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Lutte contre le chômage : Le PROVONAT et ses insuffisances vu par les volontaires

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Confronté aux problèmes de chômage et de sous-emploi des jeunes, le gouvernement a mis en place en septembre 2011, le programme de Promotion du Volontariat National (Provonat). Piloté par Victoire Tomégah Dogbé, ministre du Développement à la base, en charge de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes le Provonat a mobilisé aujourd’hui plus de 2000 volontaires nationaux dispersés sur le territoire et intervenant dans différents domaines, notamment l’administration publique, les collectivités locales, les associations de développement ainsi que les organisations non gouvernementales.

Un tour effectué dans plusieurs structures d’accueil des volontaires, publique comme privées pour mieux appréhender l’apport du Provonat dans la lutte contre le chômage des jeunes, révèle des insuffisances.

Le projet Provonat, selon ses initiateurs, vise à résorber le problème de chômage. Il donne l’opportunité aux volontaires d’acquérir des expériences professionnelles «afin de mieux se vendre plus tard sur le marché du travail », mais aussi développer les «valeurs de civisme, d’engagement ». Pour ce faire, les contrats de volontariat national sont conclus entre les jeunes et les responsables du Provonat pour une durée minimale de 6 mois et maximale de 12 mois avec possibilité de renouvellement jusqu’à 5 ans pour les plus méritants. Selon les responsables, pour le compte de 2012, un montant de 780 millions de F CFA a été mis à la disposition des volontaires qui perçoivent une allocation forfaitaire mensuelle selon leurs niveaux d’études, 40 000 ou 60 000F CFA.

L’initiative est peut-être louable, mais comporte des manquements qui doivent être revus. C’est loin d’être un pari gagné pour la ministre du Développement à la Base, Victoire Tomégah-Dogbé.

Le mercredi 12 décembre dernier, Laura et ses trois collègues sont à la pause. Ils travaillent tous à titre volontaire dans une Ong de la place. Les quatre «chanceux», comme ils aiment à se faire appeler, sont enchantés du projet ; pour eux, c’est salutaire et également une chance qu’ils sont retenus vu la masse de jeunes qui y postule. Laura, étudiante en BTS Secrétariat Bureautique, a été retenue, dans la troisième vague suite à sa demande. Selon ses dires, elle a 福汇 postulé avec son Bac G1 et sa formation modulaire en secrétariat. « Je travaille pour l’Ong en tant que secrétaire et je gagne 40.000f CFA par mois. C’est mieux que de ne rien avoir», confie-t-elle. Franck est du même avis et pense également que l’initiative est bonne du moment « où il ne reste plus à la maison» et ne constitue plus une charge pour ses parents. Pour lui, par-dessus tout, « c’est une occasion d’évaluer ses compétences, de se perfectionner».

Recruté dans un service de l’administration publique à Atakpamé, Charles est obligé de quitter Lomé. Lui, il a chômé durant 4 ans malgré sa Maîtrise en Droit. Il est aujourd’hui assistant juridique grâce au Provonat et ilgagne60000f. «Même si ce n’est pas suffisant, j’exerce, et c’est le plus important. L’ambiance avec mes supérieurs est conviviale, il n’y a aucune différence que je sois volontaire. Je bosserai dur, et peut-être que je pourrais être embauché comme permanent, on ne sait jamais», avoue-t-il.live streaming movie Willie and Me online

Malgré la consolidation qu’offre à ces jeunes le Provonat, nombreux sont-ils à émettre des réserves quant à leurs structures d’accueil qui ne leur offrent pas les opportunités optimales d’acquérir des expériences professionnelles. Laura mentionnée plus haut et travaillant dans une Ong, a soulevé son cas. «Parfois, c’est ennuyeux, parce qu’il n’y a pratiquement pas de travail. Durant une semaine, on est là à ne rien faire, si ce n’est pour causer. J’aimerais bien être utile ailleurs. Certains ne vont pas tous les jours au service », déplore-t-elle. Et d’avouer que l’allocation mensuelle qu’elle perçoit ne leur suffit pas pour se déplacer. Laura «préfère être occupée tous les jours au travail » ce qui lui donnerait plus de satisfaction.

Elle n’est pas la seule dans cette situation. Généviève, une jeune fille de 27ans travaillant dans une entreprise d’informatique partage ses peines. «Lorsque j’ai été retenue, ce fut une joie. Mais, ça fait trois mois que cette joie ne se lit plus sur mon visage. Mon travail consiste à faire des photocopies à longueur de journée, je rentre le soir sans savoir ce que j’ai appris de nouveau. Avec mon niveau de secrétaire, j’aimerais bien être derrière mon bureau et m’accomplir », dit-elle.

Mais Pascal, le patron de l’Ong dans laquelle travaille Laura pense autrement les problèmes que rencontrent certains volontaires. « D’une façon générale, il y a de la satisfaction pour mes volontaires. Mais si je les pends un à un, il y a certains qui n’ont pas le niveau de leur diplôme. Au moment où les uns s’activent à faire quelque chose, ils se donnent à fond, les autres ne foutent rien. A la fin du mois, ils perçoivent leur salaire, ils viennent quand ils veulent. Ils ne font pas du sérieux, et ça me déplaît. Comme un frère, je leur donne des conseils, à eux de voir le reste », confie-t-il.

Comme Pascal, Jean-Luc, un autre employeur prodigue des conseils à ses volontaires : «Je leur dis que ce n’est pas après qu’ils vont se vendre. Ils doivent montrer de quoi ils sont capables dans la structure qui les accueille, être créatifs et écrire des projets à leurs supérieurs ; ce n’est que par là qu’ils pourront gagner leur pari».

Des doléances des volontaires et des responsables de sociétés ont été formulées à l’endroit du Provonat. Pascal souhaite que le Provonat revoie le niveau de ses volontaires qu’ils envoient dans les structures d’accueil en tenant compte des domaines d’actions de ces derniers. «Un homme juste à la place qu’il faut », indique-t-il.

La plupart des employeurs envisagent que le Provonat encadre bien les volontaires à travers des formations et des séminaires suivant leurs domaines. Selon un responsable d’une société, « bon nombre de jeunes ont chômé pendant des années, ils ont perdu leur habileté ; il revient donc au Provonat de les réencadrer en vue d’une bonne insertion ».

Annie-Stevia

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