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Le banditisme électoral sous la dynastie GNASSINGBE : La récidive de l’effroyable prophétie de François BOKO

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« Je ne sais ce que peut être la conscience d’une canaille, mais je sais ce qu’est la conscience d’un honnête homme : c’est effrayant ». Cette réflexion d’Abel HERMANT dans Le Bourgeois oriente chaque Togolais sur une vision prémonitoire de la tâche confiée à Mgr BARRIGAH-BENISSAN. Il a beau essayer d’être sérieux. Mais, pour quelle finalité ? La violence électorale encore se profile à l’horizon avec autant d’effervescence barbare parce que nous avons refusé de franchir le pas des normes de l’universalité d’une compétition loyale, transparente, juste, équitable. Les fondements de la loi, du contrat social, du contrat politique, de la morale publique, de la justice sont pour nous réductibles à des bibelots, à des objets décoratifs, à un ornement, à un luxe. Nous nous faisons plus de tort à nous-mêmes en nous mentant qu’à mentir aux autres.

Ce machin que Faure GNASSINGBE a initié pour le couvrir d’un enjoliveur de l’Eglise catholique, Mgr BARRIGAH-BENISSAN a devant nous tous son sens, ses implications dans l’histoire dont nous sommes tous témoins. La Grâce de la rédemption de la terre qui nous a vu naître avec ses richesses, ses embûches n’est pas advenue avec le médium du Ministère de Dieu. L’hécatombe est de nouveau à nos portes, plus funeste, plus macabre, plus gigantesque parce que l’effet de surprise ne pourra être l’excuse d’un camp. A quoi aurait-elle servi la Commission Vérité, Justice et Réconciliation ? Ce travail à plusieurs coûts en investissement humain, matériel, temporel a plutôt servi à nous abrutir davantage parce que nous avons bu le venin de la fraude électorale jusqu’à la lie que nous devons accepter en mourir encore et encore, et peut-être, à l’infini.

Le cycle de la violence reprend dans sa forme la plus primitive avec le cirque des miliciens bardés d’armes blanches et dans la froideur monstrueuse des crimes d’Etat avec des morts de la répression barbare, à Sokodé, à Lomé. Aujourd’hui, le simulacre de régularité électorale avec ses dispositions de pacotille dans un entêtement de libellule qui veut traverser une vitre nous annonce des intentions coupables en ce que « la bêtise est au front du taureau » dans Les Fleurs du mal de Charles BAUDELAIRE. Le pouvoir s’estime si fort et si régalien qu’il peut marcher sur tous les citoyens dans sa volonté solitaire, tenir un délai, on ne sait lequel, même si des milliers de Togolais doivent mourir d’une course électorale dont il est si pauvre en leçon pour en avoir un sursaut humain patriotique, éthique au regard du passif d’avril 2005 avec 811 vies immolées, selon la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), pour la dynastie GNASSINGBE.

Les hostilités s’affirment ; chaque camp se prépare. L’audace du crime dont se nourrit Faure GNASSINGBE s’aiguise et ceux qui se sont donné juste la peine de naître pour vivre au crochet de la République se prêtent à tous les services immoraux, inintelligents et indignes pour organiser la criminalité électorale en faveur d’un champion invisible, aphone, fantôme tapis dans un noir silence, dans une perversion et dans un gouffre moral. Sans sobriété ni bon sens, l’esprit échoue à se remettre à l’évidence dans l’analyse et l’appréciation intelligente des faits pour anticiper sur l’avenir avec l’infaillible idée du bien. François BOKO, fils digne du Togo, avait vu juste lorsqu’il demandait en 2005 la restauration des normes d’entente par respect pour notre peuple afin d’organiser dans ce pays des élections propres. Les hommes de qualité savent mesurer les conséquences de leurs actes. Ils ont toujours une considération pour les autres. Seule la racaille a un esprit méprisant et personne ne respecte son esprit amarré à toutes les idioties au précipice de la déraison.

Si la décadence morale et politique s’imbrique dans nos consultations électorales, que pouvons-nous attendre de la gestion de notre pays par les fraudeurs ?

Le refus de l’asservissement d’un peuple n’est-il pas le motif principal de son combat, et même au prix de sa vie ?

Existe-t-il une force répressive capable de venir à bout d’un peuple mobilisé et résolu de jouir entièrement de ses droits, de ses libertés, de son suffrage exprimé ?


1) La cité des absurdités

Au Togo, l’observation frappe tout le monde avec stupeur, nous mourons plus des remèdes au mal chronique des élections que du mal lui-même. L’empoisonnement volontaire et stratégique des solutions politiques par un clan qui a perdu les repères de l’honnêteté nous a jetés dans la pénombre de l’histoire, dans une sombre aventure et joue à tous les coups pour mettre la République sous sa coupe pour maintenir ses privilèges insensés dont les résultats étalent notre pays sous les décombres de l’ethnicisme, de la forfaiture, du viol, du vol et du pillage outrancier que, du reste, reconnaît le « petit » sans avoir l’habileté à le juguler.

