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L’Union pour la République (UNIR, parti au pouvoir au Togo) n’a pas du tout apprécié la prise de position du Parti socialiste français dans le dossier togolais et tient à le faire savoir à celui-ci.
Le PS, dans une lettre en date du 13 février adressée aux autorités togolaises, avait demandé la « libération immédiate » des opposants interpellés dans le cadre du dossier d’incendie des marchés du pays.
 
Dans ledit courrier, le Parti socialiste relevait ce qu’il appelle « l’arbitraire manifeste de ces arrestations qui visent essentiellement les personnalités du Collectif « Sauvons le Togo » et d’autres membres de l’opposition. En plus, le parti auquel est issu François Hollande, ira plus loin pour demander ouvertement aux autorités togolaises, la « libération immédiate » des personnes arrêtées.
 
Pour finir, le parti au pouvoir en France a exprimé publiquement sa « solidarité avec tous les Togolais démocrates et issus de la société civile en lutte pour la démocratie, contre la mauvaise gouvernance et l’impunité au Togo et appelé les autorités togolaises à permettre la « relance d’un dialogue politique sincère et inclusif, et à mettre en œuvre d’urgence les recommandations des Missions d’observations de l’Union européenne en faveur d’une réforme électorale pour le prochain scrutin législatif ».
 
Les termes de cette sortie médiatique ont du mal à passer auprès des responsables de l’autre parti au pouvoir au Togo. L’UNIR apprécie modérément les termes de ce courrier et a tenu à son tour à le faire savoir par un communiqué rendu public le 14 février dernier, communiqué dans lequel la formation présidée par Faure Gnassingbé reproche au PS de s’« immiscer dans des affaires judiciaires en cours d’instruction au Togo à travers des prises de position hasardeuses », qui ne peuvent, dit l’UNIR, « s’expliquer que par le parti pris aveugle ou la méconnaissance totale des réalités togolaises ». « Cette intrusion regrettable dans le déroulement de la procédure judiciaire engagée suite à la vague des incendies criminels enregistrés par le Togo aurait été tolérable si le communiqué du Parti socialiste français avait tenu compte, un tant soit peu, des premiers éléments recueillis par les enquêteurs, après plusieurs semaines d’investigation », relève le Premier Vice-président de l’UNIR, Georges Kwawu AIDAM.
 
Pour ce parti né le 14 avril 2012 à Atakpamé (130 km au nord de Lomé) suite à la dissolution du Rassemblement du peuple togolais (RPT), il est en « inadmissible » que le Parti socialiste français évoque des arrestations arbitraires et parle de « démocratie bafouée » alors que toutes les « procédures prévues par les textes en vigueur ont été respectées aussi bien lors de l’interpellation et de la garde à vue, qu’à l’occasion de l’inculpation des personnes mises en cause ».
 
Sur la question de l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition, l’UNIR se fait encore plus incisive dans sa réaction et invite le PS à procéder à une lecture plus « objective des difficultés rencontrées par le dialogue politique au Togo ». « Le PS français se trompe dangereusement de cible quand il « appelle les autorités togolaises à permettre la relance d’un dialogue politique sincère et inclusif », alors qu’il est connu de tous les observateurs avisés de la vie politique togolaise, que les difficultés qui ont émaillé le processus de dialogue sont le fait des formations politiques dites radicales qui par pure tactique politicienne et au péril de l’intérêt national, ont opté pour les marches, les manifestations de rue et d’autres formes de lutte, en lieu et place d’un dialogue serein et constructif. En témoigne la dernière session du dialogue du 13 septembre 2012, au cours de laquelle, les représentants du collectif sauvons le Togo, se sont illustrés négativement, en quittant la salle dès l’ouverture des travaux, non sans avoir lu des déclarations préparées à l’avance », souligne dans ce communiqué le Bureau politique du parti successeur du Rassemblement du peuple togolais (RPT).
 
Pour finir, l’UNIR dit encourager les autorités judiciaires du Togo à « poursuivre dans la sérénité les investigations afin de faire toute la lumière sur la vague des incendies criminels qui ont été perpétrés en début d’année contre les grands marchés du Togo » et exhorte le gouvernement à « garder le cap », afin dit-elle, que « les efforts qu’il déploie dans tous les domaines pour promouvoir le dialogue et la concertation débouchent sur la tenue d’élections libres et transparentes au Togo dans un climat consensuel et apaisé ».
 
Photo montage de Georges Aidam et du logo de l’UNIR. (© Flambeau des Démocrates)
 
Olivier A.
 
afreepress
 
 

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