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Alors que les circonstances dans lesquelles les marchés de Kara et de Lomé ont été incendies, sont jusqu’alors non élucidées et qu’à cet effet deux experts de la Police Scientifique française ont été dépêchés à Lomé ce vendredi, c’est dans la rue que l’opposition et le pouvoir de Lomé II, se livrent une bataille à distance. D’un coté, le Collectif Sauvons le Togo qui exigeait la libération de ses membres arrêtés dans le cadre des enquêtes menées sur les incendies des deux marchés et de l’autre le Collectif des Femmes pour une conscience Civique, se réclamant proche du pouvoir, qui pour apporter son soutien au président de la République.
 
Ce samedi, l’opposition togolaise réunie au sein du Collectif Sauvons le Togo (Cst) et du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC), a, au cours de sa marche hebdomadaire, dénoncé une machination ourdie par le pouvoir en place et qui a conduit à l’arrestation de certains responsables et militants de l’opposition. Messieurs Gérard Adja et Agbéyomé Kodjo, respectivement 1er vice président et président du parti politique OBUTS et Mme Suzanne Nukafu, une militante de l’ANC, ont en effet été interpellés et gardés à la Gendarmerie dans le cadre d’une enquête menée par le Service de Recherche et d’Investigation (SRI) au sujet des incendies qui ont ravagé le marché de Kara dans la nuit du mercredi 09 janvier et celui de Lomé deux jours plus tard. Une situation que déplorent et dénoncent les responsables du Cst qui crient à la machination et l’assimile à une volonté du pouvoir « de décapiter l’opposition ».
 
Partie de Bè Kpota, la marche a chuté à la Plage en face de l’Hôtel de la Paix, où s’est comme à l’accoutumée, tenu un meeting. Occasion, pour différents intervenants à l’instar de Me Jil-Benoît Afangbedji, de dénoncer un complot visant à affaiblir l’opposition. Pour lui, il n’y a aucun doute sur les auteurs et les commanditaires de ses « actes criminelles ». « A qui profite le crime ? Sûrement pas à l’opposition qui est soutenue de diverses manières par ces femmes, à qui on vient de réduire en cendres le travail de toute une vie ». Il en veut pour preuve de la complicité du pouvoir, le fait que les responsables de ces marchés ou ceux chargés de leur sécurité, n’aient pas été auditionnés, et que la première réaction des enquêteurs togolais fut d’interpeller des responsables de l’opposition.
 
Les responsables du Cst ont également fustigé les conditions dans lesquelles ces derniers ont été interpellés. La levée au pied levé de l’immunité de M. Agbéyomé Kodjo, ancien président de l’Assemblée Nationale Togolaise par des députés « pris en otage », est pour lui une autre preuve de la préméditation des faits par un régime « obnubilé par la conservation du pouvoir ». Aussi exigent-ils la libération immédiate et sans conditions des personnes interpellées et en appellent à la mobilisation des populations togolaises qui devront « massivement répondre aux manifestations prévues dans les prochains jours à cet effet ».
 
Dans le même temps, le Collectif des Femmes pour une Conscience Civique, s’est également mobilisé à travers une marche, pour apporter son soutien au chef de l’Etat et au gouvernement togolais. « Cette marche est l’expression du soutien au président Faure Gnassingbé qui, dans ces moments difficiles que traversent les femmes du Togo, a su leur apporter consolation et soulagement » a expliqué une responsable de ce collectif.
 
Autant dire qu’au sein de l’opinion, les avis divergent et que les supputations continuent d’aller bon train et que seules des enquêtes menées avec le plus grand sérieux pourront situer les responsabilités pour qu’enfin le Togo tourne cette page qui exacerbe encore la crise sociopolitique qui y prévaut.
 
L’équipe de Koaci au Togo
 

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