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Interview de Messan Agbéyomé Kodjo : « Ce n’est pas un dialogue, c’est un monologue qui a eu lieu autour de Ahoomey-Zunu »

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Le collectif sauvons le Togo (CST) était jeudi face à la presse pour discuter des conclusions du dialogue inter-togolais qui a pris fin sur une « note de satisfaction », selon les autorités togolaises.

Pour ce collectif de l’opposition togolaise, le pouvoir de Lomé est à l’heure actuelle « disqualifié pour diriger le Togo » et mener des consultations « franches et sincères » devant déboucher sur l’organisation d’élections acceptées par toutes les parties.

Le CST est revenu sur certains de ses préalables et a martelé qu’il « n’ira à un futur dialogue avec le pouvoir de Faure Gnassingbé que pour discuter des conditions de son départ ». « Toutefois, écrit le collectif, les organisations membres du CST ont montré leur disponibilité à œuvrer à une sortie de crise » nonobstant tous ses préalables.

Le CST a également abordé au cours de sa conférence de presse, la polémique née des « révélations » de l’ancien président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Koffi Kounté sur les responsables de la « falsification » du rapport d’enquête de la CNDH. « Le CST prend acte de la déclaration de M. Kounté, président de la CNDH en exil, laquelle déclaration implique directement le chef de l’État Faure Gnassingbé dans la falsification du rapport de la CNDH sur la torture et affirme qu’il s’agit là d’un acte de haute trahison », indiquent les partis membres du CST.

De son côté, le président national de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), l’ancien Premier ministre Messan Agbéyomé Kodjo s’est prononcé sur les conclusions du dialogue qui a pris fin jeudi entre les membres du gouvernement et cinq partis politiques et deux organisations de femmes.

Agbéyomé Kodjo considère ce dialogue comme une « mascarade de monologue ». « Ce n’est pas un dialogue c’est un monologue qui a eu lieu autour de Ahoomey-Zunu », a-t-il confié à l’Agence Afreepress dans un entretien.

L’homme est également revenu sur l’entrevu qu’a eu lundi Gilchrist Olympio, président de l’Union des forces de changement (UFC) avec Hélène Le Gal, conseillère Afrique du président français. Le patron de l’OBUTS pense que « Gilchrist Olympio revient à la raison ».

Lire l’interview accordée par Massan Agbéyomé Kodjo à Afreepress.

Afreepress : Gilchrist à l’Élysée, quelles sont vos premières réactions ?

Agbéyomé Kodjo : Je pense que Gilchrist peut-être revient à la raison.

Il est avec le RPT-UNIR dans une coalition, le premier ministre parle d’agenda constitutionnel pendant ce temps, lui il va à l’Élysée exposer à la conseillère africaine du président François Hollande qu’il y a une grave impréparation autour des élections législatives et si on s’entêtait à les organiser dans ces conditions, nous risquons de créer d’autres désordres. Il parle de plusieurs mois de report ? Alors je pense que Olympio revient au bon sens, mais ce n’est pas encore suffisant il n’a qu’à faire d’autres efforts d’autant plus que le RPT a trahi les engagements qu’il a pris avec lui le 20 mai 2010.

À partir de ce moment il doit normalement tirer toutes les conséquences de la trahison du RPT en se retirant du gouvernement et ce service s’il le rendait à la nation, elle lui serait reconnaissante.

Afreepress : L’UFC est allée aux discussions et Gilchrist Olympio est à l’Élysée. N’est-ce pas contradictoire ?

Agbéyomé Kodjo : Je pense que ce gouvernement qui nous dirige depuis longtemps est d’une posture incohérente. C’est une posture faite de cynisme, d’incivisme et de duplicité peut-être qu’il y a un partage de rôle, c’est-à-dire un qui est à l’Élysée en train de négocier et d’autres qui sont ici et qui continuent ce que je peux appeler la mascarade de monologue qui a eu lieu, car ce n’est pas un dialogue c’est un monologue qui a lieu autour de Ahoomey Zunu, s’attaquer aux problèmes d’une nation, cela ne se fait pas en deux séances.

Afreepress : Justement, un dialogue en deux séances pour arranger quoi ?

Agbéyomé Kodjo : Je ne crois pas du tout que cela pourrait arranger quelque chose. Nous avons déposé au gouvernement une plate-forme revendicative citoyenne qui n’a même pas été lue ni examinée et donc ils n’en tiennent pas compte du tout.

On dialogue avec ceux avec qui on a des problèmes. Faure a des problèmes avec la nation togolaise que le CST et la Coalition Arc-en-ciel incarnent aujourd’hui. Il ne peut pas faire un vrai dialogue sans parler, sans discuter avec les vrais protagonistes de la crise que nous, au niveau du CST et de la coalition Arc-en-ciel, représentons.

En outre il faut comprendre que les Togolais ont tiré leur jugement sur la présence d’Ahoomey-Zunu à la tête du gouvernement ce n’est pas de sa faute c’est la faute de plutôt celui qui l’a choisi.

Afreepress : Comment appréciez-vous, comment la crise togolaise est, gérer aujourd’hui par Faure Gnassingbé ?

Agbéyomé Kodjo : C’est simple, il a montré au peuple togolais et à la communauté internationale que ce boulot le dépasse et je serai à sa place, j’en tirerai les conséquences nécessaires.

Afreepress : La limitation du mandat présidentiel avec effet immédiat, quel est son sens dans ce processus ?

Agbéyomé Kodjo : Sans détour, je veux vous dire que dans presque tous les pays du monde, actuellement c’est deux mandats qu’on fait.

La décision qu’ils viennent de prendre dans leur pseudo-dialogue ouvre le chemin à Faure jusqu’à 2025 si c’est ce que les Togolais veulent, ils n’ont qu’à l’accepter, mais si ce n’est pas cela qu’ils recherchent, ils n’ont qu’à le manifester et la première preuve de contestation de ce choix est que je leur donne rendez-vous à la plage ce samedi pour la suite des programmes. Fin

afreepress

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