pour Aladjou Agouta, il faut aujourd’hui un système d’alerte et de monitoring de la violence composé des représentants politiques, de la société civile et des organisations internationales, afin de prévenir toute scandale de la violence et d’actes de vandalisme sur toute l’étendue du territoire en cette période pré électorale.

« Dans le but de pérenniser certains acquis issus des différentes négociations, dialogues sociaux et politiques et pour pallier le déficit de confiance entre les acteurs de la vie sociopolitique, le FTSCD invite le chef de l’Etat, à instaurer un poste du médiateur de la République », a-t-il souligné.

Essohanam Batchana, maître-assistant en Histoire politique et des relations internationales, a pour sa part estimé qu’à part les milices Ablodé sodja, « les années 90 ont connu des groupes de milices de part et d’autre et que l’entrée en scène de la milice du RPT – dont les actes sont parfois assimilés aux forces de l’ordre – a aggravé l’insécurité ambiante ».

« Ces différents groupes de soutien aux partis politiques agissaient parfois comme vigiles ou gardes du corps ou comme défenseurs de leurs communautés politiques ou ethniques et n’hésitaient pas à commettre de graves exactions notamment lors des échéances électorales. Mais, la conquête du pouvoir ou de son maintien ne doit pas faire oublier aux partis politiques leur rôle premier : le bien- être de la population », a-t-il indiqué.

Rappelons que le FTSCD a été créé en avril 2003. Il a pour objectif de renforcer les capacités des ONG, des associations, des syndicats et des comités villageois de développement dans le sens de la promotion de l’éducation, la formation civique, la culture et la paix. FIN

Nicolas KOFFIGAN

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