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Jean-Pierre Fabre : point de salut avec une stratégie grippée !

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Ce qu’on peut retenir de lui et l’en féliciter est sa force de fonceur et de battant. Lui, c’est bien le patron de l’ANC version togolaise Jean-Pierre Fabre. Si sa popularité au Togo ne souffre d’aucun doute, il faut reconnaître que l’homme ne répond pas non plus aux critères qui peuvent faire de lui un loup politique. D’ailleurs l’éducation politique reçue depuis près de 20 ans de compagnonnage avec le mentor Gilchrist Olympio ne pouvait pas s’y prêter avec un parti qui avait tous les contours et les tares proches du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). C’est dans ce four à mensonges qu’est sorti Jean Pierre. Et il faut quelques années pour qu’il soit définitivement et totalement dépoussiérer du legs maléfique et contagieux concocté par le « virus » UFC. Alors que le Togo est orphelin de ces dignes fils, le choix était bien tombé sur lui d’amener le pays vers les rives de la démocratie. Mais un choix sans stratégies n’est que masturbation de l’esprit. Et l’opposition regroupée autour de lui a eu à l’apprendre à ses dépens.

La première erreur de Jean-Pierre Fabre réside dans le manque de communication.

Si lui-même [ndlr, Jean-Pierre Fabre] peut avoir le micro de RFI pour deux minutes, tout le gotha autour de lui n’a une presse digne de ce nom pour véhiculer toute la philosophie autour de lui. C’est dans ce décor, que pour se faire entendre on a vu naître à la veille des élections de mars 2010 dans la foulée le confrère Plume Libre. Le matériel du confrère sera rapidement caillassé par les zébrures rouges lors de leur descente dans le quartier de Bè, siège de l‘UFC. La seconde erreur est de s’être entourer de faux opposants et d’opportunistes. Le cas Kofi Yamgnane est bien révélateur. Ajouté aux femmes et hommes autour de lui qui « mangent» aussi au RPT, le nombre devient grand. La troisième erreur, est que l’homme n’a pas de réseaux. Et sans réseaux, point de salut. Si Faure à les Frères Maçons, l’Église catholique, les puissances colonisatrices, les banques, les sociétés de la place, un carnet d’adresses épais composé des amis de son père défunt….le national Jean-Pierre Fabre n’a que ses os et sa témérité. Quand les illuminés du commandant Dahemane Yark le veulent, il peuvent l’essouffler à leur guise. Et on a vu la chasse à l’homme dont il a été victime toutes les fois que la dictature de Faure voudrait mettre son moral au plus bas du bas fond. Ici, ce qu’il faut reprocher à Jean-Pierre est le manque de clairvoyance dans tout ce qu’il fait. On ne peut pas créer un parti dans un an et pensé qu’on est plus populaire que les autres. Fabre fait tellement cette erreur au point de confondre l’aura obtenu avec le concours des autres opposants en 2010 et son propre aura d’homme politique nouveau. Aussi, l’arrogance qu’il fait montre face aux journalistes est plus que détestable pour celui qui a lui-même eu à gérer des journaux. Moi-même, j’ai été victime de cette arrogance de sa part quand l’UFC brillait de tous les feux et que Jean-Pierre avec en tête Gilchrst Olympio ne s’imaginaient un jour avoir le concours des journaux on-lines dans leurs aventures politiques, si ce n’étaient BBC, RFI, France 24,TV5, des médias de mensonges curieusement fans des dictateurs africains.

La seule formule qu’il reste est de retourner aux fondamentaux. Il faut impérativement que l’ANC s’entoure d’alliés politiques à défaut d’avaler les autres petits partis. Il faut surtout éviter les alliés de circonstances et les opposants composants. Un parti politique structuré ne fait pas d’erreurs abominables et à répetions pendant 20 ans. Un parti politique vit avec des stratèges politiques et une base éduquée. Un parti politique, c’est un Shadow Goverment prêt à diriger le pays. Et au Togo, c’est quand le RPT braque les urnes que les plans B commencent par pousser comme des champignons. On se rappelle encore des élections à la « cambodgienne » de 2005. Quand les vieux os de feu Bob Akitani ne tenaient plus, et qu’il avait pris la clé des champs, l’idée était venu de proposer feu Antoine Bodjona comme président pour contrecarrer la fratrie kabyè qui s’était levée comme un seul homme pour sauver le pouvoir de 37 ans qui voulait les échapper. Dans la réalité, personne à l’UFC n’avait pensé qu’Antoine Bodjona pouvait diriger… mais il fallait mettre un kabyè dans les fourneaux du RPT juste pour avoir le pouvoir. On ne le dit pas assez ! Aussi, l’ANC naissant manque autant de cadres comme hier le RPT avait fait de ses intellectuels des lèches-culs au point de faire d’eux des bons à rien !

La stratégie est bien grippée !

Si Kofi Yamgnane a depuis fui la barque, il va s’en dire que du côté de Paris, la défaite de l’opposition était depuis scellée. Et le bassari qui l’a compris n’a pas fait de dentelle quand il s’agissait de montrer son vrai visage. On se rappelle qu’en marge des élections de 2010, quand il fallait prendre Faure de vitesse par un gouvernement que Kofi devrait diriger, le bassari avait tout de suite pensé aux gourdins et aux flèches kabyès qui pouvaient prendre d’assaut ses bureaux. On apprendra qu’il disait avoir une femme et des enfants et qu’il tenait à vivre longtemps. Alors que reprochait-il au vieux Bob Akitani en 2005 dans une interview avec le journaliste Camus Ali quand il déclara : «Il appartient à Mr BOB Akitani de s’expliquer. Je lui ai proposé deux solutions : Primo : Fais comme en Ukraine et tu restes là jusqu’à ce que ce pouvoir illégitime cède le pouvoir. Secundo: Nomme un premier ministre et demande lui rapidement de former un gouvernement. BOB à ma connaissance ne l’a pas fait. Pourquoi ? je ne saurai répondre». Ici, on remarque l’inconstance notoire de l’homme.

Dans cette stratégie de Fabre de tout perdre ou de tout gagné par les marches, on peut retenir que le peuple togolais n’est pas le peuple ukrainien pour rester dehors avec des températures de -20 degré pour sa liberté moins tunisien pour aller jusqu’au bout de son rêve. Fabre pouvait tout pensé de ces marches sauf faire fléchir un fils de dictateur qui a été allaité par le lait de la dictature et qui n’a pas une éducation que le peuple dans les rues veut aussi dire que vous n’êtes plus aimé.

La stratégie est bien grippée aujourd’hui à cause de ce peuple qui n’a pas la culture de lutte mais est bien concentré sur sa survie. La preuve, quand les Togolais de Bè, d’Akodossewa marchent pour la libération de tout le Togo, ceux d’Agoynivé et Zongo,de Nukafu et d’Hedzrénawoé ne se sentent pas conserner. Mais ce qui relève du surréalisme est que tous veulent vivre libre!

À défaut des intellectuels aguerris dans le monde politique togolais, Fabre fait avec les vieux couteaux qui d‘ailleurs sont tous rouillés et ont montré leur limite. Ici aussi une preuve. Quand il arrive pour installer sa représentation en Europe,le choix porte sur un inconnu des Togolais: Antoine Bawa. Le travail abattu par ce dernier est tellement non visible qu’on se demande si une représentation ANC- Europe valait la peine d’être créée. Et en politique, trop d’erreurs émoussent la lutte. Le peuple attend une autre stratégie Jean Pierre… Et vite !

Camus Ali

Lynx.info

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