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La BCEAO a 50 ans : Faure Gnassingbé fait un discours sur l’état de l’union

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A la veille de la célébration du 50è anniversaire du traité instituant la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), le président togolais, Faure Gnassingbé, s’est adressé en sa qualité de président de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UMOA aux huit Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UMOA).

Un message d’espoir marquant un demi-siècle de vie commune. «La Banque Centrale a le privilège exclusif d’émettre des billets et pièces de monnaie, le franc CFA. En outre, elle définit et met en œuvre la politique monétaire. Elle veille également au bon fonctionnement du système bancaire et gère les réserves de change », a déclaré le chef de l’Etat togolais.

Et de poursuivre : «Socle de notre édifice communautaire, la BCEAO a toujours su trouver les 3 ressources nécessaires pour se réformer et s’adapter aux mutations de l’environnement économique et financier des Etats membres ainsi qu’aux enjeux et défis qu’ils ont eu à relever. Elle a ainsi africanisé son personnel, modernisé sa politique monétaire et mis en œuvre les réformes nécessaires pour approfondir et diversifier le système financier de l’Union. Elle a joué un rôle actif dans le renforcement du processus d’intégration, avec la création de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) en 1994 qui a permis de consolider les bases de la monnaie commune en mettant en place un processus d’intégration économique renforcé ».

M. Faure Gnassingbé a toutefois noté que « la célébration de ce cinquantième anniversaire intervient malheureusement dans un contexte difficile » et a exprimé sa solidarité de l’ensemble des peuples et des dirigeants de l’Union aux populations victimes des crises socio-politiques et qu’ils ne ménagerons aucun effort pour le retour de la paix et de la sécurité dans l’Union.

«Il nous faut préserver notre précieux héritage. A cet égard, nous avons un devoir envers les générations plus jeunes, ainsi que celles à venir, auxquelles nous sommes appelés à remettre le flambeau de la construction communautaire », a-t-il ajouté.

Lire l’intégralité du discours prononcé par le chef de l’Etat.

Mesdames et Messieurs,
Citoyennes et citoyens des Etats membres de l’Union Monétaire Ouest
Africaine,
Bonsoir,

La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) célèbre cette année son cinquantième anniversaire. L’honneur me revient, en ma qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union
Monétaire Ouest Africaine (UMOA), d’évoquer avec vous ce demi-siècle de vie monétaire commune et de partager le message d’espoir qu’il véhicule.

Mesdames et Messieurs,
Signé il y a cinquante ans, à l’initiative des Pères de nos indépendances, le Traité du 12 mai 1962 institue l’Union Monétaire Ouest Africaine et érige la Banque
Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest en une Institution publique de droit international. Il est le fondement de notre architecture institutionnelle commune.
En cette veille du 1er novembre, jour anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité instituant l’UMOA, mais également jour de la Toussaint, je voudrais me souvenir avec vous et m’incliner respectueusement devant la mémoire des Pères fondateurs de l’Union. Ces hommes d’Etat ont permis par leur clairvoyance de bâtir la BCEAO, une Institution solide fondée sur les principes de solidarité et de coopération entre Etats souverains.

Dans notre Union, la Banque Centrale a le privilège exclusif d’émettre des billets et pièces de monnaie, le franc CFA. En outre, elle définit et met en oeuvre la politique monétaire. Elle veille également au bon fonctionnement du système bancaire et gère les réserves de change.
Socle de notre édifice communautaire, la BCEAO a toujours su trouver les 3 ressources nécessaires pour se réformer et s’adapter aux mutations de l’environnement économique et financier des Etats membres ainsi qu’aux enjeux et défis qu’ils ont eu à relever. Elle a ainsi africanisé son personnel, modernisé sa politique monétaire et mis en oeuvre les réformes nécessaires pour approfondir et diversifier le système financier de l’Union.
Elle a joué un rôle actif dans le renforcement du processus d’intégration, avec la création de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) en 1994 qui a permis de consolider les bases de la monnaie commune en mettant en place un processus d’intégration économique renforcé.
Cette évolution exemplaire est la preuve que des Etats africains peuvent réussir ensemble de grandes performances et relever avec efficacité les défis qui les interpellent.
Au demeurant, l’intérêt grandissant que manifestent d’autres régions en Afrique pour le modèle d’intégration choisi par les Etats membres de l’UMOA, confirme la pertinence de notre démarche commune.
La formation des blocs économiques et politiques régionaux est une exigence de notre temps. Dans un monde qui se globalise chaque jour davantage, c’est la réponse institutionnelle appropriée pour des Etats comme les nôtres, aux dimensions modestes et aux marchés nationaux étroits. Elle permet une meilleure valorisation des avantages comparatifs, à travers l’affectation de nos ressources aux meilleurs usages productifs et accroît la résistance de nos économies aux chocs multiformes qui les affectent.
La volonté et la détermination que les Etats membres de l’UMOA ont mises à construire leur intégration monétaire et les succès qu’ils ont obtenus dans ce chantier, devraient les amener à jouer un rôle leader dans les regroupements de plus grande ampleur auxquels ils ambitionnent de participer.

