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Le Collectif « Sauvons le Togo ! » appelle à une série de manifestations à compter de demain

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Suite à la lâche arrestation de trois de ses membres, le CST a animé une conférence de presse hier au siège de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH). L’objet était d’informer l’opinion sur les derniers développements des manifestations de la semaine dernière et l’issue à donner à celles-ci dans la semaine qui s’annonce. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les jours qui arrivent, risquent d’être déterminants pour les défenseurs de la liberté, à moins que l’Etat, dans un sursaut d’humilité et de prise de conscience, n’appelle les responsables du CST à des discussions franches et sincères.

Les instigateurs de ces arrestations sont connus. Le capitaine Akakpo du SRI (Service de renseignement et d’investigation) et le Colonel Défli présenté comme l’officier en charge des manifestations. C’était suite à une convocation pour des discussions à bâtons rompus, comme cela se passe souvent entre les deux corps, celui des OPJ (Officiers de Police Judiciaire) et les avocats. Et Mes Raphaël Kpande-Adzaré, Zeus Ajavon et Jil-Benoît Afangbédji étaient loin d’imaginer qu’ils avaient affaire à une interpellation viciée. Malgré l’article 16 alinéa 3 du Code de procédure pénale invoqué par Me Ajavon afin de se faire assister par son avocat, le Cpt Akakpo parle de flagrant délit. Et même dans cette hypothèse où il n’existe que deux cas de figure qui ne concernent nullement les prévenus, le Capitaine Akakpo pense lui en connaître quatre. Une aberration, selon un juriste. Ainsi, au mépris des règles de procédure, les responsables du CST ont été répartis dans différents bureaux et entendus tant sur la marche du 27 avril que sur celles des 12, 13 et 14 juin derniers. Rappelons qu’au départ, seul Me. Jil-Bénoît Afangbédji était convoqué et que les deux autres l’accompagnaient tout simplement.

Le Colonel Tchangaï, vice-président de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme), affirme avoir appelé le colonel Yark qui lui aurait confié que c’est le Procureur Général M’Dakéna qui a ordonné les poursuites. Mais contacté, celui-ci dit n’avoir ordonné aucune enquête. Et quand on demanda au Capitaine Akakpo à savoir si les prévenus sont en garde à vue, il répondit par l’affirmative. Selon Me Doe Bruce, la loi relative aux manifestations dispose que tout ce qui peut dériver d’une manifestation est poursuivi par cette loi qui cible les auteurs des actes commis, et non les organisateurs des manifestations. En bref, les trois membres sont gardés sans qu’on ne leur signifie la raison de leur détention. Selon M. Kodjo Agbéyomé, président d’OBUTS, qui a été aussi « invité » par le capitaine Akakpo, ces arrestations sont purement arbitraires et revêtent une connotation politique. Il a affirmé que des actions seront menées dans les heures et jours à venir tant à Lomé la capitale, qu’à l’intérieur du pays. Aux dernières nouvelles, ils ont été relâchés hier en fin de soirée.

Concernant les informations selon lesquelles la représentante du HCDH (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme) Ige Olatokunbo roulerait pour le régime en place, Me Agbogan, SG de la LTDH, a laissé entendre que de par ses agissements, « Igé est revenue au Togo pour faire l’affaire du régime ». Le Prof Wolou du PSR a, quant à lui, invité les magistrats à ne pas se laisser manipuler par ce régime à bout de souffle et en a appelé à la responsabilité de chacun.

Après avoir convié la population à se rendre hier à 17h devant la Gendarmerie nationale pour exiger la libération des responsables du Collectif, le Collectif « Sauvons le Togo ! » appelle la population de Lomé et de ses environs à se rendre au carrefour de Bè-Gakpoto mardi à 8h pour une grande marche dont l’itinéraire reste inchangé : Marché de Bè, immeuble Fiata et carrefour Dékon. De même, les manifestations programmées les 20, 21 et 22 juin tant à Lomé qu’à l’intérieur du pays, sont maintenues.

Le lieu de maintien d’ordre étant la rue, le CST invite toute la population à prendre les dispositions nécessaires pour se défendre si jamais un soldat poursuivait un manifestant jusque dans une maison.

Un appel est lancé à l’endroit de la communauté internationale et des ambassadeurs accrédités au Togo afin que ceux-ci œuvrent pour un retour à la paix civile.

Le CST demande la libération de tous les manifestants qui ont été arrêtés les 12 et 13 juin, de même que la restitution du matériel emporté par les soldats.

Et pour les personnes dont un proche serait porté disparu depuis les événements de la semaine dernière, un numéro vert est mis à leur disposition, le 99 61 67 46.

Godson K.

liberte-togo.com

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