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“Pour me résumer, je lui ai dit: “Beaucoup d’écrivains, même parmi les grands lecteurs, sont de moins en moins cultivés, car dans la mesure où ils n’ont plus une exigence d’un certain encyclopédisme, ils ne lisent pas tous les genres, par exemple, ils liraient plus volontiers des romans, mais pas ou peu de poésie, de pièces de théâtre, d’essais, ils ont non pas une culture générale mais une certaine culture en littérature, ils ne lisent pas des textes en philosophie, en psychologie, en sociologie, des textes de vulgarisation scientifique, des textes techniques… Ils n’ont pas à proprement parler une culture générale incluant la musique, l’art, le cinéma…
L’on comprendrait, à partir de cette carence générale que j’appellerais culture spécialisée, étriquée, la profusion presque dégoûtante de textes d’une grande pauvreté philosophique, des romans qui sont de
moins en moins un espace de savoir, réduits donc à des petites histoires, à des récits banals souvent très au ras du ventre, des fesses, de la peau de la famille, des textes qui ne s’aventurent pas du tout vers l’ombre tapie au fond de l’humain, cette ombre qui n’est pas synonyme de fange éthique, mais le lieu mystérieux de toutes les luttes intérieures, là où toutes les nuances du cœur, de l’esprit, de la chair et de l’âme se composent en un ensemble inextricable. La culture dont nous nous vantons est superficielle, couleurs volatiles de caméléon. Ainsi, plus d’imposture que d’exigence, plus de fabriques que de créations, plus de vernis qu’un fond troublant, avec des personnages sans réelle densité, qui souffrent, en héritiers malgré eux, de la pauvreté spirituelle de l’auteur lui-même”.Sami Tchak.