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Vers une CAN chaotique des Eperviers : Après Adébayor, le sélectionneur Didier Six menace de jeter l’éponge

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Le capitaine soutenu par sept joueurs ; Tino Adjété dénonce la gestion cavalière d’Améyi

Les déclarations du capitaine des Eperviers Emmanuel Adebayor continuent de faire des vagues. Mais au fil des jours, ces propos, d’une rare clarté, décident des acteurs du football d’habitude silencieux à sortir de leur mutisme pour dire tout haut ce qu’en temps normal ils pensent tout bas. Les déclarations et courrier de Didier Six, entraîneur des Eperviers et Tino Adjété, 2ème Vice-président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), en sont la preuve. Et à un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la compétition en Afrique du Sud, il urge que les responsabilités soient situées et que le nid des Eperviers soit toiletté. Car l’honorabilité du football togolais en dépend.

Une des marques de maturité des Eperviers du Togo est cette propension à dire de plus en plus ce qui ne va pas. Au Cameroun, Samuel Eto’o l’a déjà fait en dénonçant les maux qui minent le football de son pays. Ce courage est consécutif à une certaine autonomie financière du capitaine des Lions Indomptables. On savait le football togolais souffrant, mais personne ne voulait être l’agneau sacrificiel, jusqu’aux déclarations d’Emmanuel Sheyi Adebayor, le capitaine des Eperviers il y a quelques jours.

« J’ai appelé mes sources qui me disent que la moitié des conteneurs sont à Womé, il y en a chez le président à Djidjolé. Ce n’est pas son domaine privé. C’est un truc du pays. Moi, j’ai honte. On va droit dans le mur comme je vous l’ai déjà dit. Mais si ça continue comme ça, ce sera la chute de la sélection. Vaut mieux garder les équipements, donner ça à ses maçons de Womé pour venir jouer pour le Togo », ce sont là quelques mots du capitaine des Eperviers. Des révélations que seul peut permettre le courage d’un capitaine qui a réalisé que « trop c’est trop ». Toujours est-il que d’autres acteurs sont entrés dans la danse.

D’autres joueurs des Eperviers du Togo brisent l’omerta et apportent ouvertement leur soutien à leur capitaine. C’est le cas du milieu de terrain Prince Ségbéfia de l’AJ Auxerre qui a posté ce message sur Facebook lundi : « On ne guérit pas un mal en le cachant. Il est temps de commencer à bien faire les choses dans le football togolais. Adebayor, je suis avec toi ». Son partenaire Komlan Amewou, joueur de Nîmes, a également apporté son soutien au capitaine des Eperviers en commentant le posting de son coéquipier Ségbéfia (« True », « Moi aussi »). Salifou Moustapha, autre cadre de l’équipe a confié, toujours sur Facebook que les joueurs rangés derrière Adebayor sont au nombre de sept. Gafar Mamah, le latéral droit du FC Dacia en Moldavie, en fait partie. Kossi Agassa est le premier à le faire.

L’entraîneur des Eperviers qui les a qualifiés pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Afrique du Sud, vient aussi de mettre son poste en jeu : « Je me donne 48 ou 72 heures pour donner ma réponse. J’attends de voir ce qui va se passer avec d’autres joueurs », déclare-t-il dans le quotidien sportif français « L’Equipe » de lundi. A lire entre les lignes, Didier Six ne désire pas du tout partir en Afrique du Sud en victime expiatoire avec une équipe fortement diminuée. Car il est fort à craindre que le gardien Kossi Agassa et le milieu de terrain Alaixys Romao, pour ne citer que ces deux, n’emboitent le pas à leur capitaine et désistent à leur tour.

La dernière, c’est M. Tino Adjété, le 2ème Vice-président de la FTF qui, dans un courrier daté du 3 décembre 2012 et adressé au président, a mis à nu les pratiques qui ont cours au sein de la Fédération. Morceaux choisis : « Il y a bien longtemps que seul, vous vous êtes accaparé l’essentiel des rôles dévolus aux membres élus du Bureau exécutif de la Fédération Togolaise de Football (FTF). En ma qualité de Vice-président, il ne s’agit plus de vous en dissuader maintenant. Mais, tant qu’à me dissocier de cette pratique abusive et intempestive devenue épidémique dès l’occupation du poste de président de la FTF, sur la base de mon expérience, je me sens la responsabilité de vous suggérer de faire les choses autrement que par le passé, et mieux pour cette fois-ci : Choisissez de bien faire pour cette CAN; faites résonner la cloche différemment; rassembler tous les joueurs pour les motiver à une performance unique; éloignez-vous de la zizanie et de la manipulation des uns et des autres; semez l’enthousiasme dans l’ensemble de la famille sportive togolaise; réalisez l’union sacrée autour des journalistes sportifs et des sympathisants; faites mentir tous ceux qui ne se fient plus à la cloche de la FTF sachant qui la sonne solitairement; surprenez agréablement tous les regards qui sont portés sur le Togo à travers chacun de vos actes; agissez et ne laissez pas pourrir cette situation délétère. Rien que le choix du bien commun pour les prochains jours. Rien que ça! »

M. Tino Adjété pense en outre que « notre sport national, le football togolais, mérite largement d’être géré avec professionnalisme et beaucoup plus de rigueur, pour recouvrer enfin ses lettres de noblesse longtemps bafouées ».

Beaucoup avaient pensé que les petites querelles intestines récurrentes au sein du football togolais n’étaient que la face visible de l’iceberg. Les faits actuels semblent leur donner raison. Et quand on sait que l’un des dénominateurs communs du peuple togolais reste et demeure le football, il devient impérieux que les égos soient tus pour que soit mis en avant l’intérêt supérieur du Togo. « On peut tromper tout le peuple une partie du temps ; on peut aussi tromper une partie du peuple tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ».

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