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Le capitaine de l’équipe des Eperviers se livre au lendemain de la qualification historique du Togo en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), Afrique du Sud, 2013. Lire l’entretien accordé à Herve Johnson, assistant du directeur de la communication de la Fédération togolaise de football (FTF).
 
Hervé A. : Au lendemain d’une performance aussi extraordinaire, comment vous sentez-vous ?
 
Shéyi Adébayor : Vous savez la fatigue est toujours là, mais c’est normal vu qu’on a bien savouré la victoire. Maintenant on va penser à la récupération parce que ç’a été un match difficile, mentalement, moralement et physiquement. On a tout laissé sur le terrain. Dieu aussi a été de notre côté, on s’est qualifié certes difficilement, mais c’était historique et impressionnant.
 
J’espère maintenant que le match des quarts sera plus facile que les matchs de groupe. On est à 90 minutes d’un truc extraordinaire, une demi-finale de CAN donc on va se concentrer là-dessus. On va aller chercher cette finale. Ce qui me fait le plus plaisir c’est que tous les joueurs se sentent concernés. Ils prennent plaisir à se concentrer pour faire quelque chose d’extraordinaire pour le Togo et c’est ce qui compte.
 
Hervé A. : En parlant de probable finale, il faut déjà passer les quarts et il y a le Burkina Faso sur le chemin…
 
Shéyi Adébayor : C’est sûr et certain que ça va être un match difficile. Il n’y a pas de match facile dans cette CAN. On a vu les qualités du Burkina Faso après son match nul contre le Nigéria. Ils ont corrigé l’Éthiopie 4-0 et enfin ils ont réalisé un gros match contre la Zambie. Ils ont des joueurs de qualité qu’on connait bien, mais nous aussi on est super motivés. Alain Traoré est blessé, mais il y a encore d’autres joueurs dangereux chez les Étalons. On connaît aussi nos qualités.
 
Écoutez, tout le monde m’a dit qu’on allait s’arrêter après les trois matchs de poule et là aujourd’hui on a encore un match de plus. C’est beau pour moi et extraordinaire pour mes coéquipiers. On veut faire quelque chose pour le Togo et je sens que ça se profile à l’horizon.
 
Hervé A. : L’ambition grandit pour Adebayor ?
 
Vous savez moi j’ai toujours été ambitieux dans ma carrière. Quand je gagne un truc, je veux encore le gagner demain. Alors aujourd’hui on est en quarts, mais je ne peux pas me satisfaire de cela. Rappelez-vous après la qualification contre le Gabon à Lomé, j’ai dit que je voulais aller à la CAN pour la gagner, alors si vous voulez connaitre mes ambitions : c’est décrocher la Coupe. Ne me parlez pas de m’arrêter en quarts ou en demies.
 
Hervé A. : Vous savez que Lomé est en ébullition et attend encore plus de vous. C’est une pression supplémentaire ?
 
Shéyi Adébayor : Chaque jour est une pression sur les épaules d’un footballeur, mais quand on est bien dans sa tête c’est clair qu’on arrive facilement à évacuer. Pour les supporteurs, c’est clair qu’on a des échos, mais moi personnellement je n’appelle personne à Lomé. Je veux juste me concentrer sur mon travail et le faire, bien après on verra. Malheureusement je sais comment les Togolais s’expriment quand ils sont contents. J’étais dedans lorsqu’en 1998, Kader Coubadja a marqué contre le Ghana à la CAN (victoire 2-1). On était sorti dans les rues, il y a eu des morts. Aujourd’hui, j’entends encore ces genres de trucs, mais je veux leur demander un seul truc : pardon ne vous tuez pas ! On a encore besoin de vous, vos familles ont besoin de vous et c’est très important. Je peux comprendre leur joie après une qualification aussi historique, mais de grâce, réjouissez-vous sagement.
 
Propos recueillis par Hervé Johnson.


photo : ftftogo.com


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