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Sow Agba Bertin : Un homme deux fois libre, mais toujours en prison

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Le traitement particulier et rocambolesque réservé à cette affaire d’escroquerie internationale à travers le gangstérisme juridique, les vices de procédures, les détentions illégales et arbitraires de Pascal Bodjona et Sow Bertiin Agba illustrent le degré d’instrumentalisation de la Justice togolaise par Faure Gnassingbé et ses affidés. Le 20 juin 2012, au terme d’une bataille acharnée de procédures, la Chambre judiciaire de la Cour Suprême du Togo, la plus haute instance en matière judiciaire venait d’accorder la liberté provisoire à monsieur Sow Agba Bertin, sous astreinte de paiement d’une caution de 150 millions F CFA.

Nonobstant le versement du cautionnement par ses avocats, avec un reçu et une attestation en bonne et due forme délivrés par le Barreau et la banque, Faure Gnassingbé, garant du fonctionnement des institutions, s’est personnellement opposé à l’exécution de cette décision de la Cour Suprême et a même trouvé le moyen de se débarrasser de son Président Abalo Pétchélébia, accusé officieusement d’avoir influencé l’arrêt. Depuis le 20 juin 2012, Agba Bertin qui devait se trouver dehors, est toujours séquestré à la prison civile de Tsévié.

Cette semaine, le prévenu vient de boucler 18 mois de détention préventive. Or selon une disposition du Code de Procédure Pénale en son article 113 alinéa 2 : « La mise en liberté est également de droit lorsque la durée de la détention préventive atteint la moitié du maximum de la peine encourue et que l’inculpé est un délinquant primaire ».

Au regard de cette disposition, monsieur Sow Bertin Agba doit automatiquement recouvrer la liberté en attendant l’évolution de la procédure. Mais comme le Togo est un pays atypique dirigé par un jeune président aux reflexes de l’Antiquité, l’homme est toujours séquestré à Tsévié ; mieux, le laboratoire cherche à requalifier les faits pour le maintenir le plus longtemps en prison. Le ton de cette manœuvre ubuesque à l’image de la plainte illégale qui a servi à mettre le grappin sur Pascal Bodjona, a été donné par celui qui curieusement, affirme que ses mains ne serviront pas à condamner des innocents-suivez nos regards. Dieu seul sait si avec ce gangstérisme juridique, des innocents n’ont pas déjà été jetés en prison.

Mensah K

lalternative-togo

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