La force, la puissance publique du pouvoir, ne peut servir qu’aux crimes protégés, qu’ils soient économiques ou de masse. Le binôme de l’action gouvernementale est le vol et la répression. Cette dimension crapuleuse de l’Etat s’étend dans la durée, dans le règne incivique d’un clan imbu d’audace à la criminalité sur un peuple sans défense, martyrisé et meurtri.

Le souci de préserver à tout prix cette terre de la belligérance et d’un conflit ouvert, sanglant est handicapant pour le clan civilisé de notre République. Mais, les barbares en font un marchepied pour triompher sans gloire. Et, jusqu’à quand ? D’eux-mêmes, ils ne choisiront jamais un jour de renoncer à leur terrorisme de pègre dans notre cité. Tous ceux qui tentent de les dissuader sont frappés d’ostracisme, d’aversion et vite deviennent des cibles d’une vengeance aveugle. Comme Galilée, François BOKO a dit la vérité avant qu’on ne le place sur la guillotine des comptes à lui régler. Les condamnations injustes, les persécutions maladives, les harcèlements intempestifs n’ont qu’un temps.

Tout peuple abusé et sans défense, poussé dans son dernier retranchement, peut faire la guerre à la guerre avec ses mains nues et la gagner sans bavure. Dans la conscience et la foi se trouvent les armes les plus redoutables de la mobilisation populaire. Tous les peuples sont magiques lorsque le virus de la solidarité s’empare d’eux. Aucune arme, aucune bombe n’est capable de les réduire au silence et à l’inertie. L’option fasciste du pouvoir contient en son propre sein les germes d’une autodestruction parce qu’elle n’engendre aucune dynamique de jouissance des libertés. Elle secrète un malaise qui produit en tout citoyen un mal-être parce que les hommes souffrent mortellement de ce dont ils sont complètement dépouillés. Pour se restaurer, ils n’ont de choix que de s’inviter au combat. Même l’achat des consciences a une limite quand l’ampleur des ressentiments populaires franchit le seuil de la patience. Dans L’esprit des lois, les formes de corruption d’un régime sont pour MONTESQUIEU les preuves de la décadence : « Les grandes récompenses dans une monarchie et dans une République sont un signe de leur décadence, parce qu’elles prouvent que leurs principes sont corrompus ».

Les forfaitures qui se soutiennent par la corruption engagent la vie de la Nation dans la déconfiture. Et nous y sommes ! Mais, nous n’allons pas nous y complaire. Le devoir civique nous l’exige, la morale politique arme chaque conscience à s’ériger en muraille de défense contre une prolongation du supplice collectif. C’est pourquoi le banditiisme électoral, la récidive et ses avatars sont à proscrire dans toutes nos consultations populaires. Ce combat est le nôtre, notre engagement doit s’affirmer à ce sujet pour déterminer le présent, sauver l’avenir, imprimer une Renaissance à notre pays bien-aimé. La forme la plus bête et la plus ignoble de notre tolérance serait de demeurer coi face à la pagaille d’une racaille qui crie fort pour nous faire peur alors que c’est elle qui a peur de nous. Si nos droits de disposer de nos choix sont spoliés dans un système de cloisonnement électoral et dans ses coups tordus alors, nos têtes, nos cœurs, nos veines se gonflent de rage contre ce système nazi et fasciste qui a les mêmes structures que celles de la France sous l’occupation. Rien n’est au citoyen, rien n’est à la République, tout est aux occupants. Sous aucun prétexte, notre conscience ne saurait fléchir à l’impérieux devoir d’y mettre fin, s’il le faut, au prix de notre vie. En politique, celui qui tue son propre peuple est dans un énorme paradoxe qu’il ne peut se prévaloir de quelque intention de vouloir du bien à son pays. Il lui manque l’étoffe humaine pour se mettre au service des autres. Tout au plus, son affaissement moral le place dans le dédale d’une ambition personnelle. Le caractère puéril de cette prétention et sa nocivité dans la construction de l’avenir de tout un peuple sont une préoccupation que Charles de GAULLE condamne avec un air hautement méprisant en ces termes dans Les chênes qu’on abat : « L’ambition individuelle est une passion infantile ».

Faure GNASSINGBE a vu son père dans les habits de Président de la République. Il en a rêvé avec un gros déficit moral qui réduit la vie des Togolais en cendres sans se sourciller d’une élévation à la modernité de la gouvernance pour se faire excuser de tous ses crimes, de ses fautes. Il ne nous appartient pas en tant que peuple d’accepter d’être des moutons de sacrifice pour son règne en faillite morale, éthique, économique, couronné de parjures, de fausses promesses, de faux serments. Face au choix du pire par le viol systématique des clauses de l’APG, une transition en douceur vers la restauration de la République, Faure GNASSINGBE veut récidiver la répétition de l’histoire d’avril 2005 avec le même syndicat du crime qui trouve son aise dans la logique du non sens, dans les envolées lyriques de la sottise, de la déraison et du mensonge.

2) Stratégies et aptitudes d’une opposition

La politique est la saine appréciation du déroulement de la vie dans la cité et l’exigence du bon sens, son organisation pour donner du répondant aux divers problèmes qui nous sollicitent pour améliorer le vivre-ensemble.

