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Manque notoire de sérieux du groupe dit des cinq au Togo : Apporter une caution délibérée à un Etat voyou comme le nôtre, une horrible forfaiture !

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Suite à l’élection des membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) malgré tous les signaux rouges qu’envoie la situation sociopolitique à l’endroit des premières autorités du pays, les deux organisations ont réuni la presse nationale hier après-midi. L’objectif, inviter le gouvernement à abandonner sa volonté patente de plonger le pays dans une incertitude plus grande que celle qui a prévalu en 2005. Et appeler les autorités à un dialogue franc en présence d’un médiateur international rompu aux tâches de médiation.

Par ‘’groupe des cinq’’ ou ‘’groupe de contact des pays occidentaux au Togo’’, on entend, la représentation de l’Union européenne qui comprend 27 pays d’Europe, la représentation du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), la représentation américaine au Togo, celle de l’Allemagne et enfin de la France. Ces dénominations, on s’en doute, ne sont pas le fait du hasard. C’est à raison qu’aucun pays africain, qu’il soit aussi riche, aussi forte militairement ou aussi peuplé ou vaste que le Nigeria par exemple, n’en fait partie. Il s’agit d’un groupe de pression parmi lequel les Etats qui ont apporté le christianisme et la ‘’civilisation’’ aux Africains, les ont colonisés et maintenus sous domination.

Si ces diplomates et les Etats qu’ils représentent sont toujours impliqués dans la résolution des conflits ici, pour ce qui concerne le Togo, ainsi que la prise de certaines décisions par les acteurs politiques, décisions qui engagent l’avenir de notre pays, c’est parce qu’ils sont là en tant que témoins privilégiés dont les nations ont suffisamment fait leurs preuves en matière de démocratie, de bonne gouvernance, de respect des droits de l’Homme et de bon fonctionnement de l’appareil judiciaire.

La rédaction du présent article nous a été inspirée par la très pertinente déclaration rendue publique le 15 octobre 2012 par le PDP de Bassabi Kagbara. « En effet, et à tort, les positions des forces démocratiques sont, en des termes à peine voilés, critiquées de plus en plus par les partenaires en développement de notre pays, comme un refus délibéré de participer au dialogue, seule voie d’obtenir des solutions à la crise », peut-on lire dans l’appel du PDP aux partenaires du Togo pour un dialogue sincère et sans duperie pour la sortie de crise, appel à travers lequel, ce parti membre de la Coalition Arc-en-ciel a eu à apporter des éléments suffisants de preuve de bonne foi de l’opposition et a contrario, de mauvaise foi de la part du pouvoir.

Et la déclaration de poursuivre : « Pour le PDP, l’essentiel aujourd’hui de la part des partenaires n’est pas d’inciter l’opposition à participer à un dialogue mais de prendre des positions et s’engager à garantir l’application des décisions qui en seront issues. S’il est vrai qu’on ne saurait rien gagner dans la confrontation, il faut d’abord guérir l’irresponsabilité et le manque de sincérité du pouvoir en face, afin de faire évoluer les choses. » C’est sans commentaire. Si les diplomates Robert Whitehead (USA), Patrick Spirlet (UE), Nicolas Warnery (France), Joseph Weiss (Allemagne) et Mme Khardiata Lo Ndiaye (PNUD), témoins privilégiés des incongruités, incohérences et multiples erreurs dont le chef de l’Etat et son gouvernement se sont rendus coupables, peuvent s’arranger entre eux, diplomates, de sorte à garder le silence sur la forfaiture qui se prépare contre le peuple togolais et encourager ceux-ci à foncer après notamment le drame de 2005, nous voulons leur poser la question de savoir combien ce régime qui s’amuse à corrompre à coup de millions, voire de milliards, a-t-il pu leur remettre pour qu’ils se comportent comme ils le font et leur rappeler les événements suivants qu’ils semblent oublier.

1°- Nos fameux diplomates sont-ils bien au courant que le chef de l’Etat a mis en place une milice personnelle dont s’occupe le Colonel Massina après avoir lancé les travaux de la CVJR et obtenu le rapport dont il peine à appliquer les recommandations depuis plusieurs mois ? Pour rappel, LIBERTE après le meeting avorté du CST le 4 août à Kara, avait eu à publier le mardi 6 août des éléments sur la rencontre que le chef de l’Etat avait eu le jeudi 2 août avec ses miliciens. « Vous devez défendre la ville de Kara à tout prix, même au péril de votre vie », leur avait-il lancé.

