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Le prix de la propagande Des morts et des blessés à Kara, de nouvelles vies sacrifiées par le pouvoir Rpt/Unir

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faure_al_retour_israel_500Encore trois vies de Togolais sacrifiées gratuitement sur l’autel de la propagande et de la manipulation politique du régime UNIR, le samedi dernier à Kara. En septembre déjà, L’Alternative prévenait de ce risque, images à l’appui. Et nous-y voilà. Au moins trois morts et des dizaines de blessés, le prix d’une sinistre mise en scène.

« Import-Export », c’est comme cela que beaucoup désignent ironiquement la vilaine manie du régime des Gnassingbé et alliés de faire transporter des populations dans des camions pour les faire assister à ses mises en scène de meetings politiques. Conscient que sans cela, ses meetings et autres activités politiques risquaient d’être clairsemés, le pouvoir a pris l’habitude de créer du monde artificiel autour de lui. Objectif, montrer à l’opinion internationale, grâce aux images télé, qu’il est populaire, malgré les critiques de l’opposition. La méthode, on la connaît : aller dans les campagnes reculées et à coup de T-shirts et mille (1000) ou deux mille (2000) francs, attirer les populations rurales, qu’on sait en proie au dénuement total, pour venir applaudir, même si elles ne comprennent rien à tout ce qui se dit. Plus le pouvoir est vomi, plus le phénomène se renforce. Même dans les grandes villes de l’intérieur, c’est de moins en moins évident de mobiliser des foules au profit de Faure et compagnons. Il faut donc aller très loin chercher les plus vulnérables.

A Dapaong, en septembre dernier, difficile de trouver du monde dans la ville. « Vous voyez tout ça, c’est dans les villages qu’on va les chercher ; vous voyez vous-même les véhicules passer non ? », nous expliquait, désolé, un confrère exerçant dans la grande ville la plus au Nord du Togo. Il a fallu aller jusqu’aux frontières, pourquoi pas dans les pays voisins, chercher des gens à coup de T-shirts et billets de banque. Plusieurs véhicules d’immatriculation étrangère étaient mobilisés.

A Kara, samedi dernier, l’affaire a tourné au drame. Lorsqu’on entasse des humains dans des camions et sur les toits des bus comme des moutons en provenance du sahel nigérien, rien de surprenant que cela provoque des accidents. Mais comme les organisateurs de ces tristes et indécents scénarii qui eux-mêmes roulent dans des véhicules rutilants, acquis comme on le sait, ne semblent avoir aucune considération pour les populations et surtout leur vie, ils n’ont jamais pensé y mettre fin.

Prions que le bilan ne s’alourdisse pas. Que les blessés se rétablissent promptement. Et les trois personnes qui ont perdu leur vie dans ce qui n’est rien d’autre qu’une véritable bêtise humaine, à quoi leur auront servi un T-shirt et mille francs ? Autant de blessés et de morts, autant de vies sacrifiées. Jusqu’à hier, aucun communiqué officiel n’est publié par le parti propagandiste, ne serait-ce que pour situer l’opinion ou présenter condoléances et compassion aux compatriotes affectés par la situation. Preuve du mépris du pouvoir vis-à-vis des victimes et de leur penchant congénital à toujours cacher la vérité des choses.

Comme au Togo, on ne sait pas tirer leçon des situations pareilles, rien de surprenant que ces scénarii se poursuivent du côté du pouvoir, au vu et au su de tout le monde sans que personne ne lève le petit doigt pour dénoncer la chose. Et naturellement avec son cortège de dégâts.

Maxime DOMEGNI

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