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Trois ans après son installation, la Cour des Comptes du Togo toujours confinée à un rôle décoratif

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Son président, un farouche sympathisant d’UNIR, la mal gouvernance en avant !

Au Togo, nombre des institutions qui ne sont créées que pour servir de décor institutionnel. La Cour des Comptes du Togo installée à grand renfort médiatique en fait partie. Trois ans après son installation, elle peine à convaincre. Pas un seul pilleur de ressources publiques dans son filet. Dernier acte en date de son numéro un, nous avons nommé Takpandja Lalle, il a été surpris en pleine séance de promotion du nouveau parti de Faure Gnassingbé. Confusion terrible !

En 2009, Faure Gnassingbé, sous le feu des critiques au plan interne et international – le Togo était le seul pays de l’UEMOA à ne pas disposer d’une telle institution de contrôle -, tant son premier quinquennat a été éclaboussé par des révélations de scandales financiers, installe la Cour des Comptes. Et tout est allé sur des chapeaux de roue. Les magistrats devant y siéger ont été nommés le 24 juin 2009 en Conseil des ministres. Le 16 septembre, ils ont prêté serment et huit jours plus tard, ils ont été installés. Tout ceci à grand renfort médiatique. Pour les flagorneurs du régime, c’était la fin des crimes financiers, le début de la fin des pilleurs de la République. Tolérance zéro pour les auteurs de crimes financiers. En réalité ceux-ci rivalisaient d’ardeur et d’ingéniosité dans les qualificatifs à trouver au jeune monarque. Toute une litanie a été déclamée en son honneur. Pour sa volonté de rupture (sic) avec l’ère Eyadéma. Seulement, cette velléité de rupture a vite été étouffée, à l’aune de la perniciosité du système RPT. Et la Cour des Comptes est restée amorphe sinon complaisante devant tant de détournements de fonds, de pillages des deniers publics, de bradage de sociétés d’Etat, etc.

Combien de détourneurs de deniers publics sont inquiétés ? Pas un seul. Et ce n’est pas parce que la gestion des fonds publics est des plus saines, les dénonciations de détournements de fonds étant légion. La raison, c’est que cette institution censée contrôler la gestion des fonds publics se confond allègrement avec le pouvoir. Son premier responsable, un zélateur patenté du pouvoir n’a rien perdu de son militantisme. Produit du RPT, comment peut-il interpeller ses amis du même clan sur leur gestion calamiteuse des sociétés publiques et des fonds publics ? Cette fonction lui paraît très difficile à assumer. C’est ce qui justifie la complaisance de son institution vis-à-vis des pilleurs et détourneurs de fonds publics. Car en réalité, ceux-ci courent les rues de Lomé et se retrouvent, qui à la tête des sociétés d’Etat en mal de transparence, qui au sein des ministères, etc. La vaste opération de privatisation de quatre banques togolaises suite au grand trou financier qu’elles traînent, n’a suscité aucune interpellation de leurs dirigeants pour rendre compte de la gestion qu’elles ont faite de ces sociétés. Des sociétés qui se dissolvent et d’autres qui se créent sur leurs cendres sont aussi légion. FER, CAPER, SAPER qui se sont succédé dans la gestion des fonds d’entretien routier, mais sans que l’on ne sache ce que Tchamsi a fait des fonds. Le pire, c’est que ce pilleur agréé de la République est tranquille et vit bien loin des poursuites judiciaires. Car Takpandja Lalle et son « bienfaiteur » Faure Gnassingbé en ont décidé ainsi. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute, les deux hommes sont des complices. Tant et si bien que le premier qui, de par sa qualité de président de la Cour des Comptes, était censé faire preuve de réserve vis-à-vis du pouvoir et se contenter de le contrôler, se distingue par son zèle au profit de l’UNIR, la formation créée de toutes pièces par Faure Gnassingbé. C’était à la faveur d’une de ces nombreuses rencontres initiées avec les ressortissants de la localité X pour promouvoir en toute illégalité son parti flambant neuf que Takpandja Lalle a repris du service et exécuté ce qu’il sait faire le mieux : chanter des cantiques à la gloire du jeune monarque pour se rappeler à ses bons souvenirs au cas où. Dans ces conditions, comment la Cour des Comptes entend-elle assumer sa fonction de contrôle de la gestion des fonds publics ? Voilà qui vient apporter de l’eau au moulin du CAR qui prône un déverrouillage des institutions de la République.

La Cour des Comptes, d’après son texte fondateur, est une institution de surveillance des comptes publics. Elle juge les comptes que dressent les comptables publics, assure la vérification des comptes et de la gestion des entreprises et établissements publics, apporte une assistance au parlement et au gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances, procède à toutes études de finances et de comptabilité publique qui lui sont demandées par le gouvernement, l’Assemblée nationale ou le Sénat. Elle établit un rapport annuel adressé au Président de la République, au gouvernement et à l’Assemblée nationale et dans lequel elle fait état, s’il y a lieu, des infractions commises, et des responsabilités encourues. Mais depuis 2009, année de son installation, son tout premier rapport se fait toujours désirer. Et il y a fort à parier que ce rapport n’intervienne jamais, du moins tant que Takpandja Lalle demeurera à sa tête. En avant la mal gouvernance !

liberte-togo.com

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