Suite à une nouvelle correspondance adressée au ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins le 30 mars 2022, le collectif des syndicats du secteur de la santé a rencontré le Professeur Mijiyawa mardi 03 mai. Sauf que la rencontre tant attendue a accouché d’une souris. Pendant ce temps, le mal continue de ronger le secteur et les mesures urgentes à prendre ne suivent pas.

Comparaison n’est pas raison. Mais pour le collectif des syndicats du secteur de la santé, il y a plus que jamais nécessité à comparer les actions de leur ministre de tutelle et celles de ses collègues du même gouvernement qui prennent des initiatives et des décisions importantes chaque semaine sur des questions stratégiques en lien avec le quotidien des populations. Si ce n’est la contractualisation des hôpitaux qui n’est que le sujet qui semble préoccuper Pr Mijiyawa, aucune autre question relevant du domaine de la santé n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour. Jusqu’à cette dernière lettre qui lui a été adressée par le collectif des syndicats du secteur de la santé suite à laquelle il a ouvert ses portes le 03 mai aux syndicats des agents de santé, pour l’une des rares fois depuis qu’il occupe le portefeuille, malgré les mouvements d’humeur et les grèves que le secteur a connus. « C’est au nom de la confiance mutuelle que nous construisons minutieusement entre partenaires sociaux que nous venons rappeler au gouvernement les recommandations du groupe de travail dont certaines arrivent à échéance cette année et dont la réalisation va certainement envoyer un message fort aux agents de la santé et à toute la nation quant aux miracles du dialogue. En effet, les recommandations non encore satisfaites, partiellement ou peu satisfaites au vu des échéances et du contexte, font le lit des sentiments mitigés et de doute dont les mouvements d’humeur du 1er septembre 2021 dans le secteur n’ont été qu’un prodrome », précise le courrier. Suite au dernier mouvement des agents de santé qui a débouché sur des mesures effectives dont la proclamation des résultats du concours avec un recrutement de 703 nouveaux fonctionnaires et le paiement de la prime Covid-19 pour le compte de l’année 2021.

Des points en souffrance

Le recrutement du personnel est l’un des points importants sur lequel insiste le collectif des syndicats du secteur de la santé. Selon le collectif, conformément aux recommandations, 4828 agents de santé doivent être recrutés au titre des gestions 2019-2022, soit 1207 par an, et l’absorption de tous les contractuels en fin 2019. A ce jour, 1700 agents sur 4828 ont été recrutés, soit un taux de 35% de réalisation, par deux concours organisés en 2018 et 2020. « L’absorption de tous les contractuels initialement prévus pour 2019 n’a pas pu se faire, pire, leur taux d’absorption aux différents concours est insignifiant et ce, en dépit des promesses que vous avez faites après le concours de 2018 pour que les contractuels puissent être absorbés. En effet, nos statistiques pour le concours de 2020 révèlent qu’ils représentent environ le quart des admis. Nous avons suggéré à la session du CNDS, pour rester conforme aux recommandations en en tenant compte du contexte sanitaire, une liste additive pour atteindre les 1207 agents à recruter annuellement et voir plus », indique le collectif des syndicats du secteur de la santé dans sa correspondance au ministre Mijiyawa. Selon leurs précisions, le travail effectué par le ministère de la Santé dans le cadre de l’arrêté portant services de garde montre clairement un besoin en personnel d’au moins 900 agents uniquement dans les grands centres pour assurer un service minimum de sécurité et de qualité. « Nous espérons la liste additive d’au moins 504 agents avec 75% de contractuels pour absorber en priorité ceux qui seront concernés par la limite d’âge pour passer le concours de 2022, l’organisation d’un concours pour recruter le reste des agents, soit au moins 3128, la prise en compte des gardemalades et autres personnels d’appui et administratifs par le concours de recrutement, conformément à votre promesse », stipule la lettre. Le problème de primes fait également partie des urgences. La prime de risque de contagions, les primes de garde et d’astreinte au personnel de santé avec une différence entre les weekends, jours fériés et jours ouvrables devraient subir des relèvements qui prendraient effet à partir de 2022 et consacrer la période transitoire du passage à la fonction publique hospitalière. « A la session du 07 septembre 2021 du CNDS, le gouvernement a promis d’ouvrir avec les syndicats, un cadre de discussion à ce propos. Nous appelons à l’ouverture rapide de ce cadre, surtout que des situations de mauvaise gestion, de définition des primes, des astreintes et des ristournes agitent actuellement plusieurs formations sanitaires. La fonction publique hospitalière est aussi l’une des exigences des agents de santé. La pandémie de la Covid-19 a largement retardé les activités prévues à cet effet. Cependant, vu l’éclaircie actuelle sur le plan sanitaire, et vu la décision du gouvernement de procéder à la refonte du statut général de la fonction publique, le collectif des syndicats du secteur de la santé préconise que les missions d’imprégnation puissent rapidement se faire et la finalisation des documents nécessaires, comme le recommandait le groupe de travail. « La résolution de ces points en souffrance regroupés en ces trois axes est une urgence pour maintenir une certaine accalmie dans le secteur de la santé pour un développement durable. Cela confirmera le dialogue social comme voie de résolution des problèmes des travailleurs du secteur public comme privé », rappelle le collectif. Par ailleurs, dans le cadre de l’accès universel aux soins qui doit nécessairement être basé sur un bon système de santé avec de meilleures infrastructures sanitaires, le collectif des syndicats du secteur de la santé relève des points essentiels qui demeurent une préoccupation urgente pour les agents de santé. Il s’agit du renforcement du plateau technique à travers les dotations des trois CHU du Togo et du CHR Lomé Commune en scanner, les dotations des CHU Kara et Campus en appareils d’hémodialyse, la mise aux normes des trois CHU et six CHR pour mieux dérouler les projets WEZOU, CARMMA et d’assurance maladie universelle. Selon les informations parvenues à notre rédaction, la rencontre du 03 mai entre le ministre de la Santé et le collectif des syndicats du secteur de la santé, il s’est agi pour Pr Mijiyawa d’informer les agents de santé qu’il accuse réception de leur courrier du 30 mars et que les points évoqués par les syndicats dans la missive sont pertinents et à l’étude. Une rencontre élargie à d’autres membres du gouvernement aura lieu au moment opportun. Le collectif des syndicats du secteur de la santé a fait savoir au ministre Mijiyawa qu’une réponse précise est nécessaire dans un bref délai pour calmer la situation. Le collectif des syndicats du secteur de la santé est constitué de 08 syndicats, tous légalement constitués et reconnus.

La Nouvelle TRIBUNE / jeudi 05 mai 2022

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