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TOGO : Retour au calme dans le nid des Eperviers

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La qualification des Eperviers pour la CAN 2013, a aussitôt été entachée par une question de prime de match. Interpellées, les autorités ont vite pris la mesure de la situation.

Beaucoup ont trouvé assez curieuse, la sortie médiatique véhémente du capitaine des Eperviers Adébayor Shéyi, lors de la conférence de presse d’après match. Malgré la victoire contre une équipe du Gabon assez motivée, l’international attaquant togolais de Tottenham affichait le visage fermé au moment de quitter la pelouse, après le sifflet final. Face à la presse peu après, le natif de Kodjoviakopé avait le même visage qu’on ne lui connaissait que très peu, en de pareilles circonstances.

« Nous voulons savoir combien nous allons prendre. (…) Je suis fatigué, à chaque fois ça retombe sur ma tête. (…) Nous avons un gouvernement qui ne fait rien pour nous », les termes utilisés par Adébayor Shéyi n’avait rien de diplomatiques et traduisaient son ras-le-bol face à cette situation des plus surréalistes dans laquelle ils se retrouvaient. Malgré les multiples pourparlers, voire même un mouvement d’humeur à deux jours du match, les Eperviers n’ont pas réussi à se faire éclairer sur le montant de leur prime de qualification.

« C’est du ressort exclusif du Chef de l’Etat », dit le Ministre des Sports. « Faites vous du plaisir et faites nous plaisir (..). Tout sera après sur la table », renchérit le Premier ministre, maintenant ainsi l’impasse. Une situation que les joueurs avaient du mal à digérer, sachant que leurs homologues qu’ils venaient de battre, avaient reçu pour promesse, une somme de 100 millions francs Cfa, en cas de qualification. « Si vous ne me retrouvez pas à la CAN, vous savez déjà le pourquoi », concluait Adébayor qui mettait à lundi ou mardi, l’ultimatum pour voir régler le problème.
Dans l’opinion, c’était le choc voire la désapprobation à propos de l’attitude des autorités. Peu de gens trouvaient à redire sur « les revendications intempestives des joueurs ». Au moment d’enclencher un processus électoral qu’elles veulent unilatéral, les autorités ne pouvaient se permettre d’ouvrir un autre front, sur un terrain de sensiblerie populaire, le football. « C’est le seul domaine qui nous garantit encore des moments de joie. Le seul qui rassemble les Togolais au-delà des clivages », reprennent en cœur les journalistes, qui tirent à boulet rouge sur le comportement du gouvernement.
Manque d’anticipation, incompétence, sadisme, volonté de priver les Togolais de joie…, les mots sont bien sonnés pour caractériser la posture gouvernementale. Il n’en faut donc pas plus, pour que le Premier ministre se décide à déminer avec diligence le terrain. Les négociations sont allées assez vite avec le reliquat des syndicalistes du groupe, qui s’est révélé à la Coupe du monde 2006, alimentant les chroniques dans la presse internationale, toujours au sujet d’une question de prime.
Le gouvernement propose 12 millions, de 18, les joueurs descendent à 15 et se montrent inflexibles. Faute d’avoir engagé les négociations avec eux, avant le match où ils étaient plus frileux, le pouvoir par défaut d’anticipation a placé les joueurs en position de force. Ils vont d’ailleurs décidé de prendre le cas échéant les 12 millions, quitte à se rattraper au moment de déterminer la prime de participation à la phase finale de la CAN. Une autre fatale et redoutable échéance, sur laquelle le gouvernement doit savoir s’y prendre.

Mais toujours est-il qu’ayant senti le manège des joueurs, habitués à négocier argent au moment de signer leur contrat en club, le gouvernement cède. Les joueurs ont non seulement 3 millions de prime de match, mais aussi 15 millions de prime de qualification pour chacun des 23. Mais les joueurs vont procéder par détermination de quantum au prorata de matchs disputés par chacun d’eux, lors des éliminatoires. « Tout s’est bien terminé et nous devons maintenant penser aux préparatifs de la CAN », analyse un des joueurs.

Les préparatifs, une autre étape que les togolais ont toujours eu du mal à gérer, avec les appétits gloutons des uns et des autres. En attendant, le Togo sera situé le 24 octobre prochain sur son sort, avec la cérémonie de tirage au sort.

koaci

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