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Prompte émission de mandats d’arrêt internationaux…Panique à bord du navire Faure Gnassingbé

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Affaire de trafic de drogue en lien avec le Hezbollah et implication du Togo
L’information a été révélée jeudi dernier, et nous en parlions déjà dans la parution de lundi. Les autorités américaines ont déposé une plainte contre des établissements financiers libanais, pour la plupart installés aux Etats-Unis, qu’elles accusent d’avoir participé au blanchiment de 483 millions de dollars, environ 225 milliards FCFA, pour le compte du mouvement terroriste Hezbollah, en lien avec le trafic de drogue et la vente de voitures d’occasions. Le nom du Togo de Faure Gnassingbé, qui vient d’accéder au Conseil de Sécurité de l’ONU a été cité dans cette affaire.

De l’argent est envoyé du Liban aux Etats-Unis où il servait à acheter des véhicules d’occasion qui sont ensuite acheminés en Afrique et principalement au Bénin. Les véhicules vendus, l’argent est convoyé au Liban à travers un circuit via le Togo et le Ghana. Une bonne part de ce pactole officiellement obtenu du commerce de véhicules d’occasion, mais qui sert en réalité de terreau au blanchiment d’argent issu du trafic de la drogue, va directement dans les compte du Hezbollah. La plainte identifie un certain Oussama Salhab, agent opérationnel du Hezbollah, vivant au Togo, et qui aurait envoyé des millions de dollars et d’euros du Bénin au Liban, via Lomé.

Le Togo émet des mandats internationaux

« Informé depuis plusieurs semaines de l’existence d’un réseau de blanchissement (sic) d’argent lié au trafic de drogue au Togo et qui opère à travers des sociétés d’importation de voitures d’occasion, le Parquet de Lomé, agissant sur instruction du Garde des Sceaux, a ouvert une information contre X pour blanchissement d’argent. La publication récente d’éléments d’information faisant état de l’implication de personnes de nationalité étrangère installées au Togo a conduit à l’émission de mandats d’arrêts internationaux contre des personnes suspectées de se livrer à ces activités illicites ». C’est le contenu d’un communiqué lu lundi au cours du journal de 20 heures sur la Télévision nationale. En clair, la Justice togolaise recherche activement Oussama Sahleb et ses complices.

L’émission de ces mandats d’arrêt internationaux est un clin d’œil aux Etats-Unis. Le geste vise à séduire l’administration Obama, comme quoi le Togo de Faure Gnassingbé est déterminé à lutter contre la trafic de drogue, le terrorisme et les autres fléaux combattus par l’ONU. C’est d’ailleurs assez bien indiqué dans le communiqué signé de Me Tchitchao Tchalim. « Conformément aux instructions du Président de la République, le Togo s’est fixé pour règle, de lutter sans relâche contre le trafic de drogues et les activités illicites. Il poursuivra sa collaboration en ce sens avec toutes les autorités étrangères et les institutions spécialisées de l’ONU », y lit-on.

Panique générale au sein du pouvoir

Ce n’est pas la première fois que le nom de notre pays est cité dans les affaires de drogue. Il l’est constamment. C’est un secret de polichinelle, le Togo est même fiché comme une plaque tournante du trafic de la drogue en Afrique de l’ouest, au centre de plusieurs réseaux. Toutes ces mauvaises images ne gênent personne et on en fait de non événements. Et c’est ici que l’intérêt subit accordé à ce dossier mis sur la place publique en fin de semaine passée par les autorités américaines étonne.

Le site diaboliquement toxique du pouvoir, republicoftogo en est, en l’espace de six (06) jours, à une bonne demi dizaine d’articles sur cette « toute petite » affaire, avec des mots bien choisis, où on s’efforce de dédouaner le pouvoir en place. Le circuit utilisé pour acheminer l’argent est dit « complexe », une façon d’innocenter les services de renseignements et de sécurité togolais. « Le schéma complexe évoqué dans la plainte du Tribunal de New York révèle la façon retorse dont les organisations terroristes se financent et déplacent leur argent, et il met en évidence le lien entre le trafic de drogue et le terrorisme », écrit-on, et d’indiquer que « Le cas révélé la semaine dernière n’est malheureusement pas unique. Les mêmes méthodes sont pratiquées dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest ». En clair, le Togo n’est pas le seul à blâmer. Et relativement à l’émission de ces mandats d’arrêt, le site chéri du pouvoir nous apprend que « Le Togo n’a d’ailleurs pas attendu cette affaire pour mener une lutte sans merci contre le trafic de drogue, le blanchiment et le terrorisme. Les autorités bénéficient de l’appui des services étrangers pour l’échange d’information et l’assistance technique ». Toute cette agitation cache mal la panique qui s’éprend du pouvoir.

