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Les populations togolaises ne peuvent assister impuissantes à la mise en œuvre programmée de la stratégie de la violence du régime RPT

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FRONT REPUBLICAIN POUR L’ALTERNANCE ET LE CHANGEMENT

FRAC

CONFERENCE DE PRESSE

Interdiction et répression des manifestations des Forces démocratiques

Déclaration liminaire.

Les événements graves qui se sont déroulés le samedi 15 septembre 2012 dans le quartier de Tokoin Doumasséssé sont encore présents dans les mémoires. Ce déferlement de violence des miliciens du pouvoir en place, dans l’indifférence voire avec la complicité active des éléments de la gendarmerie et de la police, a fait de nombreux blessés graves parmi les manifestants et sympathisants de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), du Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) et du Collectif Sauvons le Togo (CST).

L’attitude du Ministre de la Sécurité confirme, s’il en est encore besoin, que le commanditaire de l’opération est bien le régime RPT/UNIR. Et que cette opération n’a d’autre objectif que d’interdire et d’empêcher toute manifestation de l’opposition dans le quartier de Tokoin Doumasséssé considéré par le RPT comme son fief à Lomé. En effet :

Le vendredi 21 septembre 2012, soit six jours après les faits, la représentante du HCDH au Togo, Mme Olatokounbo IGE, propose au FRAC de reporter sa manifestation du samedi 22 septembre 2012, le temps pour le Ministre de la Sécurité de boucler son enquête qui demande encore une semaine au plus. Selon Mme IGE, le Ministre de la Sécurité lui a donné l’assurance que si la manifestation du FRAC du samedi 22 septembre ne peut avoir lieu, celle prévue pour le samedi 29 septembre à Doumasséssé aura bien lieu puisque son enquête sera terminée avant cette date.

Ce même vendredi 21 septembre 2012, au cours d’une conférence de presse, le Ministre de la Sécurité, Yark Damehane, annonce l’interdiction de la manifestation du samedi 22 septembre 2012 et avance comme justification l’enquête en cours, pour situer les responsabilités dans les événements du samedi 15 Septembre 2012. La manifestation du 22 septembre sera violemment dispersée par les forces de l’ordre, toujours promptes à balancer sur les citoyens se réclamant de l’opposition, des grenades et gaz lacrymogènes à profusion.

Le jeudi 27 septembre 2012, le FRAC annonce, au cours du meeting de clôture des 3 jours de manifestation du CST, le report de sa marche du 29 septembre prévue pour démarrer à Tokoin Trésor. Il en informe les autorités et leur déclare sa manifestation du samedi 07 octobre également prévue pour démarrer à Tokoin Trésor. Cette marche sera reportée par le FRAC, suite à la répression sauvage de la manifestation du CST du 05 octobre 2012.

Le vendredi 05 octobre 2012, le FRAC informe les autorités de sa manifestation du samedi 13 octobre prévue pour démarrer à Tokoin Doumasséssé.

Par courrier en date du 8 Octobre 2012, le Ministre de la Sécurité, arguant que les enquêtes relatives aux massacres du 15 Septembre 2012 étaient toujours en cours, interdit la marche du 13 octobre au départ de Tokoin Doumassé et traite les responsables de l’ANC et du FRAC d’irresponsables et de provocateurs.

Le jeudi 11 Octobre 2012, en violation de la loi organisant la liberté de manifester, le Ministre de la Sécurité, désormais très friand des rendez-vous avec la presse pour cause de campagne électorale, tient une conférence de presse, au cours de laquelle il fait projeter un montage grossier en guise de film mettant en cause les militants des forces démocratiques et déverse des contre-vérités pour justifier, une fois encore, l’interdiction de manifester à partir de Tokoin Doumasséssé.

L’ANC et le FRAC s’insurgent contre la désinvolture et l’irrespect avec lesquels le Ministre de la Sécurité traite les responsables politiques autres que ceux de son parti. Monsieur Yark Damhane se comporte, en effet, plus en militant du RPT qu’en serviteur de la Nation togolaise.

Le samedi 13 octobre courant, la manifestation du FRAC a été empêchée par un impressionnant dispositif de sécurité. Les forces de l’ordre ont alors indiqué aux militants et sympathisants du FRAC la présence des miliciens du RPT, auteurs des agressions du 15 septembre qu’elles ont refoulés.

L’ANC et le FRAC considèrent que si les forces de l’ordre étaient véritablement républicaines, elles auraient dû, au lieu de prétendre les avoir refoulés, appréhender ces criminels en flagrant délit, sans recourir au subterfuge d’une hypothétique enquête en cours.

Les arguments avancés par le Ministre de la Sécurité sont fallacieux et dangereux pour la paix dans notre pays. Ils confirment la vision tribaliste du régime RPT. Les populations togolaises ne peuvent assister impuissantes à la mise en œuvre programmée de la stratégie de la violence du régime RPT. Stratégie déjà expérimentée en 2005 et qui a fait plus d’un millier de morts parmi les populations togolaises. Il appartient au peuple togolais, toutes ethnies confondues, de s’organiser pour faire échec à ce projet irresponsable et diabolique.

L’ANC et le FRAC dénoncent cette stratégie de la terreur du régime RPT et sa volonté d’empêcher, par tous les moyens, voire par la violence, l’opposition d’organiser des activités politiques dans certaines parties du territoire national qu’il considère comme ses fiefs

Un mois après les événements dramatiques du 15 septembre 2012, le Ministre de la Sécurité ne peut prétendre poursuivre une enquête pour identifier des personnes que les premiers responsables de son Parti connaissent, arment et financent pour commettre des crimes odieux sur les paisibles populations. Dans tous les cas, il n’est pas normal que l’Etat en arrive à empêcher des forces démocratiques d’exercer leurs activités normales au nom d’une enquête qui n’en finit pas.

L’ANC et le FRAC s’indignent et condamnent fermement le refus obstiné du Ministre de la Sécurité de faire procéder à l’arrestation immédiate de ces criminels dont certains ont été formellement reconnus sur les lieux. Sans chercher à se substituer à l’Etat, le service d’ordre de l’ANC dispose d’éléments sur les hommes qui ont commis les actes de violence ce 15 septembre 2012.

L’ANC et le FRAC considèrent que dans un Etat normal, aucune zone de non droit où de petits malfrats feraient la loi, ne doit exister. L’Etat a, parmi ses missions, l’obligation de préserver la paix sociale et d’assurer la sécurité des citoyens en exerçant rigoureusement son autorité.

Pour toutes ces raisons, l’ANC et le FRAC maintiennent leur manifestation du samedi 20 octobre 2012 au départ de Tokoin Doumasséssé. Ils invitent les populations de Lomé et ses environs à y prendre part massivement pour défendre les libertés conquises au prix de multiples sacrifices des citoyens togolais.

Fait à Lomé, le 18 Octobre 2012

Pour le FRAC,

Le Président de l’ANC

Jean-Pierre FABRE

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