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François Hollande «n’exclut pas» une intervention armée en Syrie

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Le président a donné sa première interview sur le plateau du 20h de David Pujadas. Retour sur ses déclarations.

Il a préféré s’inviter au 20h plutôt que d’inviter les journalistes à l’Elysée. François Hollande a répondu aux questions de David Pujadas ce mardi soir sur France 2. Synthèse.

Sur ses débuts en tant que président

« Je n’ai pas tardé à prendre » des premières décisions et « à prendre pleinement les responsabilités » du pays. « Ca fait quand même des mois que je m’étais présenté devant les Français, que je m’étais préparé à être leur président. Je le suis et je suis en action. » « Il n’y a pas eu de transition. Je ne suis pas un président en transition, je suis un président en action », a-t-il ajouté.

Je ne suis pas un président en transition, je suis un président en action

Comme on lui demandait si son début de mandat était marqué par un sentiment de « plénitude » ou de « stress », le chef de l’Etat a évoqué le « bonheur » vécu « au moment de l’élection » présidentielle. « Il dure assez peu de temps quand arrivent les sujets, vous les avez évoqués (…) les plans sociaux, l’Europe, qui est toujours en difficulté, les affaires du monde, la Syrie. Ces défis, je les ai devant moi », a-t-il poursuivi. Mais « je n’ai pas eu non plus de stress, au sens où une espèce de pression serait tombée sur moi », a noté François Hollande. Il a souligné n’avoir « pas tardé à prendre (des) décisions et (pas tardé) non plus à prendre pleinement les responsabilités » du pays.

Sur ses premiers pas à l’international

Sur son baptême du feu avec les grands dirigeants du monde, notamment lors sommets du G8 et de l’Otan aux Etats-Unis, François Hollande a avancé être « le président d’un grand pays ». « Nous sommes respectés. Nous sommes attendus. Il ne peut pas y avoir d’intimidation pour un pays comme la France, pour celui qui représente la France. Et je l’ai immédiatement constaté du côté de mes interlocuteurs, qui peuvent ne pas être d’accord avec moi, c’était le cas de Mme (Angela) Merkel sur la question de la croissance, et en même temps elle prenait en compte le vote des Français », a fait valoir le président. S’agissant de sa relation avec le président américain, Barack Obama, il a noté: « portant moi-même l’enjeu de la croissance je rencontrais une part de son attente ». « Nous sommes liés. C’est ce que j’ai essayé de faire comprendre au G8 et au conseil européen informel qui s’est tenu », a-t-il résumé.

Sur la question syrienne

Il n’a pas exclu une intervention armée en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, sous mandat de l’ONU. « Une intervention armée (en Syrie) n’est pas exclue à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité » de l’Onu, a déclaré le chef de l’Etat. « A moi, à d’autres, de convaincre Russes et Chinois » de ne pas mettre leur veto au Conseil de sécurité à une telle opération, a ajouté François Hollande, qui reçoit le président russe, Vladimir Poutine, vendredi à Paris.

Il a dans le même temps évoqué une « solution qui ne serait pas forcément militaire parce que la pression doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar el Assad ». « Nous devons trouver une autre solution. C’est pourquoi je réunirai au début du mois de juillet la Conférence des amis de la Syrie », c’est-à-dire « tous ceux qui ont la même vocation, le même objectif (…) chasser ce régime-là ». Le président Hollande avait annoncé un peu plus tôt dans la journée l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Chakkour. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont fait de même.

Sur la Grèce

Il a souhaité que « les Grecs fassent le choix de l’Europe » lors des élections le 17 juin, mais a critiqué les propos de la directrice générale du FMI, l’ex-ministre française Christine Lagarde, demandant à tous les Grecs de payer leurs impôts. « Les Grecs doivent être mis devant leurs responsabilités: attention, ce que vous allez décider le 17 juin va avoir des conséquences, pour vous et pour nous », a déclaré le président de la République sur France 2. « Mais nous vous respectons. Je vous respecte. C’est un changement par rapport à la période antérieure », a poursuivi François Hollande, interrogé sur les propos de Christine Lagarde. La patronne du FMI a mis le feu aux poudres en estimant dans une interview au quotidien britannique The Guardian que « les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement », et ce, en « payant tous leurs impôts », et se disant moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d’Afrique.

Sur le calendrier des réformes

« Ce que j’ai promis, je le tiendrai, tout, dans le calendrier tel qu’il est prévu », a-t-il déclaré, avant de rappeler qu’il était « élu pour cinq ans, pas simplement pour trois mois » et de s’engager à conserver « le même objectif de réduction des déficits publics ».

Sur le Smic

Il a également promis un « coup de pouce » au Smic, sans pour autant « déstabiliser les entreprises ». « Oui, il y aura un coup de pouce, il devra rattraper ce qui n’a pas été accordé cette dernière année. Il devra aussi veiller à ce que cela ne déstablise pas les entreprises », a-t-il déclaré.

Sur la police

François Hollande a encore exprimé le souhait que la police soit « une institution respectée », en réponse à une question sur le départ du préfet de police de Paris, annoncé dans la journée par Manuel Valls, son ministre de l’Intérieur. « Je veux que la police soit une institution respectée » a dit François Hollande pour expliquer les remplacements qu’il compte faire. Selon lui, « trois personnes » seront remerciées, et donc « ce ne sera pas une valse considérable » des hauts fonctionnaires comme l’en accuse la droite.

Avec AFP/lexpress.fr

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