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Face aux crises sociales à répétition :Faure Gnassingbé compte sur Me Agboyibo pour relancer le dialogue inclusif et faire baisser la tension

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Des manœuvres ont déjà commencé en vue de flouer le peuple togolais

Secoué par les crises sociales et la pression maintenue depuis plus d’un an par le FRAC, le régime de Faure Gnassingbé est actuellement fragile comme une toile d’araignée. Sentant le coup imparable venir, le « fils de la nation » va tenter de sauver les meubles en relançant dans les jours à venir son fameux « dialogue inclusif ». Et des opposants comme l’inusable Me Agboyibo sont prêts à l’accompagner dans ce dessein.      

Le vernis Gilchrist Olympio a cessé de briller depuis quelques mois même si le régime RPT et le président fondateur essaient de forcer les choses. Les intempéries sociales et les pressions constantes de l’opposition réunie au sein du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) ont sérieusement altéré cette union. Tous les Togolais savent que la situation est bien fragile, sauf les ambassadeurs qui sont venus faire des affaires au Togo à l’instar de l’Américaine Mme Patricia Hawkins qui refusent de voir l’évidence.

Depuis Malabo où il participait au sommet de l’Union africaine, Faure Gnassingbé tenait à peine sur son siège. Le corps était présent dans la capitale équato-guinéenne mais l’esprit était à Lomé où les étudiants ont appelé vendredi dernier toutes les forces vives (partis politiques, organisations de la société civile, élèves, syndicats …) à une grande marche. Bien que le gouvernement ait désamorcé la bombe la veille à 23h50 avec l’annulation des sanctions contre le président du Mouvement pour l’épanouissement de l’étudiant togolais (MEET), Adou Séibou et malgré les manœuvres nocturnes du Bélier noir, les populations ont massivement répondu à l’appel des organisateurs. Les tenants du pouvoir avaient la trouille et les galonnés avec à leur tête le ministre de la Sécurité, le Col. Gnama-Latta, étaient obligés de sortir pour calmer les ardeurs des manifestants.

Il nous revient que le « fils de la nation » serait conscient de la situation et aurait, depuis Malabo, annoncé qu’il allait ouvrir dans les jours à venir le dialogue ou le débat inclusif. Un appel qui aurait reçu un écho favorable de la part du CAR de Me Yawovi Agboyibo – Me Apévon n’étant là que pour entretenir le mirage d’alternance au sommet du parti – qui guette le dialogue quoiqu’ayant blagué entre-temps l’opinion en annonçant des « actions d’envergure ». Des indiscrétions, une délégation du parti des déshérités aurait eu une séance de travail avec des émissaires du champion du RPT dans la journée de samedi 2 juillet dernier.

Selon les informations obtenues dans le sérail, Faure Gnassingbé et ses hommes tiennent à adoucir le climat politique et vont tenter de concéder des élections à deux tours, la limitation du mandat présidentiel, des solutions aux problèmes de découpage électoral, bref des réformes chères à l’opposition togolaise. Mais dans les faits, c’est un véritable marché de dupes qui est en train d’être organisé avec des accords secrets entre certains partis de l’opposition qui se mureront dans un silence bruyant quand le chef de l’Etat évoquera plus tard la non-rétroactivité de la loi pour s’offrir encore deux mandats après les deux premiers qui s’achèvent en 2015.

C’est à ces opposants, dont la bouche souffle le chaud et le froid, que la promotrice attitrée du régime répressif RPT, mieux, la militante non officielle du RPT, Mme Patricia Hawkins, fait allusion quand elle claironne dans son discours ceci : « Avancez dans les réformes, même s’il y en a qui s’opposent à tout ce que vous faites. Travaillez avec ceux qui acceptent de travailler avec vous, et respectez leurs idées, (…). A travers une sage gouvernance et des actions courageuses visant à bâtir et fortifier la République, le Togo sera grand parmi les nations ». Jamais un diplomate américain n’a autant marqué les Togolais par ses impairs. Et comme toujours, Me Agboyibo se met devant pour sauver un régime en perdition. Il a déjà aidé le père à régner pendant 38 ans et est aujourd’hui disposé à accompagner le fils dans le chaos. C’est ça que les abonnés de « tchintchinga club » appellent la méthode du CAR.

R. Kédjagni
source: liberté hebdo togo

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