C’est une information révélée par  les chefs traditionnels du grand Kpomé aux leaders d’opinion du milieu sur le projet d’expropriation des terres du canton de Kpomé dans la préfecture de Zio qui a suscité colère et indignation des populations de la localité au point de mettre le feu aux poudres. Dans la foulée, laissant cours à son ras-le-bol, une marche de protestation a été improvisée par la population de Kpomé.

Le 19 septembre 2020, au cours d’une réunion, les chefs traditionnels du grand Kpomé informe la population, à travers ses représentants d’un projet d’expropriation d’environ 716 hectares. La population de Kpomé qui n’est pas totalement remise de la dernière expropriation phosphatière des années 1970 et qui ne veut plus revivre les affres de l’expropriation n’a pas  caché son exaspération. Elle l’a manifesté  samedi dernier.

Vieux, jeunes, femmes, enfants tous étaient au rendez-vous ce samedi à la grande place du canton. Un seul mot de ralliement : « nous ne voulons pas d’expropriation ! ».

Pour Kokouvi AVOGNO, conseiller municipal de Zio 1 et natif du milieu, cette expropriation ne passe pas. « La plupart de nos domaines a été occupée par la SNPT (NDLR : la Société Nouvelle des phosphates du Togo) et l’Etat n’a pas pris soin d’embaucher les jeunes du milieu dans la société. Ils ne nous laissent que les montagnes artificielles et les creux (NDLR : accumulation de sable et trous laissés après l’extraction du minerai) d’où l’indignation de la population ».

Tout en fustigeant la démarche du gouvernement qui n’a pas donné assez d’explication à la population sur les mobiles réels de cette expropriation, M. AVOGNO se dit cependant prêt à concéder  une partie de leurs terres pour loger leurs frères de Kpomé-Apéyémé actuellement délogés par la SNPT et qui sont en train d’être relogés à Notsè. « Ce sont nos frères, on peut faire ce sacrifice pour eux mais jamais nous ne céderons pas une fois encore nos terres pour quelques projets utilités dont nous ignorons les tenants et les aboutissants », a laissé entendre l’élu local.

Selon nos informations, ce projet vise à réinstaller une partie de la population d’Adétikopé dont une partie des terres a été également expropriée pour utilité publique.

Le septuagénaire ADEGBE Kokou même titubant a tenu à être là. « Nous n’accepterons pas cette expropriation », martèle-t-il. Même au prix du dédommagement il n’est pas prêt à céder une portion de ses terres. « C’est notre héritage. Nous sommes prêts à lutter pour nos progénitures », dit-il, regrettant que sans avoir préalablement leur aval l’Etat tente de leur imposer cette décision en bornant les terres et en tentant de réinstaller les populations d’Adétikopé.  

Le canton de Kpomé dans la préfecture de Zio, à une trentaine de km au Nord de Lomé, est une zone dont le sous-sol est riche en phosphate mais la population côtoie la pauvreté et la misère. Elle vit dans le dénuement  alors que la nature l’a bien doté. Les minerais exploités ne servent qu’à enrichir une minorité d’oligarchie appuyée par des opérateurs économiques véreux israéliens et indiens. Dans le canton, le seul château d’eau qui est en panne les villages du canton est mauvais état et constamment en panne.

Au Togo, il existe un cadre juridique pour la gestion des expropriations, ordonnées par l’Etat lors de la réalisation de certains projets d’utilité publique. C’est ainsi que le gouvernement réuni en conseil des ministres le 31 juillet 2019 a exproprié le site de la vallée du Zio  31 juillet 2019 pour cause d’utilité publique. D’une superficie de 10 562 ha 74 a 46 ca, le domaine selon le gouvernement est classé non constructible par le plan directeur et d’urbanisme (PDU) de Lomé en 1981.

source : Albert AGBEKO / togoscoop.info

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