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De violents affrontements entre populations et forces de l’ordre samedi à Dapaong

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Même à plus de six cents kilomètres de Lomé, les Togolais n’ont plus peur d’affronter la Police ou la Gendarmerie. La dernière grande ville du Nord, Dapaong, a été témoin toute la journée de samedi 1er septembre des affrontements qui ont opposé des manifestants et les forces de l’ordre.

Ce n’était pas une revendication politique. Tout est parti de l’arrestation mardi de deux conducteurs de zémidjan lors d’une rafle des agents des impôts dans la ville. En plus d’avoir ramassé les engins des conducteurs de zémidjan, les agents des impôts ont aussi fait arrêter deux conducteurs qu’ils doivent avoir identifié parmi le lot comme des « résistants ».

De lundi à vendredi soir, toutes les tentatives de les faire libérer par la négociation auraient échoué. Et samedi matin, le corps des conducteurs s’est mobilisé pour aller une fois encore réclamer leurs camarades au Commissariat. Mais là, ils auraient été accueillis par des tirs de grenades lacrymogènes. En réplique, ils jettent des cailloux et retournent dans la ville pour poser des barricades.

Comme ils en prennent l’habitude depuis quelque temps, dans la répression, les policiers n’ont pas épargné les domiciles, ce qui, selon les témoins, aurait contribué à répandre le sentiment de révolte au sein de toute la population. Les jeunes de la ville, même des femmes, ont donc rejoint les zémidjans dans les rues pour poser les barricades et mettre les feux à tous les grands carrefours de la ville. Le chaos a duré toute la journée de samedi.

Récemment, c’était à Bafilo, près d’Alédjo, que des jeunes se sont opposés violemment aux forces de l’ordre, dans une affaire de saisie de carburant. Les informations indiquent que les forces de sécurité ont dû faire appel à un renfort au camp Améyi de Kara pour venir à bout des manifestants.

Comme on le voit, du Sud au Nord, les réactions des populations sont identiques face aux brimades et aux injustices du pouvoir en place. Et de toute cette vague de contestations et de répressions, il y a quelque chose qui mérite de retenir l’attention : les populations n’ont plus aucune crainte d’affronter les gendarmes et policiers, malgré les tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. On a l’impression que la répression policière s’émousse, puisqu’elle ne semble plus retenir la population dans son élan de défiance vis-à-vis du pouvoir. Le régime doit s’en rendre compte et rapidement satisfaire aux doléances des populations au plus vite. Mais aussi comprendre, comme dirait l’autre, que « l’homme est fatigué » des mêmes personnes.

Maxime DOMEGNI

lalternative-togo.com

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