ahoumey_zunu


A l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication où le monde est devenu un village planétaire, plus personne ne peut cacher à la face du monde ce qui arrive réellement au Togo. Cette réalité, certains au sein du régime rétrograde et anachronique du RPT/UNIR l’ignorent royalement et continuent de fonder leurs actions sur le
mensonge, les montages grotesques, le dilatoire, bref, le refus d’engager le pays sur la voie d’une démocratie véritable avec la possibilité pour les citoyens de faire le choix de leur dirigeants en toute liberté et transparence.


Faure Gnassingbé, celui qui a été présenté comme un dirigeant moderne, n’a pas trop perdu du temps pour exhumer les vieilles méthodes de son défunt père.

Depuis août 2006, par des manœuvres dilatoires avec la complicité de certains opposants frelatés, il a tout fait pour repousser ad vitam aeternam les réformes préconisées par l’APG. C’est dans cette logique que le Prince s’active à changer de Premiers ministres pour gagner du temps. D’août 2006 à ce jour, Faure Gnassingbé a eu recours aux services de quatre Premiers ministres et remanié plus d’une dizaine de fois son gouvernement. En nommant au mois de juillet dernier le transfuge de la CCP Ahoomey-Zunu à la place de Gilbert Fossoun Houngbo, le technocrate du PNUD qui s’est embourbé dans les «togolaiseries», plusieurs observateurs avaient conclu à un choix de l’impasse. Dans un pays profondément en crise avec un président quasi inexistant, il fallait un chef de gouvernement d’une certaine compétence et d’une carrure pour relever les défis. Or, il se trouve que l’ancien tribun de la CPP reconverti aux méthodes du RPT/UNIR n’avait ni les compétences, encore moins un agenda fourni pour faire face à la situation.

Mais en prenant les rênes du gouvernement avec le retour en grâce d’un certain Gilbert Bawara après avoir manœuvré à la chute de Gilbert Houngbo, Pascal Bodjona et autres, ces messieurs ont rassuré Faure Gnassingbé qu’ils avaient les moyens et les relations nécessaires pour organiser dans un bref délai les élections législatives sans les reformes, afin d’assurer au nouveau parti UNIR une majorité frauduleuse à la prochaine Assemblée nationale. C’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artisan, dit-on.

Cela fait déjà huit mois qu’Arthème Ahoomey-Zunu et son compère Gilbert Bawara sont aux affaires, mais visiblement, à part leur suffisance et le mépris affiché aux opposants, particulièrement ceux regroupés au sein du CST, rien de positif n’a été fait pour améliorer le sort de leur mentor. Au contraire le régime s’enfonce chaque jour dans les dérives sur fond d’une paranoïa indescriptible. Le seul résultat à mettre à leur actif est la mise sur pied d’une CENI bancale qui continue d’entretenir l’illusion de l’organisation des prochaines élections.

Le sieur Gilbert Bawara, après sa sortie tonitruante et sentencieuse contre les responsables du CST qui prévoyaient les marches du 11, 12 et 13 janvier baptisées «les derniers tours de Jéricho», s’est mystérieusement muré dans un silence sépulcral depuis la vague des incendies. Un silence des plus étonnants en ce moment.

Quant à Ahoomey-Zunu qui tient vaille que vaille la barre, il faut tout de même qu’il organise les élections pour ne pas se retrouver en porte à faux avec son patron. Les caisses de l’Etat étant vides pendant que les poches des gouvernants sont pleines, le premier des ministres du gouvernement Faure Gnassingbé a décidé d’aller voir du côté de l’UE pour le financement des élections. C’est dans cette optique qu’il a récemment sillonné certaines capitales européennes. A voir de près les images, tout avait l’air d’une visite improvisée. A Bruxelles, au cœur de l’UE, le Premier ministre togolais n’a eu pour interlocuteur que de petits fonctionnaires de la Commission. En Allemagne, il a rencontré des Vice-ministres, des sous ministres et des responsables de région. A Paris, c’est lui qui s’est déplacé au Quai d’Orsay pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius, encore que là, il y avait au moins une centaine d’amis de Loik Le Floch-Prigent qui sont venus lui rappeler bruyamment les pourritures de la justice togolaise. Durant ce séjour, l’homme a profité de l’occasion pour convaincre certains de ses interlocuteurs que le CST est à l’origine des incendies, histoire de faire passer Zeus Ajavon et ses compères pour des militants de Boko Haram version Togo.