2°- Savent-ils que Faure Gnassingbé et son gouvernement se sont rendus coupables de falsification de la version originale du rapport d’enquête sur la torture et que le président de la CNDH a dû fuir pour sauver sa vie après avoir publié sur le site de cette institution le rapport authentique ?

3°- Ces diplomatiques apparemment instables et qui semblent privilégier la tenue des législatives quelles que soient les conditions d’organisation à la vie des Togolais, savent-ils que le pouvoir en place a spolié, avec le concours de l’ANR, trente trois commerçants et commerçantes togolais de plus de 1,7 milliard de francs CFA sans arguments valables et que, avant que l’affaire ait été traitée par la justice, ces billets qui portent des signes d’identification ont été retrouvés par leurs propriétaires sur le marché ?

4°- Savent-ils que malgré la profession de foi du chef de l’Etat depuis 2005, de réformer la justice et la rapprocher des justiciables, celle-ci est toujours aux ordres et que même le ministre Tchichao Tchalim, s’est permis dans l’affaire Bodjona, de menacer le juge d’instruction, lui donnant des consignes de l’inculper et non de l’écouter en tant que témoin ?

5°- Ces fameux diplomates savent-ils que dans ce pays, des ONG de défense des droits de l’Homme avaient eu à écrire au chef de l’Etat par rapport à la pratique de torture à l’ANR sur les détenus Sow Bertin Agba et les co-accusés de Kpatcha Gnassingbé par le Colonel Massina Yotoféi, plusieurs mois auparavant, et que contre toute attente et tout bon sens, ce dernier sera décoré le 27 avril 2011 par le chef de l’Etat en personne ?

6°- Savent-ils que les neuf députés de l’ANC ont été arbitrairement renvoyés de l’Assemblée en 2010 en prévision de ce qui s’est passé la semaine dernière ? Pour rappel c’était par un comportement de voyou que cela s’était passé à l’Assemblée avec la complicité de son président et du président de la Cour constitutionnelle. Rappelons que le président de l’Assemblée avait fait écrire des lettres de démission qu’il attribuera à certains députés. Or, toute lettre de démission devrait être portée au président par l’intéressé lui-même.

7°- Ces diplomates savent-ils qu’après que la Cour de la CEDEAO aura donné raison aux députés qui devraient retourner à l’Assemblée, le pouvoir avait tenté de manipuler ces députés en leur proposant plusieurs millions chacun, afin d’accepter de ne plus retourner à l’Assemblée? Par ce moyen, le pouvoir, confronté à la menace de Gilchrist Olympio de retirer ses ministres du gouvernement si jamais les députés ANC retournaient à l’Assemblée, tenait à faire plaisir au leader de l’UFC. Pour mémoire, l’Union interparlementaire avait, bien avant la CEDEAO, donné raison à l’ANC.

8°- Savent-ils que le régime de Faure Gnassingbé a choisi de diriger le pays dans une opacité totale et que la Cour des comptes mise en place depuis 2009, n’est là que comme objet de décor et que les malversations vont toujours bon train, que des ressources minières sont depuis quelques années exploitées dans une opacité absolue sans compte à rendre au peuple, alors que celui-ci vit dans une misère indicible ?

Nous avons choisi de nous arrêter là, car la liste est longue. Nous nous étonnons que ceux qui devraient avec honnêteté et hauteur de vue, aider les Togolais à renouer avec la prospérité, ont au contraire préféré accompagner Faure Gnassingbé, peut-être contre de l’argent, puisque la méthode, tout le monde la connaît maintenant, en sacrifiant le peuple togolais encore une fois. Il est surprenant que ces diplomates, pour leur part, considèrent ce simulacre de dialogue d’une journée comme un vrai dialogue. Tout ce par quoi le pouvoir s’est illustré jusqu’ici et dont nous venons d’énumérer quelques éléments, n’est que des comportements déshonorants qui classeraient bien le Togo dans la catégorie des Etats voyous. Le PDP a tout indiqué aux partenaires. Ils savent désormais ce qu’ils doivent faire.

Alain SIMOUBA

liberte-togo

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