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Les cauchemars d’un Chef d’Etat en perte de vitesse : Faure Gnassingbé hostile à la Cour pénale internationale

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Le pouvoir illégal et illégitime de Faure Essozimna Gnassingbé à la tête du Togo depuis 2005, continue d’étaler ses déficiences à la face du monde. Chaque jour que l’occasion est offerte au Chef de l’Etat et à ses caciques de se prononcer sur les affaires internationales ou régionales, ils ont toujours eu le grand plaisir de passer à côté de la plaque. La preuve, le lundi dernier, lors de la cérémonie d’ouverture de la 26ème Assemblée parlementaire des ACP et Union Européenne à Lomé, sa Majesté Faure Gnassingbé, roi du Togo, a réaffirmé son refus de signer le Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (CPI) et estime qu’il est loisible de créer une Cour Pénale Africaine (CPA) capable de juger les auteurs des crimes de toutes natures. Arlequinade ou masturbation politique ?
Le Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI) il y a quelques années, a de la peine à convaincre certains pays du monde dont le Togo, à pouvoir le ratifier.

L’idée même de traduire devant une juridiction internationale, des auteurs et instigateurs des crimes de guerre, de sang et des crimes contre l’humanité, commis en série dans tous les quatre coins du monde, est mal conçue par les dirigeants de ces pays qui ont obstinément opposé un refus à la ratification dudit Statut et même à l’existence de la CPI. Parmi eux, le Togo, qui, sans honte, refuse de comprendre la nécessité de livrer les tortionnaires et les sanguinaires qui opèrent dans l’impunité.

Pour ainsi confirmer son refus catégorique d’adhérer à la CPI, palpable option pour en finir avec les violences politiques et sociales et l’impunité en Afrique, Faure Gnassingbé, dans son discours pompeux et vide de sens lors de la cérémonie d’ouverture de la 26ème Assemblée Parlementaire des ACP à Lomé, a dit des inanités que jamais, son père feu Gnassingbé Eyadema ne prononcerait dans sa vie. Ce discours qui est loin de résumer la quintessence de cette assemblée, a montré le vrai visage de ce jeune homme avide du pouvoir dont il a gravi les échelons le sang dans les mains.

Il est donc limpide que Faure Gnassingbé, en pensant que la CPI n’oriente ses actions que vers le continent africain, se reproche quelque chose, mieux, les nombreux crimes itératifs de sang que son pouvoir ne cesse de commettre à l’égard des populations togolaises depuis avril 2005.

Fort de ce discours assez abject et outrageux à l’égard des victimes des crimes contre l’humanité en Afrique, l’on est tenté de dire que le Chef de l’Etat togolais pourra se permettre de proposer à ses pairs de l’Union Africaine(UA) ou de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la création d’une Cour Pénale Africaine (CPA) et alors, les exactions que ses barons n’ont de cesse de commettre sur les populations togolaises seront couvées comme le font depuis la nuit des temps, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et ses consorts. Et il attendait cette assemblée pour l’annoncer en substance aux yeux du monde.

L’Afrique peut-elle arriver à relever le grand défi qu’est la lutte contre l’impunité avec les juridictions nationales muées en firmes commerciales qui placent la corruption au premier rang de ses préoccupations ? Au Togo par exemple, qui peut croire en la justice pour souhaiter y traduire un auteur accusé de crimes de sang, de guerre ou de crimes contre l’humanité tout court, comme il est le cas à la CPI ?

Les dirigeants togolais se complaisent dans leur refus de ratifier le Statut de Rome parce qu’ils savent qu’ils cultivent et promeuvent l’impunité dans ce pays pris en otage par leurs incompétences notoires en matière de respect des instruments internationaux luttant contre ces fléaux qui ralentissent le développement tant escompté par les populations.

Croire qu’avec une cour pénale propre à elle, l’Afrique pourra réduire les violations des droits de l’homme, les nombreuses exactions et autres traitements inhumains et dégradants perpétrées par les Etats policiers contre ses populations, est une fausse approche vue par le fils du Général Eyadema.

En tout état de cause, c’est un grand déshonneur aux Togolais de réaliser que leur Président s’érige à la face du monde en accroc de violation des droits humains, surtout des victimes des violences politiques délibérément orchestrées par des pouvoirs illégaux et vomis à tous égards.

Sébastien Lionel

source : triangledesenjeux.com

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