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Interview de Messan AGBEYOME Kodjo : « Les services de sécurité du pays sont en train d’interroger les imposteurs (…) je ne suis lié à quoi que ce soit »

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Quelques jours après le communiqué rendu public par sa formation politique faisant état de « manœuvres » en cours pour porter atteinte à la liberté de son président national dans une affaire de financement de complot contre les institutions de la République, Messan AGBEYOME Kodjo, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, revient lui-même dans une interview sur cette affaire qui défraie actuellement la chronique.
 
Messan AGBEYOME Kodjo rejette toute responsabilité dans ladite affaire, qui selon lui, aurait mené à l’arrestation d’un groupe de personnes interrogées par les services de sécurité du pays. « On dit que j’aurai donné de l’argent pour aller acheter des armes en Guinée Conakry pour venir renverser le régime, je ne sais pas si la Guinée Conakry est un pays fabriquant d’armes, mais dans tous les cas, je dis que je ne suis ni de près ni de loin mêlé à cette accusation », a-t-il soutenu au micro de Kanal Fm, une radio privée de Lomé. Lire l’entretien.
 
Afreepress : Bonjour M. Agbéyomé, des rumeurs vous citent dans une certaine affaire de complot contre les institutions de la République, le bureau politique de l’OBUTS, réuni samedi dernier a dénoncé des manœuvres contre votre personne. Que dites-vous, vous-même de cette affaire ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Je crois que nous sommes dans une théorie de complot et je pense que c’est une mauvaise plaisanterie au moment où le pays se trouve dans une confusion politique, économique et sociale, au moment où la détresse est l’invité d’honneur de tous les foyers de notre pays, je pense que le pouvoir a autre chose à faire que de divertir les populations.
 
J’attends que les institutions judiciaires de notre pays m’interpellent pour leur dire mes quatre vérités dans les yeux. Vous m’avez privé de mes droits constitutionnels. Est-ce que Faure lui-même peut accepter de vivre les traitements qu’il m’impose aujourd’hui ? On a fait un procès, je vous ai gagné, mais depuis 2005 jusqu’à ce jour, je n’ai pas obtenu le remboursement de mes dépens, on me crée toutes les situations d’humiliation tous les jours et cela ne suffit pas, c’est pour dire que KODJO est impliqué dans une histoire d’achat d’armes pour renverser le régime en place.
 
On n’a pas besoin d’armes pour renverser ce régime. Je crois que ses erreurs, ses maladresses et sa mauvaise orientation qui la caractérisent l’éloignent du soutien populaire et lui enlèvent toute légitimité.
 
Afreepress : Sommes-nous encore à l’étape de la rumeur parce qu’à vous entendre on a l’impression que vous connaissez bien ceux qui vous accusent.
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Je ne pense pas que nous sommes encore à l’étape de la rumeur, puisque les services de sécurité du pays sont en train d’interroger les imposteurs, en tout cas en ce qui me concerne, je ne suis lié à quoi que ce soit. On dit que j’aurai donné de l’argent pour aller acheter des armes en Guinée Conakry pour venir renverser le régime, je ne sais pas si la Guinée Conakry est un fabriquant d’armes, mais dans tous les cas, je dis que je ne suis ni de près ni de loin mêlé à cette accusation et voudrais faire une mise en garde contre ceux qui orchestrent, manipulent autour de cette affaire dans un dessein précis, je dis que cette fois-ci je serais intraitable.
 
Afreepress : Avez-vous été approché ou interpellé par qui que ce soit dans cette affaire ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Je n’ai pas été interpellé, mais je connais très bien le système qui gouverne ce pays et à partir de ce moment il faut que l’opinion nationale et internationale le sachent. Vous étiez ici lorsqu’ils ont réuni une armada d’agents de sécurité pour venir défoncer ma porte me chercher au lit et m’amener à la gendarmerie pour un interrogatoire musclé alors que je n’avais rien fait. La communauté internationale est informée, les Togolais sont aussi informés.
 
Afreepress : Donc vous croyez que c’est une manipulation du système en place et de Faure Gnassingbé ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Vous savez, les informations on en reçoit tous les jours, mais il faut les trier, il faut voir la pertinence de ces informations pour pouvoir ouvrir une information judiciaire, mais pour l’heure, je ne suis pas sûr que cette information soit pertinente, en tout cas pour ce qui me concerne.
 
Afreepress : Vous venez de parler d’un groupe « d’imposteurs » qui seraient en train d’être interrogés en ce moment. Connaissez-vous certaines de ces personnes ? Avez-vous des relations avec elles ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Je n’ai pas de relations privilégiées avec les imposteurs, parce que ceux qu’on cite qu’on aurait interrogés, il y a un que j’ai connu, mais qui n’est pas de ma fréquentation, qui n’est pas mon ami qui dit que c’est quelqu’un qui a dit et lui il a entendu. Je dis en ce qui me concerne, qu’ils arrêtent ces provocations, qu’ils arrêtent ces actes d’intimidation parce que trop c’est trop, on ne s’amuse pas avec Agbéyomé. Lorsque son père était en difficulté, c’est nous qui avons rétabli son père dans son pouvoir, donc il faut qu’il se calme.
 
Afreepress : Vous avez dit dans votre communiqué de samedi que votre ligne idéologique n’est pas l’emploi de la violence pour parvenir au pouvoir. Mais le régime en place vous a toujours considéré comme un adversaire redoutable parce que vos propos ont été toujours virulents à l’endroit du pouvoir en place. Alors y a-t-il une corrélation entre ces deux choses ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : Peut-on dire que lorsqu’un adversaire politique est déterminé, est assez percutent dans ses analyses, cela voudrait dire qu’il veut avoir recours aux armes pour renverser le régime ? Je crois que c’est le jeu de la démocratie, il faut une pertinence dans les arguments que vous développez. Je dis que les arguments que nous développons, la ligne idéologique de notre parti, le programme de société que nous avons vont s’imposer et tôt ou tard nous aurons la responsabilité de conduire aux destinées de ce pays. On ne crée pas un parti politique pour dire qu’on va à la pêche ou en promenade.
 
Ils savent que nous sommes porteurs d’une expérience, d’une compétence que nous voulons mettre à la disposition du pays pour le bonheur partagé de nos populations. Quand des voyous au lieu de travailler, pillent le pays, je crois qu’il faut réagir. Où étaient-ils auparavant ces enfants qui font aujourd’hui le gros dos ? Oui, faites votre gros dos, mais ne m’embêtez pas parce que cette fois-ci celui qui veut m’embêter me trouvera sur sa route.
 
Afreepress : M. Agbéyomé KODJO pense-t-il qu’avec ses idées et sa façon de faire il va gouverner le Togo un jour ?
 
Gabriel Messan Agbéyomé KODJO : J’ai toujours dit que pour parvenir au pouvoir, il y a une dimension difficile. Est-ce que Faure lui-même savait qu’il allait être le Président de la République ? S’il est là, c’est parce que Dieu l’a voulu.
 
Aujourd’hui je ne suis sûr de rien, je fais un combat et je ne peux pas dire que le combat que je fais, je vais le perdre. J’irai avec toute ma foi et toute mon énergie en espérant que dame chance sera sur ma route en un moment donné pour que je puisse atteindre les objectifs que je me fixés.
 
Afreepress et Alphonse Ken (Kanal Fm)
 

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