Égalité revendiquée, pratiques inchangées : Dela nécessité de repenser certaines pratiques comme la dot d’aujourd’hui.
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À l’heure où la femme africaine revendique, à cor et à cri, et avec raison, ses droits, sa dignité et même son égalité avec l’homme, une question mérite d’être posée avec lucidité : nos pratiques traditionnelles accompagnent-elles réellement cette quête d’équilibre ?
Nos traditions ne sont pas le problème. Elles sont même, pour beaucoup, le socle de notre identité. Mais certaines de leurs dérives contemporaines, elles, posent question.
La dot en est une illustration frappante.
À l’origine, elle n’était ni un commerce, ni une épreuve. Elle était un symbole : symbole d’union entre deux familles, marque de respect envers la femme, reconnaissance d’un engagement sérieux. Une tradition noble, porteuse de sens.
Mais aujourd’hui, que voyons-nous ?
Des exigences devenues excessives. Des listes interminables. Des listes fixées sans rapport avec la réalité sociale. Le symbole s’efface, et laisse place à une logique de pression, parfois même de démonstration sociale.
Des hommes s’endettent. D’autres reculent. Certains abandonnent. Le mariage devient un défi financier plus qu’un projet de vie.
Et pourtant, fait troublant : ce sont parfois les femmes elles-mêmes qui alimentent cette dynamique. Pression sur le partenaire, volonté d’impressionner la famille ou l’entourage. Comme si la valeur d’une femme pouvait se mesurer à la hauteur de la dot versée.
Mais il y a plus préoccupant encore.
Dans certaines situations, la réalité dépasse même la simple pression sociale pour entrer dans une forme de mise en scène troublante :
• des femmes, faute de moyens du conjoint, financent elles-mêmes leur propre dot, pendant que l’homme joue le rôle du pourvoyeur devant la famille ;
• d’autres louent pagnes, bijoux et accessoires, uniquement pour “sauver les apparences” le jour de la cérémonie, avant de tout restituer une fois les festivités terminées.
Mais, ces situations engendrent parfois des conséquences inattendues
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Alors, posons la question sans détour :
• A-t-on vraiment besoin de tout ce théâtre ?
• Que reste-t-il du sens initial de la dot dans ces conditions ?
Nous sommes donc face à une contradiction profonde.
• D’un côté, des femmes africaines présentes sur les tribunes, dans les médias, sur les ondes, qui réclament légitimement l’égalité, la justice, la fin des rapports dits déséquilibrés.
• De l’autre, des pratiques maintenues, voire renforcées, qui placent encore l’homme dans une obligation financière lourde, parfois artificielle, et qui n’épousent pas cette logique d’égalité.
L’égalité ne peut pas être sélective.
Elle ne peut pas s’appliquer uniquement là où elle arrange.
Si nous voulons des relations équilibrées, il faut aussi interroger les pratiques qui créent du déséquilibre.
Si nous voulons des unions basées sur le respect mutuel, il faut éviter celles qui commencent sur des artifices ou des pressions.
Le problème n’est pas la dot.
Le problème, c’est ce que nous en avons fait.
Une dot raisonnable, symbolique, respectueuse des réalités, peut continuer d’exister sans difficulté.
Mais une dot démesurée, instrumentalisée, vidée de son sens, mérite d’être repensée.
La modernité ne consiste pas à renier nos traditions.
Elle consiste à les purifier de leurs excès, à les adapter à notre époque, à les aligner avec les valeurs que nous défendons aujourd’hui.
Car au fond, la vraie question est simple :
Voulons-nous préserver l’esprit de nos traditions, ou simplement leurs apparences ?
La dot doit rester un symbole d’union. Pas une mise en scène. Encore moins un fardeau.
Par Kodjogah Aklinkpo
24 avril 2026