De retour, on nous fait croire à travers des reportages que la villégiature du Premier ministre en Europe a été un succès sans précédent et que les partenaires ont promis accompagner le gouvernement dans sa logique d’organiser de manière unilatérale les prochaines législatives. Assez convaincant pour que certains porte-voix du régime qui ne réfléchissent que par leur ventre, se mettent en transe à travers les débats pour demander au gouvernement d’accélérer le processus électoral sans les réformes. Et pourtant juste après le séjour en Allemagne, le service de presse du ministère allemand des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel Berlin insistait sur la nécessité des élections libres, transparentes et crédibles au Togo.
N’ayant obtenu aucune promesse ferme d’accompagnement du processus auprès de ses interlocuteurs, à son retour au pays, la fameuse CENI a commencé par faire circuler l’idée d’un report du scrutin.

Nous en étions là lorsqu’en début de semaine, les vrais décideurs de Bruxelles, ceux-là qui n’ont pas eu le temps de rencontrer le Premier ministre togolais, ont rendu publique une lettre en réponse à la saisine de plusieurs organisations dans laquelle Nicholas WESTCOTT, Directeur général Département Afrique, au nom de Catherine ASHTON, déclare: «l’Union Européenne (UE) considère très important que les prochaines élections législatives soient crédibles, transparentes, conformes aux recommandations émises par les Missions d’Observation Electorale (MOE) de l’UE et fondées sur un large consensus national. Ceci est fondamental pour assurer la stabilité et la consolidation démocratique du pays.

A cette fin, «l’UE appelle le gouvernement, l’opposition et l’ensemble des forces politiques à s’engager véritablement dans la relance d’un dialogue politique national et à contribuer à l’établissement du climat d’apaisement nécessaire», avant de poursuivre: «Je peux vous assurer que l’impératif d’un dialogue ouvert et inclusif, de la mise en œuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et du respect des droits de l’Homme est à l’agenda de nos rencontres régulières avec les autorités nationales.

«Tout appui financier direct de l’UE au processus électoral dépendra de l’existence d’un accord politique élargi et à la mise en œuvre des réformes électorales dans l’esprit des recommandations des Missions d’Observation Electorale de 2007 et 2010, en particulier en ce qui concerne le réaménagement du découpage électoral». Assez cinglant comme désaveu pour un Premier ministre qui vient à peine de rentrer d’une mission eu Europe. Alors qui le Premier ministre Ahoomey-Zunu a-t-il rencontré à la Commission de l’UE? Des plantons et des archivistes ou les vrais décideurs qui viennent de rendre publique cette lettre?

Selon certaines indiscrétions, en marge de sa visite pour quémander des moyens à Bruxelles, le Premier ministre Ahoomey-Zunu a organisé une grande réception non loin du Métro Lacroix où le champagne a coulé à flots à la grande surprise de certains Européens. Et pendant qu’on sautait le champagne à Bruxelles, le front social était en ébullition au pays et les femmes victimes des incendies ne savaient à quel saint se vouer. La chaîne de télévision africaine «VOX Africa» a obtenue un cachet spécial pour couvrir cette visite. A la fin, rien de sérieux n’a été diffusé. Ce coup de massue de l’UE qui constitue en soi un désaveu pour certains diplomates à Lomé, ramène Faure Gnassingbé et son Premier ministre à la dure réalité des réformes constitutionnelles et institutionnelles dont ils tentent désespérément de se dérober. A l’école de la démocratie, le Togo reste et demeure le cancre de la classe, avec des pratiques de gouvernance qui remontent au moyen-âge. Même la présence du Togo au Conseil de Sécurité et les différentes missions de paix auxquelles participent les éléments des FAT ne constituent plus une soupape de sécurité pour le pouvoir en place. Au sein de certaines officines, la situation de non droit au Togo est assez bien préoccupante et intenable. Ceux qui incarnent l’autorité de l’Etat ne sont plus visiblement à la hauteur de leurs tâches.

Aux dernières nouvelles, le gouvernement Ahoomey-Zunu serait en instance de dissolution en vue de la formation d’une nouvelle équipe dite dynamique. Un nouveau saupoudrage qui ne règlera en rien la crise profonde que traverse le pays.

Cela fait trois semaines que le Togo n’a plus de ministre des Mines et de l’Energie, et bientôt un mois qu’il n’y a plus eu de conseil des ministres. La situation actuelle, selon un observateur, semble aller dans tous les sens, et nul ne sait ce que les jours à venir nous réservent. Du côté de Berlin, Paris et Bruxelles, on semble désormais aborder le cas togolais avec une forte préoccupation. Ce qui n’augure rien de bon pour les prédateurs de la démocratie dont certains soutiennent l’idée d’organiser les législatives sans le soutien de l’UE. Un véritable saut dans l’inconnu pour un pays sous perfusion internationale.
 
Ferdi-Nando, L’Alternative
 
 

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