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Faure Gnassingbé voudrait éliminer physiquement Kpatcha : rumeur ou réalité ?

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Après la parodie de procès et l’invraisemblable sentence

Faure Gnassingbé voudrait éliminer physiquement Kpatcha : rumeur ou réalité ?
Au centre du complot, la question de signature sur un compte d’Eyadema en Suisse
Malgré les lourdes peines auxquelles a été condamné Kpatcha Gnassingbé, la sérénité n’est pas de mise dans l’entourage de Faure Gnassingbé. Des indiscrétions, un projet d’élimination physique de l’ancien ministre de la Défense serait sérieusement envisagé. Au cœur de la manœuvre, la question de signature sur un important compte bancaire appartenant à feu Eyadema.

Démarré le 1er septembre 2011, le procès qui a poussé l’ennemi juré de l’honneur, Abalo Pétchélébia à condamner une dizaine d’accusés, conformément à la volonté du Pouvoir, à de lourdes peines d’emprisonnement, à la déchéance des droits civiques et à la saisie des biens (du jamais vu dans de pareils cas), a connu son épilogue le jeudi 15 septembre. Rappelons que le flagrant délit annoncé tambour battant en avril 2009 par les autorités judiciaires, a fini par disparaître parce que ne pouvant plus arranger le Pouvoir.

Dans le même objectif d’arriver à leurs fins en tordant le cou aux lois, on assistera à des requalifications tous azimuts des accusations, sans que la justice ait eu le courage comme cela se doit dans de pareils cas, de reprendre la procédure. De tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, on arrivera à un complot pour préparer un coup d’Etat. Ce que l’ancien Bâtonnier français, Mario Stasi considère comme une occasion pour le Pouvoir et la Justice de sauver un procès qui se perd, faute de véritables éléments d’accusation.

Les Togolais se souviendront encore longtemps des nombreux vices de procédure, des exceptions soulevées par la défense et qui n’ont jamais été prises en compte et parmi lesquelles celles d’inconstitutionnalité. Au finish, il fallait condamner le « cerveau », Kpatcha Gnassingbé et pour y parvenir, une dizaine de prévenus seront remis en liberté provisoire et auraient eu pour mission de charger Kpatcha au moment du procès, ce que des gens comme Essolisam Gnassingbé feront sans coup férir. Bien avant l’ouverture du procès, nous avions eu à le signaler. Ce qui se produira effectivement au Palais de justice de Lomé. Depuis donc le 15 septembre 2011, Kpatcha comme d’autres purgent entre 5 et 20 ans de prison.

Depuis quelques jours, des informations de plus en plus insistantes et de sources dignes de foi, rapportent un projet d’assassinat après le jugement et la condamnation à 20 ans de prison de Kpatcha Gnassingbé. De l’avis de plusieurs de ces sources, Faure Gnassingbé ne serait pas prêt à en extraire une seule année, pour imaginer qu’il puisse consentir à accorder une grâce présidentielle. Qu’est-ce qui pourrait expliquer tant d’acharnement contre Kpatcha, s’il est vrai que, non satisfait de le priver de liberté pendant 20 ans, le régime s’apprêterait à le faire éliminer physiquement depuis sa cellule ? On parle d’empoisonnement ou d’autres moyens discrets d’assassinat.

Suite à cela, on pourrait annoncer son évacuation d’urgence en Europe pour des soins, tout en sachant qu’il est déjà trop tard. C’est ainsi qu’on essayera de faire avaler la pilule aux partisans de Kpatcha et de tout le peuple togolais. Si l’on essaie de revoir ce qui s’était passé dans la nuit du dimanche 12 avril 2009, c’était un plan d’assassinat du jeune frère de Faure Gnassingbé. La soudaineté, la brutalité et la violence de l’assaut à son domicile, alors que Kpatcha faisait sa prière du soir avant d’aller au lit, en sont la preuve. En quoi la mort de Kpatcha arrangerait-elle Faure ? Tout le monde sait aujourd’hui plus que jamais, que le vrai problème entre les deux frangins avant d’être politique est familial.

