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TOGO : Une invitation du Premier ministre boycottée par l’opposition parlementaire

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Parti pour perpétrer un nouveau passage en force, le pouvoir de Faure Gnassingbé semble revenir sur ses pas pour y mettre la forme. Deux facteurs sont à la base de la nouvelle attitude du pouvoir.

Le lundi 14 mai 2012, la réunion de concertation du Premier ministre sur le code électoral, a été boycottée par les formations de l’opposition parlementaire (Anc et Car) ainsi que d’autres formations politiques. Seule la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa), était présente au nombre des partis politiques regroupés au sein du Collectif « Sauvons le Togo ». Même le Parti pour le renouveau et la rédemption (Prr) de Lawson Nicolas n’a pas répondu à cette invitation.
« Le pouvoir se moque de nous. On nous invite à discuter des modifications au code électoral sans mettre à notre disposition une copie du projet envoyé par le gouvernement à l’Assemblée nationale. Le pouvoir tente ainsi de nous mettre devant le fait accompli », a fustigé en substance, Lawson Nicolas. Le tonitruant homme politique déplore que Faure Gnassingbé ait décidé de s’assoir sur les propositions retenues au Cadre permanant de discussion et de concertation (Cpdc) rénové. Un cadre également boudé par les partis de l’opposition parlementaire.

« Nous n’avons pas discuté du fond. Nous sommes allés recommander au Premier ministre de mettre à notre disposition le projet de texte sur le code électoral », a déclaré Mme Brigitte Adjamagbo-Jonhson, représentant de la Cdpa à cette rencontre. Présent à la réunion, le ministre de l’Administration territoriale Pascal Bodjona, a déploré le refus de certains partis de prendre part à cette rencontre. « Ce code électoral se veut intégrateur, c’est pour cela que nous invitons tous les acteurs à venir formuler leurs propositions pour que nous en discutions », a-t-il expliqué.

Le mercredi 09 mai 2012, l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Togo Patrick Spirlet dans son discours à l’occasion de la Journée de l’Europe, a exhorté « tous les acteurs politiques à s’investir dans un dialogue sincère ayant pour objectif de parvenir à un consensus sur les questions d’ordre politique pour la bonne gouvernance, la démocratie et le bien-être de la société togolaise ». Pascal Bodjona avait alors répondu à cet appel en réitérant le choix du gouvernement en faveur du dialogue. Mais dès le lendemain, le pouvoir a fait entamer à travers ses députés à l’Assemblée nationale, l’étude d’un projet unilatéral visant à modifier le code électoral dans la perspective des prochaines élections.
« La lutte va être intensifiée dans les jours à venir pour la mise en œuvre de réformes consensuelles. Soit nous parvenons à créer un rapport de force équivalent aux réformes de nature à dissuader toute velléité de fraudes électorales ou nous obtenons formellement les réformes », a indiqué le 1er vice-président de l’Anc Patrick Lawson. La plus importante formation politique de l’opposition exige un découpage électoral équitable, le retour au scrutin uninominal à deux tours, la suppression du vote par procuration ainsi que le vote par anticipation des forces de l’ordre, la recomposition de la Céni, la limitation du mandat présidentiel… ».

Au Comité d’action pour le renouveau (Car), on peste contre un projet de retrait de sièges à certaines préfectures dont le Yoto et l’Amou. Le gouvernement a pourtant décidé de porter le nombre de sièges à l’Assemblée nationale de 81 à 91. Des propositions formulées par l’Anc retiennent 94 ou 110. La tension monte à l’ occasion des réformes dans la perspective des élections législatives et locales de 2012. Une échéance annoncée par Pascal Bodjona pour début novembre 2012.

koaci.com

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