Mesdames, Messieurs,

Malgré les succès indéniables enregistrés en matière de stabilité monétaire et les progrès réalisés sur la voie de l’intégration de nos économies, la pauvreté demeure encore trop importante dans nos pays. Nous devons intensifier les efforts pour faire face à cette situation, notamment par l’inclusion financière et l’invention de nouvelles formes de solidarité régionale.
A cet égard, la 16e Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union, réunie le 6 juin 2012 à Lomé, a adopté les orientations proposées par le Comité de Haut Niveau mis en place pour la définition de nouvelles stratégies de mobilisation des ressources financières nécessaires pour le développement. Ce programme ambitieux a pour objectif de faire émerger un marché financier régional liquide, attractif et sûr, tourné vers le financement des secteurs porteurs de croissance.
Je souhaite donc plein succès aux travaux en cours, dans les différentes Instances de l’Union, afin de mettre à la disposition de l’ensemble des populations, des produits financiers innovants ainsi que des ressources mobilisables à des coûts compétitifs, pour financer les investissements structurants, nécessaires à la réalisation d’une croissance forte, durable et profitable à tous.
Mesdames, Messieurs,
Je veux maintenant rendre un hommage appuyé aux dirigeants et aux agents de la
Banque Centrale, à ceux d’hier comme à ceux d’aujourd’hui, pour le travail remarquable accompli pendant cinquante ans. La force de cette Institution, son efficacité et son autorité ont été patiemment forgées, grâce à la qualité de leur travail. Leur engagement pour l’édification d’une Banque Centrale toujours plus performante, a nourri notre idéal d’intégration et notre projet de construction d’une
Union Monétaire toujours plus forte et plus solidaire.
Cette constance leur vaut de conserver le soutien des Chefs d’Etat de l’Union et la confiance de la communauté financière internationale.

Cet anniversaire doit être pour la BCEAO, l’occasion d’explorer de nouvelles voies, afin de perpétuer sa tradition d’excellence au service des populations de l’Union.
Mesdames et Messieurs,
La célébration de ce cinquantième anniversaire intervient malheureusement dans un contexte difficile. C’est le lieu pour moi d’exprimer une fois de plus la solidarité de l’ensemble des peuples et des dirigeants de l’Union aux populations victimes des crises socio-politiques et leur indiquer que nous ne ménagerons aucun effort pour le retour de la paix et de la sécurité dans l’Union.
Il nous faut préserver notre précieux héritage. A cet égard, nous avons un devoir envers les générations plus jeunes, ainsi que celles à venir, auxquelles nous sommes appelés à remettre le flambeau de la construction communautaire.
Ainsi, les manifestations prévues dans le cadre de cette commémoration, visent en particulier à consolider la culture de la solidarité. Si notre Union monétaire a pu se maintenir et se renforcer au fil des ans, c’est parce que les Etats membres sont restés solidaires, dans le respect mutuel.
Au repli sur soi, à l’aventure solitaire, nous devons continuer de préférer le sens du partage.
Partager aujourd’hui la même vision, les mêmes aspirations, les mêmes espoirs pour partager demain les fruits de la croissance.
Vive l’Union Monétaire Ouest Africaine,
Vive la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Je vous remercie de votre aimable attention.

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