Selon nos informations, à la mort d’Eyadèma certains de ses fils et filles commençaient par avoir de sérieux problèmes de liquidités. On raconte qu’ils faisaient des démarches pour rencontrer le frère-président en vue de lui soumettre leurs problèmes, mais qu’ils n’y parvenaient pas. Ils se rabattaient sur Kpatcha, plus généreux, qui de sa propre poche les aidait à subvenir à leurs besoins immédiats. Dépité, il arrivait que l’ancien député de la Kozah se fasse du mauvais sang et piquait parfois des excès de colère, ne comprenant pas que les choses puissent se passer ainsi à la mort de leur géniteur. Il lui arrivait d’exiger de Faure Gnassingbé le partage de l’héritage de leur père, afin que chacun puisse entrer en possession de sa part, ce que visiblement, Faure rechignait à faire et qui était une éternelle source de mécontentement de Kpatcha.

Le 24 juin 2004, Eyadèma très souffrant s’était envolé pour Milan en Italie pour se faire soigner. Faisaient partie du voyage, le pilote Restou, Barry Moussa Barqué, le Gal Gnofame, Pitang Tchalla, Maman Lamy Agbèrè, la dernière épouse d’Eyadèma, Faure et Kpatcha, pour ne citer que ceux-là. Eyadèma devrait se faire opérer à l’hôpital de Milan (à l’époque la rumeur lui attribuait un cancer de la gorge). Au dernier moment, il aurait cherché à interroger ses médecins sur ses chances de survie après l’opération. Cinquante pour cent de chance, lui auraient répondu les médecins. Il se résout alors à ne plus subir l’opération.

La veille de ladite opération, il demande à son pilote s’il était possible de modifier le plan du vol retour. La réponse fut affirmative, alors il partit à Lausanne en Suisse où il se rend dans une banque en compagnie de son notaire et de ses deux enfants Faure et Kpatcha pour faire passer leurs signatures sur les comptes. Ainsi l’un ne peut retirer des fonds sans la signature de l’autre. Au début, tout allait bien. Et ce n’est que par la suite que les choses se sont considérablement dégradées entre les deux « princes ». On évoque la bagatelle de 3200 milliards de francs CFA (!!!), apparemment le compte le plus important sans oublier ceux qui existeraient en Afrique du Sud, au Japon, en Bavière (Allemagne).

Faure ayant toujours été réticent à accéder à la demande de certains de ses frères dont notamment Kpatcha, de partager entre les fils et filles Eyadèma, l’héritage laissé par le père, afin que chacun puisse avoir ce qui lui revenait, il lui est impossible de pouvoir y faire des opérations de retrait tout seul sans la signature de son frère Kpatcha. On comprend aisément que seul un certificat de décès attestant de la mort du député pourrait rendre possibles de telles opérations. Tant que Kpatcha sera en vie, l’accès à ce compte sera impossible à Faure Gnassingbé seul. Pendant ces 20 ans de prison, attendra-t-il qu’il en sorte d’abord ? Faure lui-même n’étant pas immortel, et s’il s’en allait avant ces 20 ans de galère de son jeune frère ?

Signalons que Kpatcha n’a jamais reconnu qu’il préparait en 2009 un coup d’Etat contre le Pouvoir de Faure. Ce qu’il a reconnu c’était un vieux projet de 2007 abandonné d’ailleurs. Il a même présenté des excuses au peuple et demandé pardon à Faure Gnassingbé. Nul n’a le droit d’arracher la vie à son semblable de quelque manière que ce soit même s’il est connu de tous que Kpatcha n’est pas un saint. Ce qui est frappant pendant la gouvernance de Faure, c’est que sa gestion semble si calamiteuse et décriée que, pratiquement il n’y a plus de secret autour de lui. Tout est dehors. Ce n’était pas ainsi du temps d’Eyadèma.

Cela, de notre point de vue, est la preuve qu’il y a des gens dans l’environnement immédiat de Faure Gnassingbé qui ne croient pas en sa politique, mais font semblant de le soutenir. Les fuites ne peuvent que provenir de son cercle immédiat. Cela est le reflet d’un Pouvoir en déconfiture qui hésite à se reconnaître comme tel et continue à distribuer de l’argent à la volée et monter des jeunes pour de prétendus soutiens à la politique de Faure, comme les Togolais en ont vu samedi encore avec une certaine Nouvelle jeunesse pour le soutien au président Faure (NJPSF) en congrès à Lomé. Une véritable comédie avec bien évidemment l’argent du contribuable togolais.
E. Djibril
source : liberté hebdo togo

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