Vie chère : Le Togo préfère les sommets et la reconstruction de l’Aéroport de Niamtougou à 2,2 milliards
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Dans le but de faire de l’Aéroport International de Niamtougou « une référence pour la logistique aéroportuaire », les autorités vont débourser 2,2 milliards. Une démarche difficile à comprendre à l’heure où la flambée des prix sur fond de crise sanitaire rime avec le quotidien peu enviable des Togolais. Signe, s’il en fallait d’autres, que ceux qui gouvernent le navire Togo sont littéralement à l’ouest.
Pour un développement des infrastructures publiques et au nom du désenclavement des localités de l’intérieur du pays, la bagatelle de 2,2 milliards FCFA va être allouée à la réhabilitation de l’Aéroport International de Niamtougou. C’est ce qu’avait indiqué Gnama Latta, le Directeur Général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) le 7 mars dernier. Les travaux vont permettre de rallonger la piste de la plateforme d’une longueur de 2.500 mètres à 3.000 mètres, de la doter d’une clôture et d’une sécurisation propice. Ainsi aurat-on droit à une ligne nationale avec la création d’une compagnie aérienne locale pour relier Lomé à Niamtougou
L’autre avantage d’une telle réhabilitation, nous assure-t-on, est qu’en plus d’être une infrastructure de promotion du tourisme, l’aéroport de Niamtougou, tiendra lieu de base d’exportation de plusieurs produits de rente tels que la mangue et la tomate, cultivés dans la région. Bref, les autorités comptent faire de l’aéroport de Niamtougou « une référence pour la logistique aéroportuaire, en particulier pour le trafic cargo destiné aux pays de l’hinterland». Voilà un projet ambitieux qui, s’il est réalisé, ne fera qu’apporter un plus aux infrastructures, du moins c’est ce qu’espèrent les autorités. Mais à l’heure actuelle, n’y a-t-il pas plus urgent ? En d’autres temps que ceux que vivent les Togolais, ce projet serait salué le plus chaleureusement du monde, et ces 2 milliards passeraient presque inaperçus. Qui ne voudrait pas voir son pays être doté ? Seulement, cette réhabilitation détonne par rapport au quotidien des citoyens soumis aux dures réalités dues à la crise sanitaire et ce qu’il a entraîné de marasmes depuis mars 2020. En d’autres temps que ceux que vivent les Togolais, cette réhabilitation, pour les beaux yeux de laquelle des milliards sont en passe d’être déboursés en un période de crise économique aussi aiguë, suscite d’autant moins d’enthousiasme que ces fonds auraient pu servir à l’assistance des populations toujours laissées pour compte. Les Togolais ont connu, comme les Africains, une crise sanitaire aux conséquences dévastatrices jamais vécues, mais les solutions diffèrent d’un pays à l’autre. Si les gouvernants d’autres peuples ont fait le choix de l’action et du pragmatisme Togo/Malgré les 70% de femmes aux commandes, rien ne va Vie chère : Après le Sénégal, la Côte d’Ivoire sort 55 milliards contre l’inflation Le Togo préfère les sommets et la
Aujourd’hui, l’huile qu’on achetait à 20 mille francs revient à 26 000 francs, les prix des denrées ont flambé. En réponse à ce porte-à-faux, le ministre du Commerce, de l’industrie et de la consommation locale n’a trouvé mieux que de sortir un numéro vert, sans veiller au plafonnement des prix. Une pitrerie sans nom. À quoi sont finalement bons des dirigeants ? A seulement organiser des sommets vaseux et aux retombées jamais touchées du doigts par les citoyens hôtes. Ignorer ces réalités et sortir d’on ne sait où le projet de rénover un aéroport qui, nous en faisons le pari, ne rapportera pas un kopeck dans la vie des honnêtes citoyens, il faut être aux antipodes de la raison pour le faire.
Le Correcteur N° 1033 du Lundi 14 mars 2022