Togo : Il y a 80 ans, Moorhouse Amavi Tuli Apédo-Amah créait la « kantata togolaise »
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En 1934, il se passa un évènement culturel qui laissa des traces dans le patrimoine culturel togolais. Au niveau des églises évangéliques protestantes, l’église de Kéta, en Gold Coast, l’actuel Ghana, dans le cadre des bons rapports qui existaient entre elle et l’église évangélique protestante de la Plage dite Ahuegame de Lomé, vint donner pour la première fois au Togo une représentation de kantata. Cette troupe de théâtre était composée des membres du chœur de cette église dirigée par le pasteur Baëta, le dramaturge et metteur en scène.
Qu’est-ce que la kantata classique, originelle ? Il s’agit d’une esthétique théâtrale inspirée de la cantata anglaise qui est un mélange de dramaturgie et de chants d’inspiration chrétienne. La kantata ghanéo-togolaise est un théâtre basé sur des épisodes de la Bible et dont les dialogues sont entièrement chantés. On n’y parle pas. La chorégraphie et les chants font partie de l’esthétique.
La représentation de la troupe du pasteur Baëta rencontra un grand succès au sein de la paroisse d’Ahuegame où eut lieu le spectacle.
Moorhouse Amavi Tuli Apédo-Amah, qui était tombé sous le charme de cette esthétique théâtrale nouvelle, prit sur lui de relever le défi. En sa qualité de musicien organiste et de chef de choeur de sa paroisse, il composa, en 1943, la première kantata togolaise sous le nom de Le Mariage d’Isaac et Rébecca. Le succès
De nos jours, il existe une kantata que Moorhouse Apédo-Amah qualifiait de bâtarde, de corrompue parce qu’on y parle au lieu de chanter en dehors des choeurs. Cette version de la kantata, je l’appelle la kantata populaire.
La difficulté du genre, c’est que le dramaturge doit être en même temps musicien, ce qui n’est pas évident. Il doit, pour ce faire, écrire une partition musicale pour les solos et le choeur.
Au bout de quatre-vingts années d’existence, la kantata n’a pas pu se renouveler faute d’une véritable succession au niveau d’une nouvelle génération de créateurs. La kantata populaire a beaucoup copié le concert-party, le théâtre populaire togolais. Mais son avenir trouvera une autre voie esthétique en quittant les paroisses chrétiennes pour s’ouvrir au grand public et surtout aux dramaturges et metteurs en scène laïcs de plus en plus nombreux et talentueux au Togo.
Moorhouse Amavi Tuli Apédo-Amah est décédé en 1988 à l’âge de 77 ans.
Ayayi Togoata APÉDO-AMAH