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Présidentielle en Guinée:Sur fond de tension, les résultats se font attendre

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Alors que des contestations se font déjà entendre, l’armée guinéenne somme les 
candidats à la présidentielle d’accepter les résultats du scrutin de dimanche dernier.

Les résultats du second tour de l’élection présidentielle guinéenne ne devraient pas être connus avant ce week-end. Mais les contestations, elles, ne cessent d’affluer à la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Laquelle a reçu « beaucoup de réclamations et se fait un devoir de les examiner », a indiqué mercredi son président, le général malien Siaka Sangaré. Après une campagne empoisonnée par les violences et les clivages ethniques, ces nombreux recours alimentent les inquiétudes sur la phase post-électorale. Ce scrutin, le premier véritablement ouvert de l’histoire de la Guinée indépendante, doit départager l’opposant historique, Alpha Condé, et l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo. Le premier avait officiellement recueilli 18,25 % au premier tour et le second, 43,69 %, après l’annulation par la Cour suprême de plus d’un tiers des votes.

Les résultats partiels livrés mercredi par la Céni confirment le réflexe de vote communautaire déjà sensible au premier tour. Alpha Condé supplante son adversaire dans ses fiefs de Haute-Guinée, où il bénéficie de l’appui des Malinké. Quant à Cellou Dalein Diallo, il domine en Moyenne-Guinée, où les Peuls, sa base électorale, sont les plus nombreux. En revanche, les Soussous de Guinée maritime, qui s’étaient majoritairement portés, au premier tour, sur Sydia Touré (13,62 %), ne semblent pas avoir suivi la consigne de cet autre ex-premier ministre, rallié à Cellou Dalein Diallo. Alors que cette élection doit entériner le retour à un pouvoir civil, l’armée, mise en cause par des ONG pour la violence répressive de ces dernières semaines, a sommé les candidats « d’accepter les résultats ». « S’ils ne le font pas, je ne veux pas dire ce qui arrivera », a prévenu le général Ibrahim Baldé, chef de la garde nationale. Une menace à peine voilée de reprise en main.

Rosa Moussaoui

source:l’humanite.fr

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