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L’UNIR ou l’aventure politique : Faure Gnassingbé ratisse dans les rangs des « podosants » et des partis « confidentiels »

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L’Union pour la République (UNIR) portée sur les fonts baptismaux le samedi 14 avril 2012 à Atakpamé à la suite de la dissolution du Rassemblement du peuple togolais (Rpt) à Blitta se voulait un rassemblement de partis, d’associations de la société civile et de personnalités. Et Faure Gnassingbé ne se donne aucun répit pour réaliser ce dessein. Il a enclenché depuis vendredi une tournée à l’intérieur du pays pour présenter son UNIR (dans le RPT) aux populations. Comme né sur une bonne étoile, le parti semble même attirer déjà, puisqu’à peine créé, il ratisse déjà très large. Dans les rangs des… « podosants » et des partis « confidentiels » !

Tournée d’explication

Qui veut aller loin, ménage sa monture ; ou plutôt qui est conscient de son retard, doit se mettre très tôt en route. Faure Gnassingbé l’a compris, et il se jette à l’eau. Il était justement vendredi dans les Savanes, pour présenter la « vision » du nouveau bébé aux populations. A Dapaong, Faure Gnassingbé a rencontré tour à tour, des délégations des chefs traditionnels, des femmes et des jeunes qu’il s’est employé à persuader de la légitimité de la création de ce parti, et a requis leur adhésion. Son message a-t-il été vraiment entendu ? On ne saurait y répondre. Le même exercice était censé être répété à Kara, le fameux fief du Rpt, la ville qui s’illustre depuis des mois par une révolte des étudiants, et aussi à Sokodé. Ne nous demandez surtout pas si la magnanimité légendaire du « jeune » a parlé à toutes ces étapes.

L’adhésion des « podosants et leurs partis fantoches

« A peine créée, déjà brasseuse d’autres formations politiques », écrivait un confrère en ligne. Des mots qui expriment fort bien la réalité. Mais quel genre de partis politiques ? Il s’agit en réalité des partis « confidentiels », c’est-à-dire ceux-là qui ne sont nullement connus et qui se réduisent à leur président, des anciens opposants au pouvoir en place devenus « podosants », c’est-à-dire des leaders à la recherche de leurs seuls intérêts.

En effet, un congrès extraordinaire a été convoqué jeudi dernier par la Nouvelle dynamique populaire démocratique (Ndpd), et au terme de la rencontre, deux résolutions ont été prises. D’abord le parti est dissous, puis il est rattaché à l’UNIR. Plus sérieusement, les militants – s’ils existent vraiment- sont appelés à rallier le nouveau parti de Faure Gnassingbé. Parce que, disent ses responsables, l’UNIR qui viserait les idéaux de paix, de stabilité, de consolidation nationale, la réconciliation, le progrès économique et une juste répartition des ressources du pays, répond à la vision de Justin Yidi, que dis-je, de la Ndpd.

A la suite de la Ndpd, c’est l’Union Patriotique pour la République (UPR) qui s’illustrait. Son leader, Dénis Nayone appelait lors d’une réunion ses « partisans » à rallier l’UNIR de Faure Gnassingbé.

La valse des adhésions des transhumants et autres « micropartis » ne fait que commencer. Pour l’instant, c’est Justin Yidi et Dénis Nayone qui ont franchi le pas. Sans doute que leurs autres camarades du SYNLIPOTO, entendez Syndicat Libre des « Podosants » du Togo, à l’instar de Gabriel Dosseh-Anyron et son Le Nid, Gilbert Atsu et la NDP, pour ne citer que ceux-là, vont les imiter. C’est juste une question de temps.

D’autres opposants (sic) manquent tout simplement de courage pour franchir le pas, mais au fond sont tentés par l’aventure. C’est ce qu’il faut lire à travers les déclarations du patron de la Convergence patriotique panafricaine (Cpp), Francis Ekon, qui s’est plu, dans une interview à l’agence afreepress, à cracher sur la création du Collectif « Sauvons le Togo », et à bien accueillir a contrario l’UNIR. On sent même un désir de rallier ce mouvement, mais qu’il se fait violence à cacher. Morceaux choisis : « Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va dire que le Togo est en perdition et qu’il faudrait le sauver nécessairement. Au contraire, si on se souvient du Togo des années 80, on se rend compte que le Togo a connu des moments extrêmement difficiles. Et aujourd’hui, faire un autre front alors que nous en avons fait plusieurs qui n’ont donné aucun résultat, la CPP ne s’inscrit pas du tout dans la logique du collectif « Sauvons le Togo ». Pour nous, c’est du déjà vu », « Je crois que nous devons être très attentifs aux modifications qui vont nécessairement s’imposer dans la vie politique togolaise avec la création de l’UNIR et la disparition du RPT…Je ne dis pas que je vais faire partie d’une coalition d’opposition ou d’une majorité présidentielle. Tout dépend de ce que les uns et les autres veulent faire. Je précise que le problème majeur de la CPP, c’est l’intérêt majeur du Togo. Si cet intérêt majeur se trouve à gauche ou à droite, nous nous insérerons dans cette perspective ».

A l’approche des législatives et des locales, on assistera sans doute à ces appels tous azimuts. Il nous revient que ces ralliements ne seraient pas gratuits, mais fortement rétribués, à coup d’espaces sonnantes et trébuchantes. C’est le contraire qui étonnerait d’ailleurs. Mais une question demeure : quel sera l’apport de ces « particules » à Faure Gnassingbé ? D’autant plus que ces formations politiques ne sauraient se prévaloir d’un quelconque électorat et que leurs leaders ne sont plus en odeur de sainteté avec le peuple togolais avide de changement. Autant dire que le « Leader nouveau » semble tout simplement aller à une aventure.

Tino Kossi

liberte-togo.com

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