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Promotion des investissements et du tourisme, c’est l’un des défis majeurs que le pouvoir togolais claironne vouloir relever. Mais rien ne semble être fait pour préserver l’existant et rassurer ceux qui ont déjà investi dans le pays. Le Belge Guy Van Der Auwera, promoteur du luxueux cadre dénommé « Bethania » non loin d’ Avétonou dans l’Agou l’apprend à ses dépens. Il se dit victime, depuis 2011, d’actes d’injustice et de trafic d’influence de la part des fils héritiers de feu Hunlede, décidés à compromettre ses activités. Sous le regard complice des autorités.

Guy Van der Auwera, l’investisseur étranger qui assure la promotion de l’espace reposant, luxueux et ambitieux dénommé « Bethania » a de gros ennuis. En réalité, il se trouve être la proie (facile ?) des héritiers de feu Hunlede, ancien ministre togolais. Injustice monstre, trafic d’influence, voilà le lot de problèmes auxquels il fait face au quotidien dans ses activités sur le site, de la part de ces derniers.

Genèse du conflit

Les premiers contacts entre l’homme d’affaires et la famille Hunlede remontent à 1998, à en croire ses propres révélations. Contacts qui présageaient d’ores et déjà de relations tumultueuses, dans la mesure où Michel Hunlede, le fils aîné avait prétendu être titulaire du titre d’administrateur des biens. Un titre légal dont seule leur maman était investie en réalité.

En 2011, les contacts ont été renoués et étaient presque sur le point d’aboutir lorsque le trublion s’invita dans les négociations et faillit les faire capoter. Qu’à cela ne tienne, il a convoqué par devant le Procureur de la République, sa maman, le Belge et autres. Mais il y subira son tout premier revers. Il s’entendra dire que seule leur maman pouvait négocier et signer le contrat. En février 2011, le contrat fut signé et enregistré au tribunal et à la mairie par les soins de l’investisseur belge, visiblement plus diligent. Il s’agit d’un contrat d’exploitation pendant quatorze ans avec option de vente du domaine. Mais toutes ces mesures prudentielles n’ont pas pu avoir raison de la mauvaise foi caractérisée des enfants de Hunlede. Michel Hunlede jurerait « par tous les Saints », disons plutôt devant Dieu n’avoir jamais apposé sa signature sous le contrat. Et dirait à qui voudrait l’entendre, que l’investisseur a fait du faux en écriture et volé son passeport. Prétextant que l’investisseur est un faussaire, il l’a convoqué devant le Commandant de Brigade, au moyen d’une plainte. Cependant le dossier sera classé sans suite, puisqu’après cette convocation, plus rien n’a été dit sur le sujet. Mais non content d’avoir fait preuve d’une telle attitude, il opte pour une autre stratégie de nuisance, nous apprend le promoteur de « Bethania ».

Coupures d’électricité et actes de vandalisme

Selon les témoignages de M. Guy Van der Auwera, Michel Hunlede aurait négocié avec la CEET afin qu’elle prive la société d’électricité. Il s’en serait même vanté devant certaines personnes et non des moindres. A quel titre aurait-il pu faire cela ? Mystère. Quant à Guy Hunlede, l’autre fils qui est pasteur, il aurait rallié à sa cause, des fidèles de l’église où il officie et ensemble, ils auraient pressé le personnel de rendre les clefs du domaine.

Mais dans un référé, le pasteur a été condamné à rendre les clefs à la justice. Ordonnance à laquelle

Il s’est finalement soumis, mais non sans résistance. La suite ne sera pas pour le Belge, un long fleuve tranquille. Des violences physiques et verbales ont été exercées sur ses employés, peste-t-il. Dans ces conditions, c’était la porte ouverte au vol, au pillage, à la filouterie, etc. Mais l’homme n’était pas encore au bout de ses peines. Des animaux appartenant au domaine auraient été abattus, des arbres fruitiers détruits, la piscine de l’auberge bradée aux enfants, moyennant 200 FCFA. Lui-même subirait des menaces au quotidien. Même les plaintes qu’il a déposées devant les autorités tant judiciaires qu’administratives n’y changeront rien. Car, déplore-t-il, dans ce dossier, les fils de Hunlede se comportent comme les seigneurs du milieu et semblent se targuer d’avoir des relations avec des hommes haut perchées. Lesquels, à y regarder de plus près, leur assurent une impunité.

