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L’accord RPT/UNIR-UFC à l’épreuve de la transparence des législatives

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Les élections législatives couplées des locales pourront-elles se tenir d’ici novembre, conformément l’avis de la Cour constitutionnelle ? Pour le moment, aucune date précise n’est encore fixée. Au niveau du gouvernement, c’est le silence radio. Au sein de l’opinion, on espérait qu’une communication serait faite dans ce sens au lendemain du dernier fameux dialogue annonçant la tenue ou non de ces élections. En tout cas dans l’agenda du Collectif « Sauvons le Togo » et de la Coalition « Arc-en-ciel », le sujet n’est pas d’actualité. La principale préoccupation n’est pas la tenue des élections, mais d’obtenir les conditions nécessaires pour l’organisation d’un scrutin apaisé, libre, démocratique et transparente, et qui réponde aux normes et aux standards internationaux afin d’éviter le spectre de la violence et des contestations.

Lors d’un entretien mardi dernier à New-York entre François Hollande et Faure Gnassingbé, le sujet des échéances à venir a été abordé. Selon des sources, le Président Français préoccupé par la situation qui prévaut actuellement au Togo, a exhorté son interlocuteur à organiser des élections avec un maximum de transparence. Mais comment y arriver si les réformes politiques sont mises en épochès ? S’interroge un acteur politique togolais.

Justement les réformes constitutionnelles et institutionnelles et l’organisation d’une élection crédible constituent l’essentiel de l’accord du 26 mai 2010 intervenu entre le parti au pouvoir et l’Ufc. Deux ans après, non seulement les réformes sont rangées aux placards, mais la question de la transparence du scrutin est problématique. Il y a de cela quelques jours, Gilchrist Olympio de passage à Paris, a demandé le report des prochaines échéances. De retour au pays, il semble afficher la même fermeté. Selon certaines indiscrétions, les questions électorales risquent de susciter un profond désaccord entre les deux héritiers. Au même moment, Faure Gnassingbé, lui, visiblement, ne veut pas en entendre parler.

Des sources révèlent que lors d’une tournée que Gilchrist Olympio aurait effectuée cette semaine et qui l’a conduit à Dévego, à Adamavo, à Baguida et à Kagomé, où il aurait rencontré les chefs traditionnels de ces localités, il aurait passé son temps à réclamer la transparence des prochaines échéances électorales et souhaité « que le meilleur gagne pour appliquer sa politique ». Le Président national de l’UFC exige un recensement électoral propre avec un fichier électoral fiable et prend à témoin la communauté internationale. A en croire les mêmes sources, Gilchrist trouve impossible la tenue des législatives dans les mois d’octobre ou de novembre, puisque selon lui, les conditions ne sont pas encore réunies. Il aurait réaffirmé qu’elles soient reportées en décembre ou en janvier.

C’est d’ailleurs autour de ces revendications que le CST et la Coalition « Arc-en-ciel » appellent tous les jours à manifester, histoire de maintenir la pression sur le régime et lui faire entendre raison. C’est un secret de Polichinelle, le pouvoir n’a organisé jusqu’à présent que des élections frauduleuses dans ce pays. Et ça, « Fo Gil » le sait bien. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est surtout engager des actions d’envergure pour mettre fin au cycle infernal élection-contestation-violence. Et l’Ufc, au lieu de se cacher derrière un accord dont l’application est un vœu pieu, ferait mieux de s’inscrire dans une nouvelle dynamique incarnée par le peuple togolais qui aspire à un changement démocratique. Tel est l’avis d’un analyste. En tout cas, il est évident qu’une élection transparente au Togo réduirait toutes les chances du Rpt/Unir de les gagner. Aux législatives de 2007, le Car et l’Ufc ont obtenu plus d’un million de voix, mais se sont retrouvés avec 31 députés. Une énigme qui jusqu’à aujourd’hui est restée sans solution, alors qu’on qualifiait ces élections de transparentes.

Pierre-Claver K.

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