Dans cette affaire, on flaire même une complicité des officiels togolais. Outre le sieur Oussama Salhab, la plainte cite d’autres Libanais, Ayman Saied Joumaa et Maroun Saade, trafiquant de drogue, comme ayant convoyé au Togo trois tonnes de cocaïne de 2007 à 2011. « La justice américaine le soupçonne, en outre, d’avoir corrompu des officiels au Togo pour étouffer une enquête contre un certain Imad Zbid », indiquait le confrère RFI. Nous en parlions déjà dans la parution de lundi, selon la plainte, des passeurs de fonds à travers la frontière Togo/Ghana sont parfois appréhendés et le pactole saisi par les services togolais lorsqu’ils essaient de faire passer l’argent sans le déclarer ou en violation des restrictions sur les importations de devises décidées en octobre 2008. Mais Maroune Saade aurait versé des pots-de vin pour libérer ces passeurs de fonds et d’autres arrêtés par la police. Par exemple, le 15 mars 2009, Mehanna Houssam, employé d’Oussama Salhab, a été arrêté par la police togolaise. En échange d’un paiement, Saade a obtenu sa libération. Ces probables officiels togolais pouvant être corrompus pour libérer ces trafiquants, tout le monde peut se faire une idée d’eux. Ils sont dans le cercle fermé de l’ « Esprit nouveau » et souvent cités dans les affaires de drogue, de saisie de fonds chez des commerçants etc. Et des sources laissent entendre que la plainte des autorités américaines pourrait bien les viser. D’ailleurs dans toute cette histoire, le commun des observateurs est surpris que les services de renseignement et de sécurité du Togo, dotés d’appareils d’écoute téléphoniques les plus sophistiqués, très compétents lorsqu’il s’agit de déjouer des complots avérés, et même de déceler des intentions d’atteinte à la sûreté de l’Etat (affaire Kpatcha Gnassingbé), n’aient pas pu démanteler le réseau Oussama Sahlab qui fait non seulement dans le trafic de la schnouf, mais en plus dans le blanchiment d’argent pour alimenter le terrorisme. Cela sent tout simplement de l’onction de Lomé à ces genres de pratiques.

Hier c’était l’affaire PITEA pour laquelle les Etats-Unis en ont toujours après le régime de Lomé. Le rapport Gnofam montre que c’est tout le pouvoir qui est trempé dans la drogue. Aujourd’hui le Togo en rajoute avec une affaire liée au terrorisme. Et tout cela pour un pays à qui les Nations Unies viennent d’ouvrir les portes du Conseil de Sécurité. Cela fait tout simplement désordre, surtout lorsqu’on se rappelle ce pan du discours lobbying du Premier ministre désœuvré Gilbert Houngbo à la tribune des Nations Unies le 24 septembre dernier lors de sa 66e assemblée générale, en prélude à cette élection : « Les crises et conflits, les nouvelles menaces à la paix et à la sécurité internationales, telles que la piraterie maritime, la cybercriminalité et le trafic de drogue, qui sapent les efforts de consolidation de la paix dans le monde, doivent interpeller davantage la communauté internationale en l’amenant à repenser le rôle des Nations Unies dans le contexte de la sécurité et du développement économique et social. Au moment où la sous-région ouest-africaine connait un regain de violence dû au trafic de drogue et au terrorisme ambiant, l`on ne saurait admettre que nos côtes soient prises en otage par des pirates comme c’est le cas récemment dans les eaux aux larges du Benin et du Togo. J’en appelle à une coopération plus étroite entre tous les pays afin de combattre efficacement ce nouveau phénomène ». « S’il y était élu, le Togo mettrait l’accent sur … la lutte contre les fléaux que nous avons mentionnés plus haut ainsi que les nouvelles menaces à la paix et à la sécurité internationales », promettait-il. Mais à peine deux mois après cette élection célébrée en grande pompe, voilà où nous en sommes. Cette affaire va certainement laisser des traces.

Tino Kossi

source : liberté hebdo Togo

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