Ceux qui abusent des peuples parce qu’ils s’adossent aux armes exhibent leur force brute parce qu’ils n’ont aucune légitimité. Ce réflexe de la brutalité et du crime est un manque de contenance, une fébrilité criarde, masquée, camouflée sous une guerre de prévention. Ils attaquent les populations violemment à la moindre velléité de contestation véhémente pour ne pas être inquiétés. Mais, leur illusion de puissance est susceptible de leur offrir promptement l’enfer à perpétuité.

Tous les Togolais sont témoins des intentions malveillantes du « Club du petit », ces violations multiples des principes républicains, des normes universelles d’une consultation électorale et de la morale publique. Le travail qu’il faut faire en aval de l’éveil d’une conscience nationale sur l’avenir du Togo réside dans la convergence d’une opposition qui distingue le Togo en tant que terre sacrée, inviolable dans sa souveraineté que personne ne peut prétendre porter tout seul dans ses choix. Sur cette base, il faut former un nouveau type de Togolais contre toutes les formes de forfaiture dont la plus importante qui ouvre le boulevard à toutes les grosses bêtises est la fraude électorale, sa conception, ses éléments, sa mise en œuvre.

Tout ce que le peuple togolais réclamait de l’opposition togolaise est déjà acquis : une union, une seule voie, une seule action éclatée, un seul combat contre les excentricités d’un régime de parjure, de falsificateurs, de violeurs des clauses légales du principe électoral et de pilleurs de la République. Le Collectif « Sauvons le Togo » et la Coalition « Arc-en-ciel » réalisent un front uni contre la moquerie et la provocation inutile et usuelle de ceux qui ont une surestimation de leurs capacités de manœuvre pour abuser sans coup férir du contrat social, du contrat politique, des accords qui font le consensus national pour l’émergence d’une nouvelle vision de la République. L’exaspération, l’accumulation des douleurs de la maltraitance de notre peuple et l’impunité ont forgé les nuages d’un typhon social en légitime-défense. Aucun espace médiatique n’est à négliger pour gonfler les dispositions de la détonation d’un sale temps contre les prédateurs. Dans toutes les cellules des partis de l’opposition, un travail de fond est à engager sur toute l’étendue du territoire, une division groupée de l’offensive sociale contre les abus doit avoir un schéma, des phases, une préparation psychologique et le gain de la foi. Aucune armée, aucune milice, aucune stratégie de la répression ne peut contenir le torrent social d’une conscience populaire résolu à faire son lit, à s’imposer sur le chemin de la victoire. Pour nous en convaincre, nous nous en référons à la thèse d’Henri MONNIER dans Grandeur et décadence de M. Joseph PRUDHOMME : « Quand la brutalité est répétitive, les chars de l’Etat naviguent sur un volcan ».

Le régime togolais refuse de se donner une chance de rachat auprès de ses propres populations. Même si la politique n’est pas d’une essence morale, aucun parti au monde ne peut la faire davantage sans elle. Tous les abîmes moraux sont répulsifs et révoltants. Or, la politique est une adhésion aux valeurs. Même les inoffensifs de l’opposition sortent leurs crocs contre l’insoutenable, la démolition de tout le cadre électoral par une Assemblée fantoche qui ignore ses propres lois et qui se dédit sur tous les statuts dont notamment celui de l’opposant. Les contradictions immondes, les pirouettes vaseuses de notre machin d’Assemblée l’affaiblissent davantage, la rendent inutile et l’humilient profondément. Comment peut-on encore être dans l’opposition après la signature d’un accord bilatéral d’un apparentement dans l’action gouvernementale dont on est comptable ? Seule la faillite conceptuelle et morale peut ériger la monture de la CENI telle qu’elle est constituée par la bande des crapules, qui dans un accord des falots de la République, a voulu enterrer l’APG pour se prévaloir d’un droit d’asservissement des Togolais.

Cette CENI est un plan de guerre contre la Nation par une pègre politique et une délinquance gouvernementale qui dressent aux populations des brancards et des tombes parce que ce désordre du cadre électoral est une machine à fraudes dont la réplique populaire est inévitable. Il existe un Etat-major social dans notre pays. Il est au service de la justice et des valeurs républicaines. Ensemble avec le Collectif et la Coalition la légitime-défense est un sursaut d’orgueil national qui ne peut plus s’accommoder à des solutions du peu. Ce peuple n’est pas âne, il a plutôt une âme qui ne périt jamais. Elle sait être sous l’éteignoir du compromis mais devient combative et virulente dès qu’on veut user d’elle pour des folies qui le flétriraient.

L’offensive médiatique sur les dispositions populaires à freiner les dérives d’une fausse élection doit s’alimenter sans répit d’une pédagogie, celle de la vraie insurrection pour défendre l’existence de notre Nation. Comme le dit ce grand politique français Aristide BRIAND au Parlement en Octobre 1910 : « Pour défendre l’existence de la nation, s’il avait fallu aller jusqu’à l’illégalité, je n’aurais pas hésité ».

Didier Amah DOSSAVI

lalternative-togo

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