Par Luc Abaki
L’idée que je m’apprête à développer à l’instant ne tend absolument pas à remettre en cause les bienfaits de la gratitude, car je connais la valeur de la gratitude qui est une vertu essentielle dans la vie de tout leader ou du moins, de tous ceux qui veulent s’enrôler dans l’armée des hommes et femmes d’action et de vision.

Je veux simplement établir un distinguo entre un cadeau qui est un acte gracieux de générosité destiné à faire plaisir à autrui, et une mission que l’on confie à quelqu’un dont le but est de recueillir au bout, un résultat bien précis.

Un cadeau est généralement personnel, privé et l’on peut le faire à qui l’on veut si tant est que le cœur vous le dit, sans être obligé de rendre compte ou même attendre du bénéficiaire un retour quelconque, à part peut-être, l’expression de sa joie ou de sa reconnaissance éventuelle pour le geste ainsi gracieusement fait à son égard.

En revanche, une mission induit forcément un devoir, celui de l’action et de l’exécution, puis du compte rendu et de l’évaluation. La mission en effet, est une charge que l’on confie à autrui du fait des qualités et atouts que ce dernier incarne en vue de réaliser un but donné qui ne profite pas seulement à celui qui nomme, mais aussi aux autres. Elle implique forcément la notion de mérite.

C’est justement sous ce prisme de mission que je perçois ce que nous appelons généralement une nomination. Ainsi, la nomination pour être efficace, exige une évaluation objective des qualités, des compétences et aptitudes de celui à qui l’on veut confier une responsabilité, que ce soit dans une entreprise ou dans la gestion des affaires d’un Etat. C’est en réalité une portion de pouvoir qui est déléguée à celui qui bénéficie d’une décision de nomination.

Du coup, le devoir du nommé n’est pas de se confondre indéfiniment en courbettes, en éloges, en dithyrambes et sempiternelles expressions de reconnaissance et de gratitude à l’égard de celui qui nomme. Il n’est non plus dans une forme puérile d’attentisme béat visant à toujours recevoir des instructions que l’on exécute mécaniquement sans aucun sens d’initiative.

Il est précisément dans l’œuvre que le nommé va audacieusement accomplir jour après jour, pour se montrer à la hauteur des attentes de tous ceux qui trouvent bénéfices dans l’exécution de la mission à lui confiée.

Dans ce cas précis, la seule manière de remercier pour une telle nomination, est d’agir en vue de comptabiliser des résultats tangibles qui feront non seulement la fierté du nommé, mais aussi, celle de celui qui lui a donné cette opportunité de faire valoir ce dont il est capable à ce poste de direction.

Pris sous cet angle, je perçois mal comment une nomination peut reposer exclusivement sur un devoir de reconnaissance vis-à-vis d’une personne qui aurait contribué par son zèle à élire un chef par exemple, tout comme je m’irrite au constat que l’on puisse se rendre coupable de népotisme dans la gestion des affaires de l’Etat.

Il me semble que c’est ce genre de pratiques qui créent la confusion et tuent la culture de l’efficacité et de la performance précisément dans l’exercice des postes de responsabilité. Ce faisant, l’on finit par observer une forme de complaisance qui enrhume l’appareil de l’Etat et éclot plus de griots que de vrais hommes et femmes d’action capables de s’affirmer par leur fertilité d’esprit et leur efficacité sur le terrain.

Conséquence, les capacités des gens se limitent à cet exercice qui consiste à expédier quotidiennement les affaires courantes de l’Etat, à assurer les salaires mensuels des fonctionnaires à partir de ce que ceux-ci génèrent eux-mêmes, à représenter le pays à l’extérieur et à parler en son nom partout où besoin est, sans pour autant disposer de cette énergie vitale et déterminante qui permet d’impulser une dynamique véritable de développement du pays.

Si ce genre de maladresses ne sont pas corrigées et totalement extirpées des habitudes des hommes et femmes de direction dans nos pays, le rêve d’un devenir collectif meilleur ne restera qu’un leurre.

Il me parait quasi impossible d’envisager assoir les socles d’un développement endogène effectif, sans un minimum de rigueur et sans un sens parfait de l’État. Car ce style de gestion se limitant à des activités courantes et routinières, loin de doper l’esprit humain, l’inhibe plutôt dans un immobilisme et une torpeur absolument compromettante.

Aucun pays au monde n’a encore réussi ce pari de marquer la différence avec ce genre de lourdeurs parfaitement incompatibles avec les principes du développement et de l’épanouissement des peuples.

Ceci est d’autant plus vrai que le service public n’est pas un gâteau dont les portions servent de cadeaux entre copains, coquins et catins ! Son exercice exige plus de noblesse, de droiture et de mérite….

L’orque vous faites l’objet d’une nomination, vous ne venez pas ainsi de recevoir un cadeau gracieux, mais bien une mission qui sollicite de vous, un déploiement complet de votre être en vue d’un résultat satisfaisant pour tout le monde à la fois.

Messieurs les ministres en gestation au Togo, merci d’en tenir compte pour le salut du pays et de l’ensemble de son peuple.

source : Par Luc Abaki

1 COMMENTAIRE

  1. Il faut que le pays existe, il faut que les institutions existent réellement pour raconter toute cette histoire. Cessez de pensez le gnassingbeland actuel comme un État normal.
    Vous faites une analyse objective sur une réalité qui existe réellement: le Togo n’existe pas …. Depuis que la clique à gnassingbe s’est accaparé du pouvoir toute nomination n’est qu’un gâteau du chef, une simple figuration sans réel pouvoir.
    On devrait revenir à la normalité avec la transition de Koffigoh; justement Pourquoi le farfelu général ne voulait pas d’une SITUATION NORMALE , le pourquoi la transition a été arrêtée .
    La solution du problème Togolais passe nécessairement par le retour à cette transition pour l’achever et recréer le Togo avec les institutions fortes et non des hommes faures( forts) farfelus.Le chef de la clique est un voyou criminel, tous les premiers ou derniers ministres avec leurs acolytes ne sont que de petits envoyés léchés cul, mendiants, pauvres sans aucune éducation morale qui ne cherchent qu’à devenir coûte et coûte quelque chose et profiter ce cette position pour aussi voler les biens publics…. Moi j’ai connu le ridicule Ahoume zoulou, ou encore un certain Kokou Tozoun, ils allaient à motto, mais en quelques mois seulement qu’ils ont eu un petit poste ils sont devenus aussi tout puissants que tout riches…..on voit en Europe les ministres qui vivent toute leur vie sans avoir tout ce que ces mendiants profiteurs ont en un petit temps .
    Toute compte fait certainement une nomination pour remerciement aux services privés rendus; et elle ne ferait rien de potable; d’ailleurs n’a aucun réel pouvoir: tout n’est que folklore.

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