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Mama Omorou ou le ministre qui se cherche : quand l’éducation togolaise fait les frais d’une ambition mal placée
Togo infos
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Il y a des sorties ministérielles qui éclairent. D’autres qui interrogent. Celle du ministre de l’Éducation nationale togolais, Mama Omorou, vendredi dernier à Lomé, appartient résolument à la seconde catégorie — et même, pour les observateurs les plus avertis, à une troisième : celle qui inquiète.
À l’occasion d’une rencontre avec les entreprises retenues dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Qualité et de l’Équité de l’Éducation de Base (PAQEEB), M. Omorou a livré ce qui ressemblait moins à un cadrage technique qu’à un exercice d’autopromotion soigneusement orchestré. Entre confessions entrepreneuriales, leçons de vie et mises en garde solennelles, le ministre a occupé toute la scène — laissant dans l’ombre les vraies questions que devrait se poser l’école togolaise en 2026.
Un projet finissant, une posture envahissante
Commençons par l’essentiel : le PAQEEB touche à sa fin. Ce projet, financé par des bailleurs extérieurs et dont les conventions ont, pour certaines, été ficelées bien avant l’arrivée de M. Omorou aux affaires, entre dans sa phase terminale d’exécution. Les résultats engrangés jusqu’ici sont salués, y compris par les partenaires techniques et financiers. En d’autres termes, la machine était en marche, le travail avancé, le cap fixé.
Que vient donc faire le ministre dans ce tableau achevé, sinon y apposer sa signature ?
S’arroger le mérite d’un chantier collectif dont on n’a tenu le volant que quelques kilomètres avant l’arrivée est une pratique connue dans les couloirs du pouvoir africain. Mais rarement elle a été assumée avec une telle désinvolture. Car il ne s’agissait pas, vendredi dernier, de rendre compte d’une vision, d’impulser une réforme ou de définir une orientation nouvelle. Il s’agissait, au fond, de parler de soi.
L’ingénieur prend le dessus sur le ministre
« Vous avez la chance ou la malchance d’avoir un ministre ingénieur », a lancé M. Omorou aux entrepreneurs assemblés. La formule, qu’il voulait sans doute percutante, résume à elle seule le problème de fond.
Un ministre de l’Éducation nationale est attendu sur le terrain des apprentissages, des curricula, de la formation des maîtres, de la rétention scolaire des filles, du financement de l’école publique. Ce n’est pas son diplôme d’ingénieur qui fait sa légitimité dans ce portefeuille — c’est sa capacité à penser et à réformer un système éducatif en souffrance.
Or, ce que nous avons observé vendredi tient davantage d’une réunion de chantier que d’un conseil de politique éducative. M. Omorou a alterné, selon ses propres termes, ses « casquettes de ministre et d’ingénieur », partagé ses « débuts, ses échecs et ses réussites », et prodigué des conseils techniques à des entrepreneurs. L’on se prend à se demander si l’intéressé n’a pas, quelque part, égaré sa lettre de mission.
On lui a confié l’Éducation nationale. Il fait les Travaux publics. La confusion de rôles, dans un gouvernement sérieux, mérite d’être nommée.
L’agence de trop : une dépense inutile habillée en innovation
Le clou de la séance fut l’annonce, par le ministre, de la création prochaine d’une agence chargée du contrôle qualité des infrastructures éducatives. Une initiative présentée comme une avancée décisive pour l’État. Une initiative qui, à l’examen, révèle soit une méconnaissance des structures
Car le Togo dispose déjà d’un arsenal institutionnel pour accompagner et contrôler les travaux de construction publics. Le ministère des Équipements et des Infrastructures, le Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LNBT), les Équipes Pluridisciplinaires de Laboratoire (EPL), les Directions Régionales de l’Éducation (DRE) et leurs divisions construction — autant de structures habilitées, formées et, théoriquement, outillées pour assurer ce que M. Omorou prétend créer ex nihilo.
Plus encore : les projets financés par les bailleurs de fonds internationaux, comme le PAQEEB, imposent contractuellement le recours à des cabinets spécialisés et à des experts indépendants pour le contrôle technique. Ce n’est pas une option — c’est une condition. Une agence nationale supplémentaire ne changerait rien à cette réalité contractuelle, sinon y ajouter une couche bureaucratique et budgétaire.
La question que tout contribuable togolais est en droit de poser est simple : pour contrôler combien de bâtiments construits sur fonds propres de l’État, cette agence justifiera-t-elle son existence ? Au regard du volume réel des constructions scolaires autofinancées, la réponse risque d’être cruelle. On devine déjà la structure se maintenir en vie à coups d’indemnités, de per diem et de missions de terrain sans objet réel.
L’État togolais, dont les finances publiques ne sont pas réputées pour leur abondance, peut-il se permettre ce luxe ?
Le silence assourdissant sur ce qui compte vraiment
Pendant que M. Omorou s’évertue à superviser la pose de quelques salles de classe — noble préoccupation, certes, mais qui n’exige pas une telle débauche d’énergie ministérielle —, les vrais maux de l’école togolaise attendent leur médecin.
Le taux d’abandon scolaire, notamment chez les filles dans les zones rurales. La qualité catastrophique des apprentissages aux cycles primaire et secondaire. La formation continue des enseignants, souvent laissée pour compte. Les retards de paiement aux jeunes entrepreneurs attributaires de marchés dans le cadre des programmes d’inclusion économique — ces mêmes jeunes qu’on exhorte à l’excellence le vendredi matin et qu’on laisse sans trésorerie le lundi suivant.
Sur aucun de ces sujets, M. Omorou n’a fait entendre une voix singulière depuis sa prise de fonction. Mais il sait, en revanche, qu’il est ingénieur. Et il tient à ce que tout le monde le sache.
Laissez l’école respirer
Il ne s’agit pas ici de nier les mérites d’un ministre soucieux de la qualité des constructions scolaires. La vigilance sur les infrastructures est nécessaire, et l’on ne saurait reprocher à quiconque de vouloir éviter les malfaçons qui grèvent régulièrement les chantiers publics africains.
Ce qui est en cause, c’est l’ordre des priorités, l’usage du temps ministériel et la disproportion flagrante entre l’énergie déployée et l’enjeu réel. Ce qui est en cause, c’est la tentation de substituer la visibilité à la substance, le discours à l’action, l’autoportrait à la politique.
Un ministre de l’Éducation nationale se mesure à la qualité de ce que les enfants apprennent, pas à l’épaisseur des murs de leurs salles de classe. M. Omorou ferait bien de s’en souvenir — avant que l’école togolaise ne perde définitivement l’essentiel au profit de l’accessoire
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