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M. OLYMPIO, qui a décidé subitement de tourner le dos aux combattants de la liberté et de se rapprocher des bourreaux du peuple togolais

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PROTESTATION CONTRE LA DECLARATION DE M. OLYMPIO

Par une déclaration du 29 mai 2011, le président de l’UFC a souhaité revenir sur une année de collaboration entre le RPT et son parti.

Dans cette déclaration, M. OLYMPIO a voulu faire croire au peuple togolais que sa décision de travailler aux côtés du parti politique qui gouverne le Togo depuis 1967 et qui a instauré dans notre pays la mauvaise gouvernance, la gabegie, le clientélisme, le népotisme et surtout qui a foulé au pied le respect des droits de l’Homme, instauré l’assassinat politique, les exécutions extrajudiciaires, n’est orientée que par son souci d’ « apaiser le pays, de concourir au redressement socioéconomique du Togo et de créer les conditions d’une alternance politique pacifique ».

M. OLYMPIO, qui a décidé subitement de tourner le dos aux combattants de la liberté et de se rapprocher des gourous du peuple togolais a déçu la majorité des démocrates togolais voire africains. De sa décision est née l’ANC, qui désormais est le seul mouvement politique digne de respect qui cherche réellement la vraie alternance politique au Togo.

Le bilan que nous présente l’UFC d’une année de soumission au régime RPT est bien élogieux et ceux qui ne connaissent pas la politique togolaise et le Togo peuvent croire que notre pays est devenu un havre de paix, un berceau de la démocratie et une nation en plein essor économique. Rien de cela n’est malheureusement pas vrai et ce qui nous indigne le plus est le rapprochement que M. OLYMPIO a voulu faire entre l’histoire sud-africaine et celle du Togo.

En effet, le Président de l’UFC déclarait ceci : « Qu’il nous soit permis de rappeler que les 45 années de lutte de Nelson Mandela ont abouti à des négociations avec le régime de Frédérik De Klerk, qui ont fini par ouvrir effectivement la voie à l’alternance politique pacifique. Nos très longues années de lutte, 43 années d’opposition au régime RPT et les leçons que nous en avons tiré nous inspirent d’oeuvrer pour instaurer la réconciliation et la confiance parmi la classe politique et surtout parmi les jeunes qui n’ont rien à voir avec les antagonismes politiques du passé. »

Ceci constitue une contre-vérité et la falsification de l’histoire et de la vie de M. Nelson MANDELA.

Ceux qui ne connaissent pas cette vie si riche de M. MANDELA peuvent croire que M. OLYMPIO est un héros et qu’il a laissé de côté ses ambitions personnelles pour le seul bien du peuple togolais. Il est de notre devoir de dire aux Togolais de ne pas se laisser berner par ce discours et de rétablir ici la vérité quant aux soi-disant négociations entre Nelson Mandela et le régime de Frédérik De Klerk.
Nous avons lu les deux livres majeurs de la vie de M. MANDELA, à savoir « un long chemin vers la liberté » et « conversations avec moi-même » et les négociations dont nous parle M. OLYMPIO se sont intervenues dans des conditions particulières où M. MANDELA a toujours demandé d’abord à M. BOTHA ensuite à M DE KLERK de renoncer à toute violence. Tant que les violences étaient perpétrées par le camp d’en face et l’apartheid maintenu, M. MANDELA n’a jamais accepté les négociations ni envoyé de ministres dans le gouvernement de l’apartheid. Et d’ailleurs, l’un de ses compagnons de lutte Oliver TAMBO avait déclaré en 1987 en Tanzanie au cours des festivités ayant marqué le soixante-quinzième anniversaire de la création de l’African National Congres (ANC) que : «La lutte armée s’intensifierait jusqu’à ce que le gouvernement soit disposé à négocier l’abolition de l’apartheid ». L’ANC n’a jamais changé de crédo jusqu’aux négociations historiques ayant abouti à l’organisation des élections plurielles et démocratiques en Afrique du Sud. Ceci est intervenu parce que le Parti National (PN) a compris que de la violence naît la violence et qu’il ne peut continuellement massacrer les Noirs, les Métis et les Indiens de la nation arc-en-ciel. L’intelligence politique des dirigeants du PN et la force combattante des dirigeants de l’ANC ont conduit à ces négociations.

Point n’est donc besoin que M. OLYMPIO se justifie en prenant pour exemple le combat respectable de M. MANDELA.

Comme le dit l’archevêque Anglican du Cap, Mgr Desmond TUTU « Il n’y a pas d’avenir sans pardon » qui constitue d’ailleurs le titre de l’un de ses livres, les Togolais sont prêts à se lancer dans la voie de la réconciliation si toutes les conditions sont réunies. Ils sont disposés à pardonner à ceux qui ont tué leurs frères, soeurs, parents et amis si le gouvernement auquel participe M. OLYMPIO met fin à l’impunité et est prêt à instaurer la démocratie basée sur le respect des droits de l’Homme et l’alternance au pouvoir. Ceux qui ont ensanglanté la terre de nos aïeux ne peuvent pas continuer à profiter de
l’impunité que leur accorde le régime RPT. L’armée n’a pas changé de visage et personne ne peut nous dire que demain ce régime va accepter les résultats sortis des urnes.

Pour sortir de l’obscurantisme que lui impose le parti-Etat RPT, le Togo a besoin d’une révolution politique et celle-ci doit être menée par ceux qui mettent leur passion au service de cette politique sans « glapir avec les chacals qui nous gouvernent » pour citer le Malien M. Modibo Séfalo KEITA.

Il nous plaît, pour terminer notre article, de paraphraser Emile ZOLA et invitons chaque Togolais à faire sienne cette citation : « Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom du Peuple Togolais qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme ».

E. ABULUWAKU

 

source : anctogo

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