Togo-Projet de modification de la charte des partis politiques : Attention à certaines cibles
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Les partis politiques togolais pourraient bientôt disposer d’une nouvelle charte actualisée. C’est ce qui résulte du conseil des ministres du mercredi 19 janvier. Réunion gouvernementale au terme de laquelle, le gouvernement a adopté un avant-projet de loi qui modifie l’ancien texte, vieux de plus de 30 ans. Si l’idée est bonne, elle suscite tout de même réflexions et suspicions.
La Cnap dans ses déclinaisons
L’idée de cette refonte constitue l’une des propositions issues des travaux de la Concertation des acteurs politiques (Cnap), cadre de concertation mis en place par le pouvoir de Lomé juste au lendemain de la présidentielle de fevrier 2020, et boudé alors par la Dmk et le Car. Il faut dépoussiérer, voire désengorger autant que se peut, l’écosystème politique togolais, rempli d’un pléthore de formations mais dont l’immense majorité n’existe que de nom. 118 partis politiques, mais à peine une dizaine sont opérationnels.
Du lot des partis amorphes qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes, se dégagent nombre de partis dont les rarissimes apparitions, au travers des jeux de positionnement, sont au gré des calculs intéressés. Une situation dont se sucrent nombre d’acteurs qui font de ces formations politiques, généralement coquilles vides, un véritable fonds de commerce. Faussant le jeu politique qui est par essence, la participation à la gouvernance politique, par réflexions, critiques ou contributions, pour le bonheur des populations. C’est donc partant de ce constat alarmant que l’annonce de cette refonte est saluée sur le principe par nombre d’observateurs.
Toutefois, dans un contexte sociopolitique marqué par une restriction drastique des libertés individuelles et collectives, cette bonne intention du gouvernement de mettre de l’ordre dans la maison risque d’être noyée, malheureusement, par des idées préconçues tout de même motivées par les dernières évolutions de l’actualité dans le pays.
L’arbre qui cache la forêt ?
En effet, c’est un secret de polichinelle qu’au Togo de Faure Gbassingbé, les médias critiques et les organisations de la société civile à voix discordantes sont déjà muselées. L’on en
Aujourd’hui, la grande question que se posent les esprits lucides est de savoir si le pouvoir de Lomé, dans ses habitudes, ne fera pas de cette refonte, une arme politique pour abattre certains partis politiques qui lui résistent. Somme toute des officines politiques «peu accompagnateurs» du système. Rien n’est exclu lorsqu’on sait qu’il est question de façon spécifique, de traiter désormais des exigences liées notamment à leur fonctionnement, autrement, au siège, à l’adresse, à la régularité des activités, et redevabilité en gestion financière entre autres.
D’où justement la pertinence des interrogations au sujet de certains partis comme le Parti national panafricain (Pnp), instigateur de la crise politique de 2017, que le pouvoir de Lomé n’a point hésité de qualifier de parti terroriste. Une situation peu favorable au libre cours des activités de ce parti dont le Président national, Tikpi Atchadam vit depuis lors en exile. On se rappelle encore que les sources de financement étaient à l’origine du refus du gouvernement togolais d’accréditer la mission observations électorales à une organisation de la société civile lors de la présidentielle de Février 2020 sous prétexte de l’origine douteuse de ses financements. C’est dire qu’il y a aujourd’hui, à l’évocation d’un point essentiel comme financement des partis, de bonnes raisons que les inquiétudes gagnent les rangs des combattants de la liberté et autres sentinelles. Ils sont tenus d’être vigilants et regardant dans la mise en œuvre de cette réforme.
FRATERNITE