La complicité notoire des autorités

De sources proches du dossier, le promoteur de Bethania aurait introduit plusieurs plaintes auprès du tribunal d’Agou, de la Gendarmerie d’Avétonou et d’Amoussoukopé. Mais le dossier ne semble pas avoir évolué d’un iota. M. Guy Van der Auwera dénonce la complicité des autorités, lesquelles remueraient ciel et terre pour faire obstruction à la justice. Parfois même, la Gendarmerie refuserait d’enregistrer ses plaintes, sous des motifs qui dépasseraient l’entendement humain.

A ce jour, seules deux plaintes sur les vingt-trois qu’il a introduites sont prises en compte. L’une d’elles passera en audience publique devant le tribunal d’Agou le 10 avril prochain. Le Belge exige que justice lui soit rendue. « Je ne vois pas pourquoi un étranger ou même un Togolais doit être la victime des agissements des gens qui se targuent d’avoir l’onction de ce régime ?», peste-t-il. Pertes subies depuis neuf mois où il y a eu cessation des activités de Bethania, vol, escroquerie, filouterie, actes de vandalisme perpétrés contre ses intérêts chiffrés à 100.000000 FCFA, le total de ses investissements estimés à 300 ou 400.000.000 FCFA, bref une réparation chiffrée à des milliards FCFA, voilà ce que réclame le promoteur de Bethania. Mais sans grande conviction d’obtenir gain de cause, vu l’influence accrue des héritiers de feu Hunlede et de leurs relations sur les juges et officiers de police judiciaire.Diplomates, politiciens, ministres influents ont été mis au fait des misères faites au Belge et interpellés. Mais que nenni.

Ce statu quo qui perdure dans ce dossier en dépit des démarches entreprises met hors de lui le promoteur touristique, qui finit par lâcher : « Si j’ai tort, que je sois condamné. En revanche si j’ai raison, que justice me soit faite ». « Même si je n’ai pas payé les loyers, comment des individus qui n’ont aucun titre peuvent-ils résilier un contrat signé honnêtement et continuer de me menacer physiquement et verbalement ?», s’interroge-t-il. « Je n’ai jamais payé 1F à maman Hunlede, certes. Mais ce qu’oublie de dire Michel Hunlede, c’est qu’il a touché environ 5 millions FCFA de moi, que le pasteur a touché 2 millions FCFA et que leur maman a repris ça pour la caution du loyer ; ce qui couvre environ deux ans », explique le Belge. Et de continuer : « Pour la facture, nous avions avec la CEET et la femme de Hunlede un accord écrit au terme duquel nous reprenions les dettes de Hunlede, que nous avions le document de mutation et l’échéancier selon lequel on devait payer. Donc légalement, entre nous et la CEET, il n’y a pas de problème. D’ailleurs veuve Hunlede, administratrice des biens ne nous a jamais rien réclamé au titre des factures ».

Promotion des investissements étrangers, dites-vous ? En dépit des opérations de charme du pouvoir togolais pour attirer des investisseurs étrangers, il y a fort à redouter que des expériences aussi amères vécues par les expatriés qui investissent déjà ici ne fassent une mauvaise publicité pour la destination Togo. Quel investisseur ne se préoccupe-t-il pas des conditions susceptibles de garantir un climat propice à ses investissements ? Ou encore de la sécurité juridique et judiciaire de ses affaires ?
Magnanus FREEMAN

liberté togo

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